‹ Babylone et la ChaldéeChapitre 18 sur 92 · LA SIBYLLE · texte numérisé non relu

LA SIBYLLE

Suidas, sans indiquer la source à laquelle il a puisé, donne à la Sibylle le nom de Sambéthée (2xfi&h6ri) . Il s'exprime ainsi à son sujet :

« La Sibylle chaldéenne est ainsi nommée par les uns hébraïque, et également persique ; elle s'appelait de son nom propre Sambéthée, de la famille du bienheureux Noé. C'est elle qui prédit les exploits d'Alexandre le macédonien, et dont parle Nicanor, l'historien de la vie d'Alexandre; elle a fait mille prophéties sur le seigneur Christ et sa venue. Les autres Sibylles sont d'accord avec elle et on a de celle-ci vingt-quatre (?) livres traitant de tous les peuples et de tous les pays. »

Un peu plus tard, on confondait la Sibylle de Bérose avec la reine de Saba.

Il est facile de voir que le récit qui nous intéresse perd de sa consistance à mesure que le personnage dans la bouche duquel nous le trouvons ppur la première fois gagne en précision. Malgré la remarque de Richter qui s'appuie sur l'identité du récit d'Alexandre et du récit d'Abydène pour l'attribuer à Bérose, le doute est encore permis. Aussi, je ne saurais partager l'opinion de M. F. Lenormant qui fait remonter jusqu'à Bérose lui-même l'intervention du personnage de la Sibylle pour expliquer son récit. C'est une hypothèse qui attend encore sa justification.

Rien ne vient jusqu'ici établir l'origine chaldéenne de la tradition de la tour de Babel et de la confusion des langues. Il est certain qu'elle a dû circuler à Babylone, dans une antiquité relative, elle a dû même pénétrer en Grèce, longtemps avant Bérose ; mais toutes les conjectures que l'on pourrait faire, si ingénieuses qu'elles soient, n'auront pas la solidité d'un monument assyrien qui apporterait son autorité indiscutable.

S'il ne nous est pas permis de remonter à l'origine des faits qui ont expliqué la diversité des races et ]a diversité des langues dans les traditions de la Chaldée, il n'est pas moins certain que ces légendes y avaient cours à un moment qu'il ne nous est pas donné de préciser, et c'est à l'aide de ces deux grands faits que l'on a cherché à expliquer la diversité des races et la diversité des langues. C'est surtout à l'aide. des noms qui sont mêlés à ces événements qu'on a établi certaines conventions pour se reconnaître dans la discussion.

Il y a, en effet, des formules séduisantes dont il faut tenir compte, sans pourtant s'y croire enchaîné. La diversité des langues et des races est

un fait dont la philologie et l'histoire ont dû se préoccuper et qu'il est plus facile de constater que d'expliquer. Pour les besoins delà discussion, il a fallu donner des noms aux différentes familles qui peuplent le monde, et aux différentes formes des idiomes dont elles se servent pour se faire comprendre. En remontant à l'origine des choses on a trouvé, à un moment donné trois grandes individualités, qui paraissaient avoir imposé à leur descendance un caractère spécial et qui semblaient répondre merveilleusement aux besoins de l'etno graphie. C'est ainsi que Sem, Cham et Japhet, sont devenus les puissants rameaux auxquels on a rattaché les différentes races d'hommes qui composent l'humanité.

La philologie a suivi ces errements et de même qu'on avait reconnu trois races distinctes dans l'humanité, il a fallu trouver trois familles de langues pour correspondre à cette triple filiation, et dès lors on a eu des langues Sémitiques, Chamitiques et Japhétiques.

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