‹ Babylone et la ChaldéeChapitre 46 sur 92 · Adar-nasir, préfet de] Nazamuya, vers le pays d'Itu · texte numérisé non relu

Adar-nasir, préfet de] Nazamuya, vers le pays d'Itu

781 . [Nalbar-likh , préfet de] de la ville de Nasibina, vers le pays d'Itu.

(W. A. I. I, pl. 52, rev.)

Si succints que soient les renseignements qui nous sont parvenus sur le règne cle ce roi, ils n'en sont pas moins d'une grande précision, malheureusement ils ne nous font pas connaître le nom des princes qui régnaient alors en Chaldée.

Parmi les documents qui viennent plutôt compliquer qu'éclairer cette phase de l'histoire, nous devons mentionner une inscription gravée sur une statue du dieu Nebo, découverte par M. Loftus, dans les ruines du palais de Nimroud ; elle est ainsi conçue :

« Au dieu Nabu, le gardien des mystères, le fils de Bit-Sakkil, l'auguste, le directeur des astres, le chef suprême, le fils du dieu desNukimut, le protecteur, le directeur des œuvres brillantes, le surveillant des légions du Ciel et de la Terre. Le tuteur de ceux qui bénissent son nom et qui lui prêtent une oreille attentive. Celui qui tient la table des destinées; le . .

auguste, celui qui s'élève, celui qui préside au lever du soleil

et à son coucher, celui qui marque le temps, le glorificateur de Bel ; le , Seigneur des Seigneurs, dont la puissance est immuable et pour qui le ciel a été créé, le vainqueur, l'auguste, le gardien dont la surveillance est bonne, le Dieu qui habite le temple de Bit-zida, au milieu de la ville de Kalah.

« Au seigneur suprême de son seigneur, le protecteur de Bin-nirari, roi du pays d'Assur, mon maître.

« Au protecteur de Sammuramat; la dame du palais, ma souveraine.

« Bel-hassi-ilumu, préfet de la ville de Kalakh, du pays de Khamdi, du pays de Sutgana, du pays de Timeni, du pays de Yatuna, a fait faire cetteimage pour protéger sa vie, pour prolonger ses jours, pour augmenter ses années, pour faire prospérer sa race.

« Qui que tu sois, toi qui vivras après moi, aie confiance en Nabu et ne te confie pas à un autre Dieu.

[W.A.I.I, pl. 35, n° 2.)

Nous avons cru devoir rapporter cette inscription en entier pour en apprécier un détail. En effet, le nom de Sammuramat qu'il renferme, et qui ne souffre aucune difficulté de lecture, puisqu'il est écrit ainsi tout entier phonétiquement

a provoqué une curiosité bien légitime, mais qui n'a pas été satisfaite. En effet, on a cherché à assimiler ce nom à celui de Sémiramis, non pas la

PHUL 139

Sémiramis légendaire de Ctésias, mais la Sémiramis d'Hérodote, celle (I. CLXXXIV) qui, d'après lui, aurait vécu cinq générations avant lareine Nitocris, qui devait être l'épouse de Nabuchodonosor, c'est-à-dire précisément à l'époque de Sammuramat.

Cette assimilation établie, on s'appuya sur un passage de la chronique d'Eusèbe où il est dit :

« Athose, qui est Sémiramis, fut fille de Belochus; elle régna douze ans avec son père.

On a tenté de nombreux efforts pour trouver le nom de Bélochus dans le groupe qui représente le nom du prince qui figure avec celui de Sammuramat dans l'inscription de Nebo. Ces efforts ont été inutiles; le nom du prince que nous nommons Ben-nirari, reste encore sans avoir reçu l'articulation phonétique qui l'exprimait jadis-, et jusqu'ici, du moins, rien n'autorise à affirmer l'identité de la Sammuramat, citée dans l'inscription de Nebo avec la Sémiramis, d'Hérodote. J'y vois, au contraire, de sérieuses raisons de s'abstenir et d'attendre de nouveaux renseignements avant de formuler un jugement qui ne serait pas ratifié.

Le nom de Ben-nirari, du reste, comme tous les noms dont la lecture est difficile, a ouvert le champ aux conjectures, et il a été l'objet des recherches d'une autre nature que nous allons examiner maintenant.

PHUL

Sis

La Bible nous fait connaître un prince assyrien du nom de Phul, qui fit une expédition contre Ménahem, roi d'Israël, vers l'an 770 a. J.-C. Ménahem avait hérité d'un trône qui était déjà soumis à l'Assyrie ; car, dès l'an 884, Jéhu avait payé un tribut à Salmanassar etavait reconnu sa souveraineté. Or, d'après la coutume, les souverains soumis devaient reconnaître, par un tribut, la suzeraineté du prince assyrien, au moment de son avènement. Ménahem, à ce qu'il paraît, avait négligé de se soumettre

à cette obligation envers Phul, et cette négligence le constituait en état de rébellion. Phul s'avança en conséquence contre lui etfitpasser une armée enPalestine; mais, aussitôt, Ménahem se bâta de faire sa soumission, et, ayant réuni, par une taxe forcée, la somme importante de 1 ,000 talents d'or, il la paya au monarque assyrien, qui consentit à le laisser sur le trône (II, Rois, 15, 20). C'est tout ce que la Bible nous apprend sur le règne de Phul, qu'elle qualifie de prince assyrien ; mais Eusèbe, d'après Bérose, cite également le nom de Phul, qu'il qualifie de prince chaldéen. Malgré cette double indication, on n'a pas encore rencontré, dans les documents assyro-chaldéens, de prince qui puisse répondre à ce nom.

Les synchronismes qui résultent de l'histoire des rois d'Israël où le règne de Ménahem est fixé, établissent qu'à cette époque le prince qui régnait sur l'Assyrie et la Chaldée était celui que nous nommons Ben-nirari, et comme ce nom résistait à une lecture satisfaisante, on a cru y découvrir, par des déductions philologiques ingénieuses, le nom de Phul. Ces déductions supposaient toujours que le nom de Phul était représenté par les signes qu'il fallait transcrire, il y avait là une pétition de principe qui a fait abandonner cette assimilation et qui a laissé sans identification possible le nom de Phul et le nom du roi dont on peut suivre l'histoire d'une manière succincte, il est vrai, mais régulière, et d'année en année ; or, à cette époque, nous ne trouvons aucune expédition des rois d'Assyrie contre la Palestine.

Les tables chronologiques des rois assyriens, qui nous permettent de suivre les événements pour ainsi dire sans interruption jusqu'au moment de la chute de Ninive, ne nous donnent d'indications, depuis l'année 781 jusqu'au règne de Nabonassar, en 747, c'est-à-dire pendant une période de 34 ans, que pour quatre expéditions entreprises par les rois d'Assyrie contre la Chaldée ; elles sont ainsi énoncées :

Sous Salmanassar IV:

« 776. [Nabu-illalak], ministre, vers le pays d'Itu.

(W. A. /.II, pl. 52, rev.)

Sous Assur-dan-il II :

« 770. [Assur-dan-il, roi du pays] d'Assur, vers le pays de Ganati.

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