SCENE VI
ERNEST, JOBLOT.
joblot, montrant Babiole, qui s' en va.
C'est une bonne tille,., mais quand elle y est, elle en dit... (A pari, avec un soupir.) Elle en dit trop... (Haut.) Et vous, monsieur Ernest, vous allez donc nous quitter?...
ERNEST
Oui... je pars... dès aujourd'hui... pour l'Afrique.. .
JOBLOT.
Et qu'allez -vous y faire ?
ernest, avec agitation, à lui-même.
Me faire tuer... si je puis...
JOBLOT.
Est-il possible ?
ernest, se reprenant.
Je veux dire... me battre... faire mon chemin et devenir général... comme mon oncle Balthasar...
JOBLOT.
A la bonne heure... ça vaut mieux... car c'était un brave homme que votre oncle Balthasar ..
ERNEST
Tu dis vrai.
Une de nos pratiques... et je me souviens toujours de la dernière facture que je lui ai portée à son hôtel.... (Rêvant.) C'était, je crois, après... non... qu'est-ce que je dis... c'était avantle coup de sang dont il est mort!... Ce qui me fît plaisir, je l'avoue, c'est que pour la facture qui était de quatre cents cinquante francs, il me donna un birlet de cinq cents francs, en me disant : Garde le reste pour toi !... Je n'y suis retourné qu'une seule fois depuis , poser des stores... le lendemain, il était parti... il n'y était plus !
ERNEST
Pour mon malheur ! Aussi, je quitte Paris... (Portant la main à son cœur.) J'en ai besoin !
JOBLOT.
Je comprends... quelque amour. .. que vous avez là...
ERNEST
Oui !... un amour impossible !
JOBLOT.
Connu !... je sais ce que c'est ! Et moi aussi, je devrais partir pour l'Afrique... ça vaudrait mieux que de tomber ici entre les mains des Arabes qui me menacent de la rue de Clichy.
ERNEST
Quoi !... tu as des dettes... tu es malheureux?
JOBLOT.
Par amour...
ERNEST
Pour cette jeune fille...
Ah ! bah !
ERNEST
Qui est charmante, et qui a l'air de L'aimer.