‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 99 sur 149 · C. P. Le Cotiser va t. de musique · texte numérisé non relu

C. P. Le Cotiser va t. de musique

LA DIRECTION DU CONSERVATOIRE

dont les Inspecteurs faisaient partie conjointement avec quatre professeurs élus par leurs collègues. En attendant l’élection, les Inspecteurs devaient donc se charger seuls de l’organisation, de fêlaboration des programmes du concours, du règlement, etc.; pour des musiciens, c’étaient bien des soucis et du temps perdu tant pour la rédaction des ouvrages classiques, que pour la composition de leurs œuvres théâtrales. L’absence de Sarrette leur laissait une tâche difficile, à laquelle ils ne s’entendaient point et à laquelle ils ne pouvaient se consacrer; car, si extraordinaire que cela paraisse, de par la nouvelle organisation, Sarrette ne faisait pas partie de droit du Conservatoire, aucune fonction n’étant prévue pour lui dans la loi organique : tout le personnel composant la musique de la garde nationale trouvait place au Conservatoire, à l’exception de son chef, promoteur du nouvel établissement! N’avait-il donc tant combattu et si longuement travaillé à sa création que pour en être exclu?

A la vérité, Sarrette est un peu l’auteur de cette anomalie; car, en se reportant au projet d’organisation préparé par lui (v. p. 118), on ne trouve prévu aucun emploi qui lui soit applicable; mais n’appartenait-il pas aux pouvoirs publics de suppléer à une omission que la discrétion lui avait sans doute commandée?

Grétry comprenait si bien ce qu’il y avait d’anormal et d’injuste dans cette situation, qu’il écrivait dans ses Essais sur la musique , dont la publication était ordonnée au même moment par le Comité :

Le citoyen Sarrette, par son amour pour les arts et les artistes, par son activité éclairée, a le premier, depuis la Révolution, conçu le projet de cet établissement, sans lequel les spectacles lyriques et les armées manqueroient de musiciens, depuis que les écoles dépendant des églises sont supprimées. Je pense même qu’après rétablissement du Conservatoire, cet amateur zélé des arts doit diriger tout ce qui n’est pas du ressort des artistes. Les momens de l’homme de génie sont trop précieux pour qu’il les perde en courses multipliées; Méhul, Lesueur, Cherubini, sont l’espoir des théâtres lyriques; les détourner de leur talent pour les occuper d’affaires de régie, seroit une faute impardonnable L

1. Grétry, Essais sur la musique , pluviôse an V (janvier 1797), t. III, p. 372. — Une pétition avait été adressée au Comité d’instruction publique en fructidor an 11 (août 1794) relativement à l’impression de cet ouvrage. Le 1 er vendémiaire an 111 (22 septembre 1794), était fait un rapport favorable; l’impression ne fut pourtant ordonnée que par cet arrêté du 28 vendémiaire an IV (20 octobre 1795) : « Après « avoir entendu les conclusions de la l re section sur le rapport de la commission « exécutive de l’Instruction publique, relative à un manuscrit du citoyen Grétry sur « la musique, arrête que ce manuscrit sera imprimé à l'imprimerie de l’Agence des « loix au nombre de 3 000 exemplaires, dont 1 500 seront remis à l’auteur; les 1 500

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