Hist. générale de Languedoc, i'*' éd., t. I, p
2. Le nccrologe dont il est ici qucsiion nous paraît être le texte publié par Catcl (Hist. des comtes de Tolose, append., p. iô5) sous le litre de Clironicon ex veteri martyrologio vianuscripto ecclcsiœ Sancli Pauli Narboncnsis, et reproduit par les nouveaux éditeurs de V Histoire de Languedoc {i. V, preuves, n» IX, col. ■37-4())- Celle chronique, sur laquelle nous reviendrons plus loin, est d'ailleurs moins explicite que le Gallia ne pourrait le faire supposer. Klle dit simplement : « Anno Domini dcccxc, fuit capla cuiias Narbonx per Carolum Magnum. Eodem anno luit œditicuia et consirucia ccclcsia a}itiqua Narbona:. » 11 b'agii pcui-êirc non de
CLVl INTRODUCTION
Magnum illiiis esse conditorem ; et hanc quidem opinionem veluti consecravit illustrissimus D. de la Berchère, archiepiscopus Narbonensis, in suo breviario ad diem 27 julii, ubi in leciionibus translationis reliquiarum sancti Pauli de Carolo Magno hsec leguntur : c( Eo loco monasteriumsubejusdem sancti Pauli « nomine aedificari prœcepit, quod quidem multis au- « xit reditibus » (T. VI, p. 141). Cette attribution n'a rien d'historique, car Téglise Saint Paul est fort ancienne, et remonte, suivant D. Vaissète, à Tépoque de la domination des Wisigoths ^ Il est fort probable aussi que les reliques de saint Paul n'ont jamais cessé d'être à Narbonne et n'ont pu être, par conséquent, rapportées d'Espagne. Saint Paul, en effet, l'un des sept évêques qui évangélisèrent la Gaule au in^ siècle, suivant le témoignage de Grégoire de Tours, occupa jusqu'à la fin de sa vie le siège épiscopal de Narbonne, et mourut en paix dans cette ville ^. On a prétendu à tort qu'il avait accompli une mission en
l'église Saint Paul, mais de la cathédrale de Narbonne, dont on attribuait aussi la construction à Charlemagne.
1. Hist. générale de Languedoc, i»« éd., t. I, p. 44.3. — L'église Saint Paul est déjà mentionnée dans un plaid du 3 juin 782, qui condamna Milon, comte de Narbonne, à restituer à l'archevêque Daniel des biens qu'il avait usurpés (ibid.^ preuves, n° V, col. 24-6;. Voy. aussi deux diplômes de Louis le Pieux et de Charles le Chauve, le premier du 29 décembre 814 (ibid., preuves, n* XXIII, col. 44-5), et le second du 20 juin 844 (preuves, n» LXII, col. 80i). Il est question dans ces diplômes du monastère, « quod dicitur Sancti Pauli confessoris, ubi ipse sanctus corpore requiescit. »
2. Jlist. Francovum, 1. I, ch. 28. — Cf. Hist. littéraire de la France, t. XXII, p. 462-3.
FONDATION DE SAINT PAUL DE NARBONNE CLVll
Espagne ; ce fait a été très bien réfuté par les Bollandistes (AA. SS.^ Mars, t. III, p. 374etsuiv.).
Il est à croire qu'en mettant sur le compte de Charlemagne la translation des reliques de saint Paul et la fondation de Téglise qui lui était consacrée, on a fait une confusion avec une autre tradition qui avait cours au sujet de saint Juste et de saint Pasteur, patrons de l'église métropolitaine de Narbonne. Charlemagne, disait-on, avait, durant son expédition audelà des Pyrénées, pris possession des reliques de ces deux saints, martyrisés en 804 à Alcala de Henarès. Il avait le dessein d'en faire présent à la cathédrale de Narbonne qu'il avait lui-même fondée, mais à son retour, il avait été obligé de les laisser en Espagne. En io58, Guifred de Cerdagne, archevêque de Narbonne, informé du lieu qui renfermait ces reliques, parvint ? les recouvrer et les plaça dans l'église à laquelle elles avaient été primitivement destinées ^ Mais à la suite d'une contestation avec son archidiacre, il enleva secrètement ce précieux dépôt et le transporta dans une simple paroisse de son diocèse, où il transféra en même temps son siège et son chapitre. Le vicomte de Narbonne Bérenger protesta vivement contre cette décision, et porta plainte à ce sujet dans un concile réuni à Arles vers loôcj^. Cette plainte, dont on a
1. « Anno Domini MLViir, Dominus Guifrcdus, Narboncnsis arcliicpiscopus, dclullt apiui Narbonam corpora sancloruin Justi et Pastoris. » Chronicon Sancti Paulï Narboncnsis, dans Vllist. générale de Languedoc, nouvelle éd., t. V, preuves, n» IX. Cf. Gailia christiana, t. VI, p. jb; AA. SS. Bull., Mars, t. lll, p. 372.