‹ Babylone et la ChaldéeChapitre 12 sur 92 · comme les eaux d'un fleuve et · texte numérisé non relu

comme les eaux d'un fleuve et

comme le jour. Je le couvris et

quand ..... ma main plaça la couverture

. . . .et Samas compléta le matériel du vaisseau

...... fort et

75 J'étendis des roseaux dessus et dessous ....... ils allaient aux deux tiers.

Tout ce que je possédais, je le réunis ; tout ce que je possédais

d'argent, je le réunis ; Tout ce que je possédais d'or, je le réunis ; Tout ce que je possédais de la semence de vie, je le réunis, le tout 80 Je le fis entrer dans le vaisseau ; tous mes serviteurs mâles et

femelles ,

Les animaux domestiques, les animaux sauvages, et les jeunes

hommes de l'armée, eux tous,

je les fis tous entrer.

Samas fit une inondation, et

BABYLONB ET LA CHALDEB.

Il parla, disant au milieu des ténèbres : « Je ferai tomber la pluie

du ciel abondamment; Entre dans le vaissseau et ferme la porte. »

85 II souleva l'inondation, et

Il parla, disant au milieu des ténèbres : « Je ferai tomber la pluie

du ciel abondamment. »

Le jour où je célébrai sa fête y

le jour qu'il avait déterminé, j'eus peur. J'entrai dans le navire et je fermai ma porte. 90 Pour guider le vais eau, au pilote Buzursadirabu (vers les lieux

inaccessibles des grandes montagnes, v. L.) au pilote. Je confiai ma demeure

au matin, la fureur d'une tempête

s'éleva de Fkorizon du ciel et s'étendit dans l'espace Bin au milieu du ciel fit entendre le tonnerre 95 Nabu et Saru s'avancèrent en face

Les soutiens du trône (les dévastateurs, V. L.) passèrent sur les

montagnes et les plaines.

- Le destructeur Nergal se livra à la destruction Adar marcha en avant et renversa ce qui se trouvait sur son

passage.

Les esprits apportèrent la destruction.

100 Dans leur gloire, ils balayèrent la terre

L'inondation de Bin atteignit jusqu'au ciel

la terre brillante fut changée en désert

[L'inondation] passa sur la surface de la terre

elle détruisit toute vie de la face de la terre 105 La forte tempête sur le peuple atteignit jusqu'au ciel

Le frère ne vit plus son frère. Elle n'épargna pas le peuple

Dans le ciel

les dieux craignirent la tempête et cherchèrent un refuge ; ils montèrent jusqu'au ciel d'Anu Les dieux se blottirent comme des chiens qui cachent leurs queues.

110 Istar prononça un discours

La Grande-Déesse parla, elle dit :

RÉCIT CHALDÉEN

« Le monde est adcnné au péché, et

Alors, en la présence des Dieux, j'ai prophétisé le malheur. Quand, en présence des Dieux, j'ai prophétisé le malheur,

115 Au malheur j'ai dévoué tout mon peuple, et j'ai prophétisé Ainsi : » J'ai donné naissance à l'homme; qu'il ne soit plus Comme les petits des poissons qui remplissent la mer » Les Dieux ainsi que les Esprits pleuraient avec elle Les Dieux sur leurs sièges étaient assis en lamentations

120 Leurs lèvres étaient fermées à cause du mal qui s'approchait Six jours et (six) nuits

passèrent; le tonnerre, la tempête et l'ouragan éclataient de toute part

Dans le cours du septième jour , l'ouragan se calma et la tempête qui avait détruit comme un tremblement de terre, 125 s'apaisa. La mer se dessécha, le vent et la tempête s'apaisèrent.

Je fus porté à travers la mer. Celui qui avait fait le mal

et toute la race humaine qui avait tourné au péché

flottaient comme des roseaux J'ouvris la fenêtre et la lumière pénétra dans mon refuge 130 elle passa, je m'assis tranquille et

la paix vint dans mon refuge.

Je fus porté par-dessus le rivage aux limites de la mer Jusqu'à douze coudées au-dessus de la terre Le vaisseau alla au pays de Nizir.

135 La montagne de Nizir arrêta le vaisseau et il ne put passer par-dessus. Le premier et le second jour la montagne de Nizir la même Le troisième et le quatrième jour la montagne de Nizir la même Le cinquième et le sixième jour la montagne de Nizir la même Dans le cours du vne jour 140 J'envoyai au dehors une colombe et elle partit, La colombe partit et elle chercha, et

elle ne trouva point de place de repos, et elle revint J'envoyai au dehors une hirondelle et elle partit

l'hirondelle partit et chercha, et

elle ne trouva point de place de repos, et elle revint.

J'envoyai au dehors un corbeau ei il partit. 145 Le corbeau partit, et il vit des cadavres sur les eaux et

il les mangea, il nagea et il erra au loin, et il ne revint pas . J'envoyai au dehors les animaux aux quatre vents Je versai une libation.

J'élevai un autel sur le sommet de la montagne . Sept par sept je coupai des herbes 150 Je plaçai, au pied des roseaux, des pins et des (arbres) Simgàr

Les dieux se -réunirent autour de la flamme, les dieux se réunirent

autour de la bonne flamme Les dieux serrés (comme des bancs de poissons, v. L.) se réunirent

au-dessus du sacrifice Et en même temps le dieu suprême en s'approchant

produisit la grande lumière d'Anu. Alors la gloire 155 des dieux, pareille à la pierre ukni (à une gemme brillante, V. L.)

je ne pouvais supporter Alors je priai pour être délivré à jamais de toute souffrance. « que les dieux viennent à mon autel ! que Bel ne vienne à mon autel

Car il n'avait pas écouté ma prière et il avait fait un orage . 160 et il avait voué mon peuple à l'abîme, et alors de loin Bel, dans sa course,

vit le vaisseau, et Bel s'avança plein de colère vers les dieux et les Esprits (il voulait)

que personne ne sorte vivant, qu'aucun homme ne soit sauvé de l'abîme.

Adar ouvrit la bouche, il parla, il dit au guerrier Bel : 165 « Qui alors sera sauvé ? » Nouah exprima sa volonté et Nouah qui savait toute chose Nouah ouvrit la bouche, il parla, il dit au guerrier Bel : « Toi, le premier des Dieux, Guerrier, Quand tu as été irrité, tu as fait un orage, 170 Le pécheur a fait son péché, le malfaiteur a fait le mal ; tu veux que celui qui est élevé ne soit pas brisé, que le captif ne soitpas délivré; Au lieu défaire (désormais) une tempête, laisse les lions s'accroître et que les hommes soient détruits ;

RECIT CHALDÉEN

Au lieu de faire une tempête, laisse les panthères s'accroître et que

les hommes soient détruits ; Au lieu de faire une tempête, que la famine survienne et que le pays

soit détruit ;

175 Au lieu de faire une tempête, que la peste s'accroisse et que les hommes soient détruits.

Je ne sondai point la sagesse des Dieux,

Respectueux et attentif; ils lui envoyèrent un songe, et il entendit

la sagesse des Dieux.

Quand sa sentence fut décidée, Bel entra au milieu du vaisseau. Il prit ma main et me conduisit dehors, moi» 180 II me conduisit dehors, et fit amener ma femme à mon côté ; Il purifia le pays, il établit un pacte et prit en main les hommes. En présence de Xisuthrus et des hommes.

Lorsque Xisuthrus, sa femme et les hommes qui devaient être semblables aux dieux furent emmenés,

Alors Xisuthrus habita dans un lieu éloigné à l'embouchure des fleuves

185 ils me prirent et m'établirent dans un lieu éloigné à l'embouchure des fleuves .

Quant à toi, que les dieux ont choisi, toi et

la vie que tu as cherchée, tu la connaîtras . Fais ceci pendant six jours et sept nuits comme je te le dis : « Liez-le dans les liens et 190 la route (de la vie) , comme une tempête, s'élargira pour lui. »

— Xisuthrus parla ainsi à sa femme :

« Je dis que le chef qui s'attache à la vie, la route, comme une tempête, s'élargira pour lui. » Sa femme, en ces termes, parla à Xisuthrus de loin : 195 « Purifie-le, et que l'homme soit renvoyé

par le chemin où il est venu, qu'il retourne en paix, ouvre la grande porte et qu'il retourne en son pays. » Xisuthrus, en ces termes, parla cl Sci femme :

— « Le cri d'un homme t' alarme,

200 fais ceci, pose sur sa tête ton vêtement de pourpre » et le jour qu'il monta sur le flanc du vaisseau

elle le fit. Il posa sur sa tête son vêtement de pourpre et le jour qu'il monta sur le flanc du vaisseau

Isdubar, de telle manière, parla à Xisuthrus de loin Par cette voie elle a agi, je viens 210 Joyeusement tu m'as donné ma force.

Xisuthrus, en ces termes, parla à Izdubar :

ton vêtement de pourpre

je l'ai placé

Izdubar, en ces termes, parla à Xisuthrus de loin : 220 Xisuthrus, ne pouvons-nous aller à toi

Isdubar et Our-Bel remontèrent dans le vaisseau Là où ils étaient placés et ils naviguèrent. Sa femme parla en ces termes à Xisuthrus, de loin : 245 « Izdubar s'en va, il est satisfait, il a accompli ce que tu as ordonné et il retourne dans son pays. » Et il entendit, et à la suite d'Izdubar il alla sur le rivage

Xisuthrus parla en ces termes à Izdubar : 250 « Isdubar, tu t'en vas, tu es satisfait, tu as accompli Ce que je t'ai ordonné, et tu retournes dans ton pays Je t'ai révélé, Izdubar, l'histoire cachée »

Les lignes suivantes sont très-mutilées et ne permettent pas de suivre plus loin le récit.

Telles sont les trois relations qui nous sont conservées sur la tradition du déluge. Si maintenant nous voulons les comparer, il est facile de voir qu'elles ont évidemment en vue le même événement.

Le texte primitif de Bérose devait être plus développé; dans sa rédaction, même la plus étendue, il n'est encore qu'un résumé. Un point prin-

RECIT CHALDÉEN

cipal que nous trouvons dans les deux autres versions y est omis, c'est la cause du cataclysme. Les tablettes, d'accord avec le texte hébraïque, ont rendu à ce grand événement son véritable caractère : c'est un châtiment.

A part ce détail, omis dans les fragments de Bérose, on pouvait croire que les traditions chaldéennes étaient empruntées aux récits mosaïques. Aujourd'hui, la question est résolue, et il est certain que l'antériorité delà légende appartient aux traditions chaldéennes, sans que cette antériorité puisse nous renseigner sur l'origine de la tradition, ni sur le fait en luimême.

Eugène Burnouf, il y a un quart de siècle, avait pensé que la tradition diluvienne qu'on trouve chez les Hindous et chez les Chinois avaient pris naissance dans la Chaldée ; les tablettes assyriennes donnent une haute portée à ces inductions. Elles n'établissent pas, cependant, les moyens de propagation qui ont, pour ainsi dire, universalisé cette légende que l'on trouve dans l'histoire de toutes les races de l'humanité, excepté toutefois parmi les différentes branches de la race noire, en Afrique, et dans les îles de TOcéanie.

D'un autre côté, il nous paraît qu'il faut remonter plus haut encore pour arriver à la source de cette tradition ; il est certain, en effet, que le rédacteur du Pentateuque a eu sous les yeux .deux récits, qu'il a coordonnés et ramenés à l'unité qu'elle a aujourd'hui. Or, on trouve les traces d'un travail analogue dans le récit des tablettes assyro-chaldéennes. Si l'on met en regard les points de ressemblance qui réunissent les deux récits, on pourra voir qu'ils ne découlent pas de la même origine, mais qu'ils ont suivi deux courants d'idées parallèles dont les traces se trouvent dans les différences propres à chaque récit.

La découverte de M. G. Smith a d'un autre côté une conséquence immédiate qui a renversé les idées déjà bien ébranlées qu'on s'était fait dans ces derniers temps sur le caractère des Sémites.

L'épopée paraissait l'appanage exclusif des races ariennes, on croyait que le sémite ne pouvait atteindre à ces hauteurs. Or, la légende du déluge dans les tablettes antiques n'est qu'un épisode. C'est un fragment détaché d'un poème comparable aux vastes épopées de l'Inde et qui décide la question d'une manière formelle. Cette remarque, du reste, nous ramène au fond même des idées qui ont été ainsi recueillies. Chaque tablette de-

vant contenir un épisode analogue, quel en était le sujet? En l'absence de tout indice, nous ne pouvons sans doute le supposer, mais il est permis de croire qu'on retrouvera un jour le poème dans son entier et qu'on y reconnaîtra peut-être l'origine des nombreuses légendes qui peuvent se rattacher à l'histoire de la Haute- Asie et qui nous sont parvenues après avoir suivi les chemins les plus détournés.

Nous avons vu que les compagnons de Xisuthrus, fidèles à la voix qu'ils avaient entendue, lorsque les eaux du déluge se furent retirés et que la terre fut devenue habitable, se rendirent à Sippara et se mirent à la recherche des tables qui contenaient les instructions d' Anu et l'histoire des temps passés. Après les avoir retrouvées, ils se rendirent à Babylone et ils en restaurèrent les temples.

A partir de ce moment, les extraits de Bérose manquent de précision, les renseignements qui nous sont fournis par ses compilateurs sont trèssuccincts, Eusèbe les résume ainsi d'après Alexandre Polyhistor.

« Après le déluge, Evexius (Eùwocç) régna sur la Chaldée pendant quatre nères (2,400 ans) . Ensuite l'empire fut exercé par son fils, Chomasbelus (XapocaÇriloç) , pendant quatre nères et cinq sosses (2,700 ans) .Depuis, Xisuthrus et le déluge jusqu'à l'occupation de Babylone par les Mèdes, Polyhistor compte 86 rois et il désigne chacun d'eux par son nom ; d'après Bérose, il compte pour la durée de ces règnes 33,091 ans.

« Après ces rois, qui avaient occupé le trône pendant une succession d'années non interrompues, il dit que les troupes réunies des Mèdes se sont emparées de Babylone et y ont établi des rois. Il donne ici les noms de ces rois Mèdes, au nombre de huit, qui ont régné 224 ans, puis onze rois qui ont régné 48 ans. Il compte alors quarante-neuf rois chaldéens qui ont régné quatre cent cinquante ans.

« Ensuite neuf rois arabes pendant deux cent quarante-cinq ans; après cela il place Sémiramis qui a régné sur les Assyriens.

« Ensuite il énumère de nouveau et par leurs noms, quarante-cinq rois auxquels il accorde une durée de cinq cent vingt-six années.

« Puis vient un roi de Chaldée qui se nommait Phul, qui est mentionné dans l'histoire des Juifs et qu'ils appellent également Phul.

(Millier. Ber. Frag. de Reb.Bab.; p. 403.)

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