Arcb. nat., AF*, IL
Lisle, adressant un rapport demandé par le Comité de Salut public sur une réclamation d'indemnité faite par les artistes de l’Institut au sujet des publications du Magasin de musique, proteste — à leur instigation sans nul doute — contre ces retards incessants, en écrivant que « pour prix de leur dévouement et de leurs constans efforts en faveur de la Révolution », ils n’ont encore recueilli « que des promesses vagues et toujours indéfiniment ajournées » (16 mai 1 2 3 4 ).
Trois mois vont encore se passer sans que satisfaction soit donnée aux artistes et à la Convention. Des fêtes et cérémonies, ne rappelant en rien celles de 1794, rempliront l’intervalle.
Depuis le 21 janvier 1795, anniversaire de la mort de Louis XVI, célébré sans pompe ni apparat musical 2 , nulle solennité ne s’était produite; l’assassinat du député Féraud à la tribune de la Convention amena la première cérémonie de la saison estivale. L’Assemblée ayant décidé que des honneurs funèbres lui seraient solennellement rendus, le Comité d’instruction publique enjoignit, le 11 prairial (30 mai), à Gossec et à Méhul de composer la musique des deux hymnes qui devaient être imprimés et chantés trois jours après 3 . Un arrêté en date du 12 prescrivit à l’Institut d’exécuter la musique et l’autorisa à s’adjoindre 50 chanteurs pour les chœurs et hymnes funèbres 4 . Du programme musical, le Moniteur ne fait connaître que le chœur des tombeaux de Steibe]t, deux hymnes de Gossec, l’un chanté par Chéron, de l’Opéra, l’autre par des artistes des deux sexes 5 ; d’après le mémoire de copie, pour laquelle cinq hommes passèrent la nuit, disons que l’un seulement de ces deux hymnes est de Gossec, le second étant dû a Méhul, et ajoutons à ces morceaux les marches funèbre et religieuse de Gossec 6 . La cérémonie consista en discours et musique dans la salle de la Convention : c’était le commencement d’une série de fêtes simples, sans manifestation extérieure, « n’entraînant pas de dépenses » et se conciliant « avec l’économie lion moins précieuse d’un temps que vous emploierez à discuter une constitution qui assure la liberté sur des
1. Le Magasin de musique à Vusage des fêtes nationales et du Conservatoire , p. 57.
2. Cf. Les Anniversaires du 2î janvier [Art musical du 18 janvier 1894).