‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 91 sur 149 · NOUVEAUX RETARDS · texte numérisé non relu

NOUVEAUX RETARDS

Parmi les dispositions qui ne furent pas adoptées en 1795, citons celles se rapportant à l'examen des œuvres composées en vue des fêtes nationales par les musiciens étrangers à T Institut, ayant pour but d'empêcher le retour des réclamations dont il a été parlé. Il ne fut pas non plus donné suite à la proposition d’établissement d’ateliers d'apprentissage pour la facture d’instruments et la gravure de musique, et les hautbois et contrebassons ne furent pas maintenus dans la composition de l’orchestre d’exécution, dont la répartition instrumentale fut aussi légèrement modifiée.

Malgré la décision de la Convention fixant à une décade la date à laquelle le rapport sur l'Institut devait lui être présenté, malgré les efforts combinés de Chénier et de Sarrette, il s’écoula près de deux mois avant que le Comité s’occupât de cet établissement. Pourtant Chénier faisait partie de cette assemblée! Enfin, le 28 germinal (17 avril), le Comité, qui venait de proroger l’effet de l’arrêté du 4 floréal an II, relatif au payement de certaines dépenses 1 , arrêta que le citoyen Chénier serait entendu à la première séance « pour présenter un rapport sur l’Institut national de musique 2 », et le 30 du même mois (19 avril), il donna lecture de son rapport et du projet de décret que l'on adopta, en l’autorisant « à le concerter avec le Comité des Finances 2 ». Conséquemment, nouveau délai, pendant lequel Sarrette se voit comprendre dans la liste des terroristes et désarmer (avril, v. p. 73), puis emprisonner jusqu’au 31 mai (v. p. 74). On ne négligeait rien pourtant pour activer l’affaire. Rouget de

1. Du 24 germinal an III (13 avril 1795) : « Le Comité, sur la demande de l’ad- « ministration provisoire de l’Institut national de musique, arrête ce qui suit : 1° la « Commission de l’Instruction publique continuera à payer la somme de 1 200 1. par « mois pour le traitement des 13 professeurs supplémentaires de cet Institut, et « qui, en conséquence de l’arrêté du Comité de Salut public en date du 4 lloréal « an II établissant cette paye pour une année, est arrêté depuis le 1 er ventôse « an III; 2° les arrérages des loyers de la maison occupée par l’Institut national, « rue Joseph, dont la location est de 3 000 1. par année, seront payés au propriétaire « depuis le l or messidor an II; 3° la Commission d’instruction publique payera, sur « les fonds mis à sa disposition pour les concerts du peuple, les frais de copie de « musique et frais de salle pour les exercices exécutés devant le Comité d’Instruc- « tion et les membres de la Convention, par l’Institut national sur le théâtre de la « rue Feydeau, les 30 brumaire an II et 17 brumaire an III; 4° il sera pris dans « les dépôts d’instruments formés par la commission temporaire des arts, pour être « délivrés à l’association des artistes musiciens chargés d’envoyer dans les dépar- « tements et aux années de la République la musique pour l’exécution des fêtes « nationales, les instruments nécessaires pour essayer lad. musique, savoir 4 vioo Ions, 2 alto, 2 basses et 1 piano. » (Arch. nat., AF*, II. 32.)

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