‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 58 sur 149 · Arch. nat., F · texte numérisé non relu

Arch. nat., F

avoir lieu à Feydeau le 11 prairial an II 1 2 », car il en fut de ce projet comme du précédent : les empêchements ne furent pas de même nature, voilà tout. On était en ce moment en pleins préparatifs de la fête de l'Être suprême, instituée le 18 floréal (7 mai) à l’instigation de Robespierre et fixée au 20 prairial (8 juin), et à laquelle l’Institut devait largement coopérer. Puis, une suite de solennités publiques qui eurent lieu à peu d’intervalle vint faire reculer le concert de l’Institut jusqu’au mois de novembre (v. p. 101 j.

La fête de l’Être suprême n’amena pas seulement ce contretemps, elle fut encore pour Sarrette la source de nombreux tracas, non parce qu’il se voyait menacé de réintégrer sa prison — on sait maintenant que le succès de la fête ne fut pas la condition de sa mise en liberté, comme plusieurs auteurs l'ont écrit à tort — mais par suite des exigences tardives de Robespierre, des modifications imposées et de la précipitation qui s’ensuivit pour s’y conformer et réunir, dans un délai trop restreint, un nombre considérable d’exécutants.

Le 26 floréal (15 mai), un arrêté du Comité de Salut public chargeait- la Commission d’instruction publique « de prendre toutes les mesures nécessaires pour l’exécution du décret sur la fête nationale du 20 prairial* », et L. David élaborait son vaste plan.

Pour cette solennité, l’indigence est grande en fait de documents originaux; on ne peut guère invoquer que les récits postérieurs, assez suspects en général, ou se livrera des présomptions qui, pour être très vraisemblables, ne valent pas une certitude.

Selon Zimmermann, Sarrette aurait reçu du Comité de Salut public, le 15 prairial (3 juin), l’hymne qui devait être mis en musique pour la cérémonie, soit seulement cinq jours avant l’exécution 3 4 . Ce travail fait par Cossec, Sarrette se rendit le lendemain au Comité, ajoute-t-il, où Robespierre manifesta son indignation de ce que Chénier avait été chargé d’en composer la poésie, et il enjoignit à Sarrette de choisir un autre hymne, qui serait chanté par le peuple entier*. Comment et quand se produisit cet incident, nous ne sau-

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