‹ Babylone et la ChaldéeChapitre 23 sur 92 · RU 1 M ES · texte numérisé non relu

RU 1 M ES

D'ABU-SHAREIN

d'après le Plan de J.E.Taylor, Esq

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ABU-SHAREIN.

ABU-SHAREIN.

Nous avons vu que le premier Oannès était sorti de la mer Erythrée, pour apporter aux hommes les principes de la civilisation , et que c'est toujours de ce côté que se sont produites toutes les théophanies auxquelles nous pouvons rattacher les croyances religieuses de la Chaldée.

Il y a dans ces légendes une indication précise d'une importation étrangère, pour laquelle malheureusement nous n'avons pas de monuments. Les bords du Golfe-Persique n'ont pas encore été étudiés, et il est permis de croire que l'exploration des alluvions séculaires qui se sont formés à l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate, nous réserve des renseignements aussi précieux que ceux que nous possédons déjà pour éclairer l'histoire de la Haute-Asie.

Il y avait dans une île, située à quelque distance de la côte d'Elam, une ville sur laquelle nous possédons déjà des données suffisantes pour apprécier le rôle qu'elle a pu jouer jadis, c'était la ville de Dilvum. Sargon en parle comme d'un point important dont il s'était assuré la cod quête. Nébo et Zarpanirt paraissent y avoir été particulièrement adorés, et des fragments de la bibliothèque d'Assur-bani-pal montrent qu'elle possédait une école sacerdotale dans laquelle le prince assyrien faisait rechercher avec soin les anciennes traditions qui pouvaient s'y trouver. Dilvum était donc un des foyers de la civilisation qui s'est développée dans la Chaldée, d'abord, pour rayonner ensuite dans toute l'Assyrie.

Aujourd'hui les ruines de Dilvum se cachent peut-être dans les marais qui entourent Bender-DeilHm. La ville moderne est située à une cinquantaine de lieues, au nord de Bender-Bouschir, et paraît correspondre avec

les indications qui nous sont données dans les inscriptions de Sargon, sur la situation de l'antique cité, qui se trouve, dit-il, « à trente doubles heures au milieu de la Mer du soleil levant. »

Beaucoup d'autres localités pourraient sans doute être utilement explorées dans ces parages, mais le moment n'est peut-être pas encore venu de porter notre attention sur ces plages. En attendant, nous commencerons par le point le plus méridional de la Chaldée, et c'est en remontant le grand fleuve que nous arriverons à Babylone.

Les ruines d'Abu-sharein sont situées sur l'emplacement de l'antique Eridu. Elles s'élèvent sur une éminence à peu près au centre du lit desséché d'une mer intérieure.

L'aspect général de ces ruines est celui d'une forteresse entourée de murailles élevées, ayant à l'une de ses extrémités une sorte de donjon. Elles s'élèvent brusquement de la plaine sur la plate-forme traditionnelle qui sert de base aux constructions assyro-chaldéennes. Cette plate-forme est composée d'un massif de sable soutenu par un mur de 20 pieds de hauteur. Le pavé de cette plate-forme est composé de briques cuites au four, portant des inscriptions- Sous ce pavé on trouve une couche d'àrgile de 2 pieds d'épaisseur environ, et plus bas le sable.

L'édifice se dresse en forme de pyramide à une hauteur de 70 pieds environ .depuis la plate-forme jusqu'au sommet. Il est composé d'une masse, solide de briques séchées au soleil qui ont acquis la dureté de la pierre, et revêtu d'un mur de briques cuites au four, de 5 pieds d'épaisseur au sommet.

On gagne le premier étage du bâtiment par un escalier, ou plutôt par une rampe conduisant à l'étage supérieur qui forme le sommet de l'édifice. Une partie seulement de la construction primitive existe encore dans un état de conservation assez satisfaisant du côté du sud-est. Dans cette partie le mur est soutenu par quatre bastions qui ne participent pas de la forme générale du bâtiment. Sur les autres côtés le mur est parfaitement uni.

L'escalier avait 15 pieds de large sur une étendue de 70 pieds. Les marches étaient formées par des blocs de marbre dont on retrouve encore une certaine quantité.

Le sommet de l'édifice, dégagé des décombres qui ont pu tomber sur les parties inférieures, est à peu près uni. Toutefois, on peut remarquer

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