‹ Babylone et la ChaldéeChapitre 4 sur 92 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Voilà donc cette grande Babylone que j'ai bâtie pour la demeure de ma souveraineté, dans la force de ma puissance et dans l'éclat de ma gloire.

(Daniel, IV, 27.)

Les ruines de laChaldée étaient connues depuis longtemps, mais elles n'avaient pas attiré d'une manière spéciale l'attention de l'Occident. Dès le xvie siècle Eldred, Rauwolff et quelques voyageurs avaient signalé les restes imposants des anciennes constructions de Babylone. Plus tard, vers la fin du dernier siècle, Niebuhr en avaitdonné, lepremier, peut-être, une description satisfaisante ; puis les récits de l'abbé de Beauchamp, de Ker- Porter et de Rich, étaient venus augmenter l'intérêt qui commençait à s'attacher à ces ruines. Quoiqu'il en soit, c'est seulement au moment où on a pu soupçonner la possibilité de lire les nombreuses inscriptions qu'on découvrait sur les derniers vestiges de ces monuments, qu'on a entrepris une exploration sérieuse de la Mésopotamie inférieure. Le résultat des fouilles exécutées en Assyrie avait fait concevoir l'espérance légitime d'importantes découvertes.

Les monuments de la Chaldée devaient être, comme ceux de l'Assyrie, décorés de bas-reliefs et d'inscriptions .Les historiens grecs nous parlent des images des Dieux et des figures symboliques qui ornaient les temples. La Bible nous dit avec quel orgueil Nabuchodonosor contemplait les splendides sculptures de son palais au milieu desquelles il avait dû répéter son image et inscrire le récit de ses exploits. Cependant on n'a pas encore découvert dans ces ruines de grands bas-reliefs ni de longues inscriptions comme dans les palais assyriens. On serait tenté de croire que les rois de Chaldée n'avaient pas suivi l'usage traditionnel des rois d'As-

syrie ; une circonstance matérielle vient peut-être expliquer l'insuccès de nos recherches à cet égard.

Le sol de la Chaldée ne renferme qu'une terre argileuse essentiellement propre à la fabrication de la brique, le marbre et la pierre ne s'y rencontrent pas. Si on s'est servi jadis, dans les édifices de Babylone et des villes du Bas-Euphrate de ces précieux matériaux, ils ont attiré les premiers la convoitise des démolisseurs ; ils ont été employés depuis longtemps dans la construction de nouveaux monuments qui ont disparu à leur tour ; et, à la suite de transformations successives plus ou moins nombreuses, ils ont été réduits en poussière. Après le marbre et la pierre on a arraché les revêtements de briques ; on sait que depuis de longues années, les anciens palais de Babylone sont exploités comme des carrières qui alimentent aujourd'hui toutes les constructions modernes.

Mais si les grands bas-reliefs, si les longues inscriptions ont disparu, on peut espérer arriver à des découvertes d'une autre nature ; il est possible de rencontrer un jour des tablettes, des cylindres ou des barils analogues à ceux qui nous ont conservé le récit détaillé des campagnes des rois assyriens.

Il existe encore une autre source de renseignements. En effet, nous trouvons, dans les archives de Ninive, des fragments qui nous renseignent sur les rapports des deux empires et il est probable qu'on découvrira bientôt des documents plus étendus; c'est ainsi que l'histoire dont nous esquissons le cadre pourra se compléter un jour.

Si nous n'avons pas des détails aussi précis sur les rois de Chaldée, les monuments que l'on connaît déjà nous permettent de sortir des limites de l'histoire de l'Assyrie, de remonter plus haut et de descendre plus bas.

L'écriture des monuments delà Chaldée ne diffère de celle des inscriptions de Ninive que par des nuances paléographiques plus ou moins faciles à apprécier, mais qui n'entravent point la lecture des textes. C'est une des nombreuses variétés des écritures en caractères cunéiformes qui se rattachent au même type, et qui, pendant plus de vingt siècles, ont été en usage sur les bords du Tigre et de l'Euphrate.

La langue dans laquelle ces documents sont conçus est la même que celle des monuments de Ninive. C'est encore l'assyrien ou plutôt l'assyrochaldéen, si l'on veut comprendre dans la même désignation les deux peuples qui en ont fait le plus long usage.

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