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CHAPITRE XVI

jbxs certitude de ne pas étre admis dans le cercle des Mac Kelvey donnait 4 Babbitt un sentiment de culpabilité et le faisait un peu déraisonner. Mais il fréquentait plus réguliérement les Elans. A un déjeuner de la Chambre de commerce, il se montra éloquent sur la perversité des gréves, et il retrouva son assurance de citoyen éminent.

Ses clubs et associations fournissaient a son esprit une bonne nourriture.

On demandait 4 un homme comme il faut de Zénith d’appartenir a une, ou de préférence a deux ou trois des innombrables loges et clubs destinés a accroitre la prospérité de la ville: aux Rotariens, aux Kiwanis ou aux Boosters; aux Originaux, aux Elans, aux Macons, aux Hommes Rouges, aux Forestiers, aux Hiboux, aux Aigles, aux Macchabées, aux Chevaliers de Pythias ou de Colomb, et autres sociétés secrétes, caractérisées par un haut degré de cordialité, une saine morale, et le respect de la Constitution. I] y avait quatre motifs pour s’affilier 4 ces ordres: c’était la chose a faire. C’était bon pour les affaires, puisque les « fréres de loge » devenaient souvent des clients. Cela donnait aux Américains, incapables de devenir Geheimrdte ou Commendatori, des titres honorifiques comme « Haut et digne secrétaire des rap-

ports » et « Grand Hoogow », a ajouter aux distinctions banales de Colonel, de Juge et de Professeur. Et cela permettait au mari américain, tenu en lisiére, de passer une soirée par semaine en dehors de chez lui. La loge était sa piazza, sa terrasse de café. I pouvait jouer a la poule, avoir des conversations d’homme, dire des obscénités et faire le bravache.

Pour toutes ces raisons Babbitt était ce qu’il appelait un « affilié ».

Derriére la banniére pourpre et or de son action publique, s’étendait l’arriére-plan sombre du métier monotone : baux, contrats de vente, listes de propriétés 4 louer. Les soirées consacrées a l’éloquence, aux comités et aux loges le stimulaient comme un alcool, mais tous les matins il avait la langue pateuse. D’une semaine a l’autre il devenait plus nerveux. I] était en conflit ouvert avec son vendeur de l’extérieur, Stanley Graff, et une fois, bien que les charmes de sa secrétaire lui eussent toujours imposé une politesse scrupuleuse, il s’emporta contre mademoiselle Mac Goun qui avait modifié ses lettres.

Mais en compagnie de Paul Riesling il se détendait. Une fois par semaine au moins ils redevenaient jeunes. Le samedi, ils jouaient au golf, en se blaguant : « En fait de golf, tu es un fameux joueur de tennis », ou bien ils couraient les routes en auto tout Paprés-midi du dimanche, s’arrétant dans des auberges de village pour s’asseoir devant un comptoir, sur de hauts tabourets, et boire du café dans des tasses épaisses. Parfois Paul venait le soir chez son ami avec son violon, et Zilla elle-méme gardait le silence pendant que le malheureux égaré, qui suivait désormais des chemins inconnus, exhalait en musique la tristesse de son ame.

Rien ne purifiait davantage Babbitt et ne lui faisait plus de réclame que son travail pour l’ Ecole du Dimanche.

L’église presbytérienne de Chatam Road, la sienne, était une des plus grandes, des plus riches, des plus « chéne et velours » de Zénith. Le pasteur était le Révérend Jean Jennison Drew M. A. (Maitre és Arts) D. D. (Docteur en Divinité: Théologie), L. L. D. Docteur en Lois (Droit). I] tenait son M. A. et son D. D. de ? Université Elbert en Nebraska, son L. L. D. du collége Waterbury, a Oklahoma. II était éloquent, capable et versatile. I] présidait des meetings pour la déclaration des unions et le développement des

services domestiques, et confiait 4 son auditoire que, tout enfant, et pauvre, il avait été porteur de journaux. Pour |’ Avocat du Soir du samedi, il écrivait des éditoriaux sur « La Religion de ’homme vraiment viril » et sur « Les dollars et la valeur réelle du Christianisme », que l’on publiait en gros caractéres et dans un encadrement spécial. I] disait souvent qu’il était « fier d’étre connu comme un ancien homme d’affaires » et qu’il ne « permettrait certainement pas a Satan d’avoir le monopole de l’énergie et de la vigueur ». C’était un homme jeune, mince, a la figure de paysan, avec des lunettes d’or et une frange de cheveux chatain foncé, mais, quand il se langait dans l’éloquence, il s’enflammait et dominait. I] reconnaissait qu’il était trop cultivé, trop poéte, pour imiter l’évangéliste Mike Monday; pourtant il avait un jour éveillé ses ouailles 4 une vie nouvelle, et a des offrandes plus abondantes, en les provoquant ainsi : « Mes fréres, le ladre vraiment méprisable, c’est Phomme qui refuse de préter au Seigneur. »

I] avait fait de son église un véritable centre de réunion. On y trouvait tout, sauf un bar. Elle contenait une nursery, une salle ou se donnait le jeudi un souper, suivi d’une bréve et brillante conférence par un missionnaire, un gymnase, un écran pour projection de films (un tous les quinze jours), une bibliotheque d’ouvrages techniques pour les jeunes ouvriers — malheureusement aucun d’eux n’entrait jamais dans |’église, sauf pour laver les fenétres ou réparer le calorifére — et un ouvroir ot lon confectionnait des pantalons pour les enfants pauvres, pendant que madame Drew lisait 4 haute voix un roman édifiant.

La théologie du docteur Drew était presbytérienne, mais son église était gracieusement épiscopale. Elle avait, comme il disait, « les traits durables de ces nobles monuments ecclésiastiques de la Vieille Angleterre, qui sont les symboles de l’éternité de la foi, religieuse et civile ». Elle était construite en briques riantes et en fer, dans un style gothique modernisé, et la grande salle était éclairée indirectement par des globes électriques posés dans de riches coupes d’albatre.

Un matin de décembre, ot les Babbitt allérent a léglise, le docteur Jean Jennison Drew fut d’une éloquence extraordinaire. La foule était énorme. Dix jeunes huissiers alertes, en veston, une rose blanche a la boutonniére, apportaient des siéges pliants

du sous-sol. I] y avait un programme musical impressionnant, dirigé par Sheldon Smeeth, directeur, pour I’éducation, de PY. M. C.A., qui chantait aussi l’offertoire. Cela plaisait moins a Babbitt, parce qu’une personne mal inspirée avait appris au jeune Smeeth 4 sourire, sourire et toujours sourire en chantant, mais il admirait, avec toute la compétence d’un confrére, le sermon du docteur Drew. II avait cette qualité intellectuelle qui distinguait les fidéles de Chatam Road de ceux des chapelles négligées de Smith Street.

« A cette époque de Vannée qui est celle de Vabondante récolte, déclamatt le docteur Drew, quand, quelque orageux que soit le ciel et pénible le chemin pour le voyageur épuisé, Vesprit immatériel et ailé passe en revue tous les travaux et tous les désirs des derniers douze mots, oh alors, il me semble que, derriére tous nos échecs apparents, retentit le cheur doré de félicitations des jours qui se sont passés dans le bonheur, et, voyez, sur Phorizon fatblement éclairé nous apercevons, voilée de nuages douloureux, la masse imposante des montagnes, — montagnes de mélodie, montagnes de joie, montagnes de puissance. »

« Jaime décidément un sermon ov il y a de la culture et de la pensée », se disait Babbitt.

la fin du service il fut ravi quand le pasteur, serrant énergiquement des mains a la porte, lui chuchota :

— Oh! frére Babbitt, pouvez-vous attendre une seconde? Je voudrais votre avis.

— Bien sar, docteur, vous pensez!

— Entrez dans mon bureau. Vous y trouverez des cigares qui ne vous déplairont pas.

Babbitt trouva les cigares a son gotit, le bureau aussi. I] ne se distinguait des autres que parce que les écriteaux ordinaires étaient remplacés par celui-ci: « Ce jour est celui ot le Seigneur est occupé». Chum Frink entra également, puis William W. Eathorne.

M. Eathorne, 4gé de soixante-dix ans, était le président de la Premiére Banque @’ Etat de Zénith. Il portait encore les favoris qui avaient été l’uniforme des banquiers en 1870. Si Babbitt enviait le milieu élégant des Mac Kelvey, devant William Washington Eathorne il était plein de respect. M. Eathorne n’avait rien a voir avec les milieux élégants : il était au-dessus. I] était l’arriére-petit-

fils d’un des cing fondateurs de Zénith — en 1792 — et il était la troisiéme génération des banquiers. I] pouvait examiner le crédit de chacun, consentir des préts, favoriser ou ruiner une affaire. En sa présence Babbitt respirait plus vite et se sentait petit gargon.

Le Révérend docteur Drew entra vivement dans la piéce, et son éloquence coula : ;

— Je vous ai priés de rester, messieurs, afin de pouvoir vous soumettre une proposition. L’ Ecole du Dimanche a besoin d’étre stimulée. Elle arrive au quatriéme rang a Zénith, mais il n’y a aucune raison pour que nous avalions la poussiére de personne : nous devrions étre en téte. Je vous demanderai donc, si vous le voulez bien, de former un comité de direction et de publicité pour notre Ecole du Dimanche, de la surveiller et de faire toutes les propositions que vous voudrez pour son amélioration, et puis, peut-étre, de veiller 4 ce que la presse nous accorde quelque attention, qu’elle donne au public des nouvelles vraiment utiles et profitables, au lieu de tous ces récits de meurtres et de divorces.

— Excellent! dit le banquier.

Babbitt et Frink furent enchantés de faire chorus.

Si on avait demandé a Babbitt quelle était sa religion, il aurait répondu avec la rhétorique sonore du club des Boosters :

— Ma religion consiste a servir mes semblables, 4 honorer mon frére comme un autre moi-méme et a faire mon possible pour rendre plus heureuse la vie de tous et de chacun.

Si on avait insisté pour avoir plus de détails, il aurait déclaré :

— Membre de I’ Eglise presbytérienne, j’en accepte naturellement les doctrines.

Si on avait eu l’indiscrétion de continuer, il aurait protesté :

— Inutile de discuter et d’ergoter sur la religion : cela ne sert qu’a remuer de mauvais sentiments.

Pour Vinstant, lessentiel de sa théologie était qu’il y a un étre supréme, qui a essayé de nous créer parfaits, mais qui n’a probablement pas réussi; que si l’on est bon on va dans un endroit appelé Ciel (inconsciemment Babbitt se le représentait comme ressemblant assez a un excellent hétel avec jardin particulier), mais que, si l’on est méchant, c’est-a-dire si lon commet un meurtre ou un vol, si ’on prend de la cocaine ou si l’on a des maitresses, ou si on vend des propriétés fictives, on est puni.

Babbitt avait pourtant des hésitations sur ce qu’il appelait « cette histoire de l’enfer ».

— Naturellement, expliquait-il & Ted, j’ai des idées assez larges, je ne crois pas exactement a un enfer de feu et de soufre. Il tombe sous le sens pourtant qu’on ne peut pas s’adonner A toutes sortes de vices sans avoir 4 les expier, tu me comprends?

Sur cette théologie il méditait rarement. L’essence de sa religion pratique, c’était qu’il était convenable, et avantageux pour les affaires, d’étre vu allant au service religieux, que I’ Eglise empéchait les mauvais éléments de la nation d’étre encore pires, et que les sermons du pasteur, si austéres qu’ils pussent paraitre quand on les écoutait, n’en avaient pas moins « une influence vaudou qui faisait du bien, et vous mettait en contact avec les choses d’en haut ». :

Ses premiers essais en vue du Comité directeur de l’Ecole du Dimanche ne le satisfirent guére.

I] aimait bien la « Classe biblique pour les gens occupés », composée d’hommes et de femmes miirs qu’entretenait un médecin de Vancienne école, le docteur T. Atkins Jordan, en un style étincelant, comparable a celui des humoristes les plus fins dans leurs speeches d’aprés-diner, mais quand il alla dans la classe des jeunes il fut déconcerté. I] entendit Sheldon Smeeth, directeur pour l’éducation de ’Y. M. C. A. et chef du choeur de l’église, jeune homme pale mais énergique, aux cheveux bouclés et au perpétuel sourire, faire la classe a des garcons de seize ans. Smeeth leur annongait affectueusement :

— Mes amis, nous aurons chez moi, jeudi prochain, une soirée de causerie coeur 4 coeur. Nous serons tout a fait entre nous et parlerons franchement de nos soucis secrets. Vous pourrez tout dire 4 votre vieux Sheldy, comme le font tous les membres de VY. Je m’expliquerai avec vous sans réticences sur les affreux désordres dans lesquels tombe un jeune gargon, a moins d’étre guidé par un grand frére, et sur les périls et la splendeur du Sexe.

Et ce vieux Sheldy avait le visage rayonnant et humide: les garcons avaient l’air honteux, et Babbitt ne savait de quel cdte diriger ses regards embarrassés. ;

Moins génantes, mais aussi bien plus mornes, étaient les petites classes, ou de vieilles filles qui se prenaient au sérieux

enseignaient la philosophie et l’ethnologie orientale. La plupart se tenaient dans la salle d’école bien vernie, mais il y avait le tropplein dans le sous-sol, décoré de tout un réseau de conduites d’eau et éclairé par de petites fenétres qui s’ouvraient tout en haut des murs suintants. Ce que Babbitt vit la c’était pour lui la Premiére Eglise congrégationaliste de Catawba: il était revenu a l’Ecole du Dimanche de son enfance. I] retrouvait cette odeur de renfermé qu’on ne respire que dans les salles des églises; il se rappelait la boite de livres 4 couverture brune : Hetty, ?’humble héroine, et Foseph, le jeune homme de la Palestine; il feuilletait de nouveau du pouce ces cartes aux couleurs voyantes, dont aucun garcgon ne voulait, mais que personne n’osait jeter, tant elles étaient en quelque sorte sacrées; il était encore torturé par la ritournelle des questions embarrassantes qu’on lui posait il y avait trente-cinq ans :

— Voyons, Edgar, lisez le verset suivant. Que veut-on dire en affirmant qu’il est plus facile 4 un chameau de passer par le trou d’une aiguille? Qu’est-ce que cela nous enseigne? Clarence! Ne remuez pas comme ¢a, s’il vous plait. Si vous aviez étudié votre lecon, vous ne seriez pas si agité. A vous, Earl : Quel est l’enseignement que Jésus voulait donner a ses disciples? Ce que je désire spécialement vous voir retenir, mes enfants, ce sont ces mots: « Avec Dieu, tout est possible. » Pensez toujours a cela. Clarence, écoutez, je vous prie... Dites-vous : « Avec Dieu tout est possible. » Chaque fois que vous vous sentirez découragé... Alec, lisez le verset suivant... si vous étiez attentif vous sauriez ot on en est!

Bzzz... bzzz ... bzzz ... d’énormes abeilles bourdonnant dans une caverne ot l’on s’assoupit...

Babbitt s’arracha en tressautant a l’engourdissement ot il sombrait, les yeux ouverts, remercia le professeur « de lui avoir accordé la faveur de profiter de son magnifique enseignement » et se dirigea en trébuchant vers un autre groupe.

Au bout de deux semaines de cet exercice, il n’avait rien trouvé a proposer au Révérend docteur Drew.

La-dessus il découvrit tout un monde de journaux pour ? Ecole du Dimanche, un domaine immense et affairé de publications hebdomadaires et mensuelles, qui avaient un caractére aussi technique, aussi pratique et ami du progrés que les colonnes d’an-

nonces immobiliéres dans les magazines du commerce de chaussures. I] en acheta une demi-douzaine dans une boutique d’objets de piété, et les lut, et les admira jusqu’a plus de minuit.

I] trouva maint avis profitable sur les « Appels dans les foyers », le « Recrutement de nouveaux membres » et les « Perspectives pour adhérer a I’Ecole du Dimanche ». I] apprécia particuliérement le mot « perspectives » et il fut touché par ce paragraphe :

« Les sources morales de la vie de la Communauté sont contenues dans ses Ecoles du Dimanche — ses écoles d’instruction et d’inspiration religieuses. Les négliger maintenant c’est se préparer la perte de toute énergie sptrituelle, de tout pouvoir moral pour les années a venir... Des faits comme ceux qui sont cités plus haut, suivis d'un appel direct, toucheront des gens qu’on n’aménera pas en riant et en plaisantant a faire leur part d’efforts. »

— C’est bien vrai, reconnut Babbitt; a Catawba je séchais ma vieille Ecole du Dimanche chaque fois que je pouvais, mais en méme temps, je n’en serais pas ot j’en suis aujourd’hui, peut-étre, sans ce que ]’y ai acquis en fait de... de pouvoir moral. Et tout cela vient de la Bible: c’est de la haute littérature. Il faudra que j’en relise un peu, un de ces jours. fs

Comment on pouvait organiser |’Ecole du Dimanche de facon scientifique, il ’apprit par un article de la « Classe biblique de Westminster pour les adultes ».

« La seconde vice-présidente veille a la camaraderie dans la classe. Elle choisit un groupe pour I’y aider: ceux-la deviennent des répétiteurs. Quiconque se présente est accuetlli a bras ouverts : nul en sortant ne se sent un étranger. Un membre du groupe se tient sur le seual et invite les passants a entrer. »

Mais ce qui plut peut-étre par-dessus tout a Babbitt, ce fut cette observation de William H. Ridgway dans le Times de I’ Ecole du Dimanche :

« Si votre classe de ’ Ecole du Dimanche manque d’entrain, d’attratt, en un mot d’intérét, si on ne la fréquente que de facon irrégultére, st elle fart penser a un homme atteint d'une fievre de printemps, permettez au vieux docteur Ridgway de vous rédiger une ordonnance : invitez vos éléves a diner. »

Les journaux de I’Ecole du Dimanche étaient aussi complets que pratiques. Ils ne négligeaient aucun art. Pour la musique, le Times de V Ecole du Dimanche annongait que C. Harold Lowden,

« universellement connu pour ses compositions religieuses », avait écrit un nouveau chef-d’ceuvre intitulé Je soupire pour tot. Les paroles de Harry D. Kerr sont parmi les plus délicates que l’on puisse imaginer et la mélodie est d’une beauté indescriptible. Les critiques s’accordent 4 penser qu’il fera fureur dans tout le pays. On peut en faire un délicieux chant religieux, en remplagant le texte par celui de ’hymne: Faz entendu la voix de Fésus dire...

On n’oubliait méme pas le travail manuel. Babbitt nota une facon ingénieuse de figurer la résurrection du Christ: « Modéle a exécuter par les éléves. Une tombe avec porte tournante. Prenez une botte carrée, avec son couvercle, et retournez-la. Tirez un peu le couvercle de maniére a former une rainure en bas. Coupez une porte carrée, et ausst un rond de carton un peu plus grand que l’ouverture. Couvrez cette porte ronde et la tombe d’une épaisse couche d’un mélange de sable, de farine et d’eau et laissez sécher. C’est la lourde pierre ronde recouvrant la porte que les saintes femmes trouvérent enlevée le matin de Pdques. Voila la « bonne nouvelle » que nous devons répandre. »

Dans leurs annonces ces journaux étaient trés instructifs. Babbitt s’intéressa a un médicament qui « remplace Texercice pour les gens sédentaires en reformant les tissus nerveux épuisés, en alimentant le cerveau et le systéme digestif ».

Il fut édifié d’apprendre que la vente de la Bible était un commerce qui se développait strictement grace a la concurrence, et en sa qualité d’expert dans les questions d’hygiéne il fut charmé de lannonce, par la « Société d’ustensiles sanitaires pour la Communion », d’un « ensemble d@ appareils absolument perfectionnés et satisfaisants, comprenant un magnifique plateau en acajou verni. Ce plateau supprime tout bruit, est plus léger et plus maniable que tous les autres, et est plus en harmonie avec le mobilier dune église qu’un plateau en n’importe quelle autre matiére. » ;

I] laissa tomber la pile des journaux de I’ Ecole du Dimanche et réfléchit : « Ga, c’est un monde é€patant! Quel dommage que je ne m’y sois pas mélé davantage! Un homme qui a une certaine influence sur ses semblables, facheux qu’il n’ait pas une religion virile et vraiment agissante... ce qu’on pourrait appeler une sorte de « Christianisme de corporation »... mais avec un profond respect.

« Certains pourraient prétendre que ces fanatiques de

mol, Je le « certainement 4 1 ces Ge are brave George F. Babbitt dans leur camp,

et la réponse aux critiques!

ee “Bite tae un homme est vaillant et pratique, plus il devrait | - mener Ia vie d’un chrétien entreprenant. Eh bien, j’en suis! Assez dindifférence et d’ivrognerie, et de... »

— Rone! Ov diable as-tu été? En voila une heure pour | rentrer!

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