‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 71 sur 149 · Arch. nat., F · texte numérisé non relu

Arch. nat., F

Salut public, eu date du 22 thermidor, avait enjoint à tous les spectacles d ouvrir « d assez bonne heure pour qu’ils soient partout finis « à 8 heures du soir, afin que les musiciens composant l'Institut naît tional se rendent aux Tlniilleries à l’heure du concert... 1 »

Pour la célébration légale du dernier jour de l’année républicaine (21 septembre), on dut revenir au cérémonial public et au cortège habituel ; mais la musique eut encore une part suffisamment large. Afin de déférer aux désirs de plusieurs représentants, qui s’élevaient contre la trop grande fréquence des fêtes, on donna un double but à cette dernière, en faisant coïncider la translation des restes de Marat au Panthéon, décrétée depuis le mois de novembre 1793, et la célébration des victoires de la République. L’Institut national était constamment mis à contribution; le Comité d’instruction publique lui désigna les œuvres à exécuter : une Marche guerrière , à l'arrivée de la Convention au Jardin national) suivie d'une Symphonie (ouverture) de Catel, de l'Hymne à la Victoire de Chénier et Méhul, et de l’Hymne à la Fraternité de Désorgues et Cherubini, ces deux derniers entendus pour la première fois; puis la Symphonie militaire de L. Jadin et le Chant du Départ pour la première partie de la cérémonie, consacrée aux victoires et à la remise des drapeaux aux délégués des armées 5 . La seconde partie était réservée au transport des restes de Marat; un seul morceau est connu, bien que vaguement désigné à l’arrêté par ce titre « grand chœur à la gloire des Martyrs de la liberté et de ses défenseurs », paroles de Chénier, musique deCherubini 3 . Le nombre d’exemplaires des divers hymnes fournis par le Magasin s’éleva à 18000*.

Trois jours seulement s’étaient écoulés que la Convention (séance du 3 vendémiaire an 111-24 septembre) pensait à organiser, pour le 10 vendémiaire (1 er octobre), une autre fête relative aux victoires

î. Arcli. nat., AI 4 , II, 67, 236, p. 78. Expédition de cet arrêté fut envoyée aux théâtres de l’Egalité, de la République, Feydeau, des Amis de la Patrie, Ambigu, du Lycée, de lu Cité, Molière, du Vaudeville, de la Gaité et Favart.

2. Pour le récit de lu cérémonie relative à la célébration des victoires, et l’aua-

lyse des morceaux, v. Musique exécutée .p. 69.

3. Vraisemblablement celui qui fut publié sous le titre de ïllymne du Panthéon sous le nom de Chcrubini (V. Le Magasin, etc., p. 129). Le mémoire de copie énonce un Hymne au Panthéon de Chénier et Méhul (?) avec accompagnement de flûtes, cors, trompettes, trombones, buccin, tuba-corva, bassons, serpents, contrebasses, tam-tam, grosse caisse et cymbales.

4. Arrêté du Comité d'instruction publique du 17 septembre 1794 (Le Magasin de musique , etc., p. 46).

Page 1