‹ Babylone et la ChaldéeChapitre 5 sur 92 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous avons suivi, pour la transcription des noms propres, le principe que nous nous sommes toujours imposé. Quand un nom se présente, pour la première fois dans nos recherches, nous transcrivons, autant que possible, les articulations de sa forme originelle. Si ce nom se trouve dans des documents qui nous l'ont transmis à travers les âges, nous lui donnons, dans chaque document, la transcription que la tradition lui a consacrée. Il en est qui sont arrivés ainsi jusqu'à nous, après avoir été plus ou moins altérés, et qui finissent par avoir une forme essentiellement moderne, nous la leur conservons dans la discussion ou dans nos exposés, mais nous leur rendons, dans nos citations, celle que chaque document comporte, telle qu'elle est parvenue à notre connaissance, en remontant ainsi quelquefois jusqu'à la forme primitive.

11 est désormais inutile de rappeler l'origine et les développements des études philologiques qui ont permis de lire les documents de cette histoire. Ceux qui s'intéressent aux travaux de cette nature doivent être au courant de ces premières découvertes et connaître la part que nous y avons prise; notre but, dans ces pages, a été de réunir les résultats des travaux épars dont les monuments de la Chaldée ont été l'objet et d'y donner l'unité qui se dégage déjà de leur ensemble.

Nous croyons pouvoir distribuer les documents que nous avons recueillis en six groupes qui correspondent à six périodes.

La première période comprend les traditions légendaires qui nous sont transmises sur les premiers âges du monde et sur l'origine de la Chaldée.

La seconde période embrasse des faits qui touchent à l'histoire proprement dite : elle comprend les renseignements qui nous sont fournis sur l'état de ces contrées avant l'occupation des peuples qui, plus tard, en ont fait la gloire. Mais alors des invasions de différente nature ne nous permettent pas de distinguer la part qui revient à chacun. L'Assyrie et la Chaldée ont dû être soumises l'une à l'autre dans des temps reculés, sans qu'il soit possible de déterminer à qui l'on doit rapporter la prédominance primitive.

La troisième période comprend ce que nous nommerons «les premiers empires de Chaldée,» sans qu'il soit possible d'en fixer le point de départ. Ces empires se sont fait jour dans plusieurs localités du Bas-Euphrate pour s'absorber ensuite dans une unité puissante dont Babylone a été le centre. La limite supérieure de cette période peut être reportée à l'an 3000 a. J.-C. , elle se termine vers la fin du xne siècle avant notre ère.

> La quatrième période commence au moment où nous voyons la lutte s'engager entre l'empire d'Assyrie et l'empire de Chaldée. Tuklat-pal- Assar, vers l'an 1100 a. J.-C, porte les premiers coups à la puissance chaldéenne. Babylone, menacée d'abord, soumise après de longs efforts, devient la vassale de l'Assyrie. Cette période s'étend jusqu'à la chute de Ninive, vers l'an 625 a. J.-C.

La cinquième période s'ouvre au moment où Babylone a retrouvé son autonomie. C'est alors que la Chaldée va atteindre au plus haut développement delà puissance, c'est l'époque du «grand empire de Chaldée. » Les rois de Babylone restaurent ses palais et ses temples. Nabuchodonosor en fait une ville nouvelle et en porte l'influence sur la plus grande partie du monde civilisé. Cette période de grandeur s'étend jusqu'aux conquêtes de Cyrus.

La sixième période commence à la prise de Babylone par les Perses, l'an 540 a. J.-C. A cette époque l'élément arien s^avance à son tour à la conquête du monde. Pendant toute la durée du règne des Achéméiiides, la vie de Babylone n'est plus qu'une longue agonie, c'en est fait de la Chaldée. Nous comprenons dans cette période de décadence la domination macédonienne. Alexandre essaie en vain de rendre à la ville superbe sa grandeur passée, elle ne devait plus se relever. Nous n'essaierons pas de fixer par une date le moment où Babylone a disparu du monde, nous la suivrons quelque temps encore jusqu'à ce que la Chaldée tout entière ait été oubliée par les peuples de l'Occident.

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