‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 56 sur 149 · Arch. nat., F 7 , 4(538‘, p · texte numérisé non relu

Arch. nat., F 7 , 4(538‘, p

§ III. Période d’avril a octobre 1794.

Hommage à la Convention de la 4 re livraison du Magasin de musique (9 avril). Arrêté du Comité de Salut public concernant VInstitut; attribution de fonds (23 avril). Sarrette, rnis en liberté provisoire, organise une musique pour l armée de l Ouest ; il demande des réquisitions pour les artistes choisis (4 mai), et forme un autre corps de musique pour l’École de Mars (21 juin).

Ajournement du concert de VInstitut projeté pour le 19 mars, puis pour le 30 mai : détails, causes.

Ces fêtes nationales : fête de l’Être suprême, préparatifs, incidents, participation du peuple à l’exécution des hymnes, controverses ; —pétition au Comité de Salut public relative à l’enseignement des chants civiques au peuple et aux enfants des écoles par les membres de l'Institut; — concert en l’honneur de la victoire de Fleurus (29 juin) ; — adjonction à l'Institut de nombreux artistes pour les concerts du peuple, arrêté du Comité (3 juillet) ; — concert en réjouissance de la prise d’Ostende, première audition du Chant du Départ (4 juillet ); — le Comité de Salut public autorise, le 7 juillet, l’emploi de 2k0 musiciens supplémentaires pour le concert du 44, organisation de ce concert, élaboration du programme, répétitions, détails divers; — les préparatifs de la fête en l’honneur de Bara et Viala ; le 10 août ;— fête des victoires, et translation de Marat au Panthéon (21 septembre ); — apothéose de J.-J. Rousseau (10-11 octobre ); — fête de l’évacuation du territoire (21 octobre). Résumé.

Organisation adoptée provisoirement par l'Institut (juin-juillet) : administration, inspecteurs, fonctions; service des fêtes et de l’École, jours et heures de classes, nombre d’élèves, exercices d'ensemble. Affectation des batiments des Menus-Plaisirs (28 mai). Décision relative à la rédaction des méthodes pour l’enseignement (août).

Récapitulation des travaux du Magasin de musique (avril à septembre).

La détention de Sarrette n’eut pas pour effet de suspendre l’activité de l’Institut, elle ne fut que ralentie. On n’attendit pourtant pas sa libération pour offrir à la Convention la première livraison de « musique à l’usage des Fêtes nationales » (20 germinal an II- 9 avril 1794). A son défaut, Gossec signa la curieuse épître qui l’accompagnait et que nous avons reproduite ailleurs 1 2 . Avec l’arrêté du Comité de Salut public du 4 floréal (23 avril), accordant à l’Institut national certaines ressources pour lui permettre de subsister et d’augmenter son personnel 3 , c’est la seule chose qui soit à signaler.

1. Le Magasin de musique à l'usage des fêtes nationales, loc. cit., p. 27.

2. Du 4 floréal an II (23 avril 179i) : « Le Comité de Salut public, vu le rapport

« et l’arrêté du Comité d’instruction publique du 29 ventôse dernier (v. p. 57), rc- « latif à la nécessité d’accorder des sommes pour soutenir l’établissement de l’Jn- « stitut national de musique décrété par la Convention, arrête que, conformément « aux conclusions dudit rapport, il sera remis au commandant de la musique de

Rendu à la liberté — sous la surveillance d’un gendarme — pour procéder à la formation d’un corps de musique à destination de l’armée du Nord (25 avril), Sarrette s’acquitta immédiatement de cette tâche. Ses dispositions prises, il invita C.-A. Prieur, l’un des membres du Comité de Salut public — celui auquel Veny s’était adressé en dernier lieu pour obtenir la mise en liberté de Sarrette — à faire expédier les réquisitions destinées aux musiciens devant compléter l’effectif (15 floréal-4 mai). Le lendemain, un arrêté, signé Carnot et Prieur, enjoignait à la Commission du mouvement des armées de donner sans délai aux militaires désignés l’ordre de se rendre à Paris. Chose bizarre, ces musiciens servaient en qualité de combattants! Dans le nombre, nous voyons Canal (Michel-Joseph), flûtiste, alors à Blois dans le 14 e bataillon de Paris, et Persuis(Luc-Loiseau), qui servait sous le général Chabot à l’armée de l’Ouest, et qui fut plus tard professeur au Conservatoire (v. p. 134), chef des chœurs, puis chef d’orchestre à l’Opéra 1 .

Rompons un instant l’ordre chronologique pour mentionner la composition d’un autre corps de musiciens destiné à l 'École cle Mars , dont l’Institut national fut chargé par arrêté du Comité de Salut public du 3 messidor (21 juin) 2 .

Une cause inconnue ayant fait ajourner le concert d’élèves que

« la garde nationale parisienne, ou à celui qui le représente, un mandat sur la « Trésorerie, de la somme de 4 570 liv., en remboursement des dépenses qu’il a «i faites pour l’Institut, et un second mandat pour toucher 1 200 livres chaque mois, « pendant un an, à compter du l pr ventôse dernier (19 février 1794), et dont la « destination doit être de faire un supplément au payement des artistes attachés « à l'Institut. Le compte de l’emploi de ces différentes sommes sera rendu à la « Commission de l’instruction publique, qui demeure chargée de cet objet. » (Arch. liât., AF*, II, 48; une copie existe dans F 17 , 1291.)

Comme nous l’avons dit (p. 58), le payement n’eut pas lieu immédiatement; un nouvel arrêté, en date du 20 brumaire (16 novembre), portait que l’Institut recevrait l’arriéré dû et le courant, sur les fonds .mis à la disposition de la Commission de l’Instruction publique. Les 1200 liv. avaient été payées jusqu’à fructidor inclus (septembre). Rapport au Comité d'instruction publique du 13 nivôse (2 janvier 1795). (Arch. nat., F 17 , 1291.)

L'ellet de l’arrêté pris le 4 tloréal par le Comité de Salut public était limité à un an; à l’expiration de ce terme, le Comité d’instruction publique autorisa la continuation de diverses dépenses, l’organisation de l’Institut n’étant pas encore effectuée (v. 13 avril 1795, p. 121, note 1).

1. Les autres musiciens désignés à l arrété sont : C. Débrayé, du 13 e dragons, N. Marjollin (flûte), M. Leriche (clarinette) et A. Soleil (basson), ex-musiciens au 16 e chasseurs, où ils servaient comme soldats à Beaumont-sur-Oise. (Arch. nat., AF, II, 67 d. 236, p. 44-47.) Les deux derniers firent ensuite partie de l’Institut national (v. p. 132).

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