‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 126 sur 149 · Lettre inédite · texte numérisé non relu

Lettre inédite

LA. DIRECTION DU CONSERVATOIRE

Le Conservatoire en corps a replacé le buste de Sa Majesté dans la salle principale de rétablissement aux cris unanimes de Vive VEmpereur !

Le Conservatoire étant rentré dans la jouissance de la salle des exercices, ils vont avoir lieu incessamment et commenceront par celui de la distribution des prix aux élèves pour le cours d’études de 1814 -

Elle eut lieu le 21 avril, et le même organe, en en rendant compte, fit quelques réflexions sur la situation :

Un nombre très considérable d’amis des arts s’étaient rendus à cette séance. Le dernier exercice remontait à une époque déjà éloignée, et, depuis lors, des inquiétudes bien fondées s’étaient élevées sur l’existence d’un établissement dont l’origine avait paru un titre de réprobation, dont la destination et la direction étaient également l’objet de l’animadversion du dernier gouvernement. Quelques mois encore, et le Conservatoire était compté au nombre de ces institutions qu’il fallait se hâter de faire disparaître, et compris dans la proscription de tout ce qui ne comptait pas une ancienne existence.

C’est donc avec une vive satisfaction qu’on l’a vu, grâce à la protection d’un gouvernement éclairé, le juste dispensateur de tous les actes de faveur qui peuvent intéresser la gloire des beaux-arts, rétabli en possession des bâti— mens qui composent cet établissement, admiré et envié par les étrangers, et de la belle salle consacrée à son exercice.

On avait lieu de craindre que dans l’année qui vient de s’écouler l’abandon de rétablissement, son état précaire, son changement de direction, n’eussent singulièrement influé sur les progrès des élèves, et le public était tout à fait disposé à l’indulgence. Il a été très agréablement surpris*.

Avant même de parvenir dans la capitale, l’Empereur avait annulé, par décret du 13 mars rendu à Lyon, les promotions faites dans la Légion d’honneur depuis le \ er avril 1814; mais, reconnaissant que dans les nominations qu’il qualifiait d’illégales, il s’en trouvait beaucoup se justifiant par des services rendus à la Patrie, il ordonna l’envoi des titres à la Grande Chancellerie, chargée de faire la révision du travail des décorations accordées par l’ancien gouvernement. Le 11 avril, il signait un nouveau décret, dont l’article 4 confirmait dans le grade de chevalier de la Légion d’honneur Sarrette et les trois artistes de la musique nommés à l’ordonnance du 7 décembre 1814 (v. p. 153). Ce décret ne fut pas publié au Moniteur ni au Bulletin des Lois , nous n’en avons connaissance que par la minute 1 2 . L’avis que Sarrette reçut de cette confirmation est

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