AB U— S H ARE IN
les restes d'un petit sanctuaire qui couronnait à l'origine le second étage. On trouve une grande quantité de morceaux d'agathe, d'albâtre et de marbre taillés et polis, ainsi que des petites pièces d'or pur, des clous grossiers de cuivre à tête d'or, le tout épars sur le soubassement du second étage et même sur celui de l'étage inférieur. Ces débris attestent la richesse de l'ornementation du sanctuaire qui se trouvait au sommet de la pyramide.
Autour de la ruine principale, M. Taylor a découvert plusieurs autres constructions, notamment au Sud. Il est parvenu à déblayer deux chambres dont les murs étaient recouverts d'une couche de plâtre rayée de lignes rouges, noires et blanches, larges de trois pouces.
Sur un autre point, à l'angle Nord du mont du Sud-Est, il a trouvé une suite de chambres dont les murs étaient recouverts de plâtre et dans l'une desquelles on voyait, grossièrement peinte, une figure d'homme tenant un oiseau sur son poing. On distinguait, derrière ce personnage, une figure plus petite peinte en rouge. La peinture et le dessin étaient, du reste, d'une exécution très-grossière.
Les autres parties des ruines ne permettent pas de reconstituer la forme primitive des monuments.
Eridu est la Rata des Grecs ; son nom se trouve parmi celui des villes que Sargon se vantait de tenir sous sa puissance, et ce fait indique qu'elle a dû avoir, à une époque quelconque, une autonomie qui lui a valu cet honneur.
Cependant les inscriptions qui recouvrent les briques de cette localité appartiennent, en général, à des princes qui avaient le siège de leur empire dans une des autres villes de la Basse-Chaldée, dont nous parlerons bientôt. Nous donnerons la traduction de ces documents à mesure que nous ferons connaître les personnages auxquels ils se rapportent, pour ne pas en scinder l'histoire.
Les souverains particuliers d'Eridu portaient le titre de Patesi et ne nous sont connus que par des fragments encore inédits. Rien de particulier ne paraît nous renseigner sur le caractère de la civilisation à laquelle nous devons rattacher les rois de cette époque. Ils sont, du reste, peu nombreux ; nous nous bornerons à les faire connaître d'après les indications de M. G. Smith.