‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 32 sur 149 · SITUATION DU PERSONNEL · texte numérisé non relu

SITUATION DU PERSONNEL

Malgré notre désir, nous n’avons pu donner jusqu’ici la liste des artistes ayant coopéré à l’œuvre de Sarrette, les états émargés des appointements de la musique de la garde nationale, du 1 er janvier 1792 au 9 thermidor, et les duplicata déposés à l’administration de police et de garde nationale de la ville de Paris, « qui ordonnançait chaque mois les états de paye et acquittait les dépenses de l'École consenties par la municipalité », ayant été très probablement anéantis dans les flammes en 1871. Depuis près de quinze ans, nous avons compulsé quantité de pièces d’archives, sans découvrir ces documents. Mais des pièces authentiques nous permettent de suppléer à leur défaut.

Par l’article G du décret exécutoire de la loi portant création du Conservatoire (1795), la Convention, « en considération des services rendus par la musique de la garde nationale dans l’exécution des fêtes publiques et dans la formation des élèves », accorda à ses membres une indemnité égale aux appointements reçus depuis le 18 brumaire an 11-8 novembre 1793 (v. p. 182), car, bien qu’à partir de cette date, ce corps de musique ait été adopté par l’État sous le nom d’institut national , le personnel était resté à la solde de la ville de Paris, qui, jusqu’au 9 thermidor, en conserva la surveillance.

Du fait des retards apportés à l’organisation de cet Institut, dont le principe seul fut tout d’abord décrété, aucune somme n’avait été attribuée aux musiciens qui le composaient, à raison des services imposés par le Gouvernement. L’allocation ci-dessus en était donc la juste rémunération. Au moyen des états dressés pour la répartition de cette indemnité de 21 mois, nous pouvons faire connaître la composition de la musique de la garde nationale en novembre 1793, dont l’effectif primitif de 45 exécutants avait été porté à 78 en 1790, et réduit à 54 en 1792, par suite de l’incorporation d’une partie des musiciens « dans divers corps de la garde soldée ».

Beaucoup parmi ceux dont les noms vont suivre ont appartenu à cette musique depuis l’origine : nous ne saurions les désigner tous ; pour quelques-uns seulement la date d’entrée est connue. Quoi qu’il en soit, voici l’état nominatif du personnel à l’époque précitée,

il sera fourni les voitures et chevaux de poste nécessaires pour le départ des musiciens. » (Avch. nat., AF*, II, 47.)

avec l’indication de la quotité des appointements, augmentés progressivement depuis 1700 :

Capitaine, commandant, 3 5 oo livres : Sarrette (Bernard).

Lieutenant , maître de musique, 2 5 oo 1. : Gossec* (François).

Sous-maître de musique, 1 5 oo 1 . : Lefèvre 1 (Jean-Xavier), clarinette.

Sergent-major, 1 4 oo 1 . : Vinit(Michel-Joseph), dénommé quelquefois Vény, entré le i er janvier 1792, secrétaire.

Sergents, 1 100 1 . : ** Buch 2 (Antoine), cor: Delcambre 3 (Thomas), basson, entré le i cr janvier 1792 ; Devienne 5 (François), flûte, décédé le 5 septembre i 8 o 3 .

Caporaux, 1 000 1 . : Méric 3 * (Jean), clarinette; Simonet 6 (François), basson, jusqu’en 1798 ; Widerkehr (Philippe), trombone, entré le i er septembre 1789.

Professeurs de i re classe, 85 o 1 . : ** Assmann 7 * * (Ernest), timbales, clarinette, solfège, administrateur en 179/1; **Blasius (Ignace), basson (?) ; Brielle (remplacé le 19 juin 1794 par Cherubini) ; Catel H (Simon), compositeur, solfège, harmonie, entré le i R!> janvier 1792 ; Chelard !) (André), solfège, clarinette, décédé en l’an X (mai 1802): Duvernoy 10 (Charles), clarinette, du i cr avril 1790, au 21 novembre 1796, rentré le 20 février 1800, i re classe; Duvernoy 11 (Frédéric), cor, entré le i cr avril 1790; *Fuchs (Georges), clarinette, solfège; * Gallet (André); Garnier 12 (Joseph), jusqu’en mars 1797; ‘Gerber 13 (Mathias), clarinette (?); **Guthmann ,î (François), trompette, solfège; ‘Hervaux 13 * (Charles), cor (?); Hugot 16 (Antoine), flûte, décédé le 18 sep-

1. Aux gardes françaises, A l’Opéra (1791-1817), au théâtre de la Cité en 1794. Un almanach indique son domicile « rue Joseph, maison de la garde nationale ». —

2. A l’Opéra, de 1788 à 1802. — 3. A l’Opéra, en 1791. — 4. Basson à l’Opéra en

1779, à Feydeau en 1794, compositeur.— 5. Aux gardes françaises en 1789, à la ré¬

duction de l’an X (1802) devint gardien du dépôt de musique des classes. — 6. En

1794, il y avait un bassoniste de ce nom au Vaudeville. — 7. Clarinette à l’Opéra

en 1774, puis alto. — 8. Elève, puis répétiteur à l’Ecole royale de chant (1784);

s’engagea en 1789 dans l’infanterie volontaire nationale (bataillon des Filles-Dieu),

ainsi qu’il résulte d’un certificat ainsi conçu : « M. Ch.-Simon Catel, maître de musique de l’Ecole royale de chant, âgé de 16 ans et demi, né à Laigle le 10 juin

1773, taille de 5 pieds 3 p. 1/2, demeurant fauxbourg Saint-Denis, hôtel du Désir, s’est enrôlé volontairement le 16 aoust 1789 pour servir dans la garde nationale

parisienne non soldée, à la charge de s’habiller à ses frais. » (Bibl. du Conservât.). Il passa dans la musique de la garde nationale, d’après le certificat délivré par

Sarrette le 18 thermidor an III, établissant qu’il avait servi dans ce corps « depuis le l (>r janvier 1792 jusqu’au 16 thermidor an 3° de la République, époque de

la loi portant suppression de la musique.... », et s’était conduit « pendant ce teins

avec patriotisme, zèle et exactitude dans son service ». (Bibl. du Conservât.) Les

renseignements fournis par Fétis sur Catel ( Biogv . Univ.) sont donc inexacts, et, bien que l’un de nos confrères considère « son témoignage en ces matières comme un témoignage direct, et ses renseignements comme étant de première main », il devient évident qu’il ne faut pas ajouter foi à toutes ses assertions. — 9. A l’Opéra

en 1785. — 10. Au théâtre Feydeau. — 11. Célèbre virtuose, au Concert spirituel, à la Comédie italienne en 1788. à Feydeau en 1794, à l’Opéra en l’an VII. —

12. Hautbois et flûte à l’Opéra, de 1776 à 1808. — 13. Au Théâtre italien en 1794. — 14. Au théâtre italien (1 er violon) en 1789, puis trompette; trompette à l’Opéra, de 1795 à 1820. — 15. Au Vaudeville (cor) en 1794. — 16. Au Théâtre italien en

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