‹ Babylone et la ChaldéeChapitre 49 sur 92 · W.A.I. II · texte numérisé non relu

W.A.I. II

ILULAYOS.

ILOULAYOS.

'llovlodoç.

D'après des calculs basés sur la liste desLimmu, Tiglat-Pileser mourut en 726, et il fut remplacé sur le trône d'Assyrie par Salman-Asar, le Salmanassar de la Bible, qui ne paraît pas avoir régné directement à Babylone. Les inscriptions de ce prince nous faisant défaut, nous ne pouvons enregistrer que le nom d'Iloulayos, d'après le canon de Ptolémée et constater les cinq années de règne qui lui sont attribuées.

MARDUK-B AL-IDIN .

La forme véritable du nom de ce prince nous est donnée par les inscriptions où il a été facile de le reconnaître, malgré l'altération qu'il a subie en devenant le Mzp§oxt[j.Tiâ§oç du canon de Ptolémée. La Bible nous le fait connaître dans la transcription pNba—piOO (Isaïe, xxxix, i). Il est évident que c'est par suite d'une erreur de copiste qu'on le dit « fils de Baladan. » En redoublant la fin de son nom, dans sa forme originale, on a l'explication de l'erreur.

Ce prince était fils de Yakin ; nous le voyons apparaître pour la première fois sous le règne de Tiglat-Pileser. Il gouvernait alors la province du Bet- Yakin, située sur le bord de la mer ; il se trouva englobé dans l'ensemble des princes, qui, après la conquête de Babylone, par le roi d'Assyrie, furent obligés d'accepter sa suzeraineté. Le texte est ainsi conçu :

« J'ai reçu les tributs de Balazu, fils deDakkuri, d'Adini. . de l'argent, de l'or, des. . des pierres. Les sujets de Marduk-bal-iddin, fils de Yakin, sous les rois mes pères, n'avaient jamais été soumis, ils n'avaient pas embrassé leurs genoux. La crainte immense d'Assur, mon Seigneur, les effraya et ils vinrent au-devant de moi, dans la ville de S api va. Ils embrassèrent mes genoux, je leur ai imposé de l'argent, de l'or, des produits de leur pays, des. . . des pierres sik, des pierres . . . des produits de la mer, des poutres de. . . des étoffes de laine, des boeufs, des moutons. »

{W.A. I., II, pl. 67, 1. 26-28.)

Cependant Mérodach-Baladan fut appelé à succéder à Ylulay os. Il quitta sa province du Bet-Yakin, et il vint à Babylone se mettre à la tête de la résistance que la Chaldée cherchait à opposer à l'Assyrie.

On possède quelques rares monuments de son règne. M. Place a trouvé dix-sept petites olives en briques, percées dans le sens de la largeur et sur lesquelles on lit des noms de femmes. Ces olives sont datées du mois sebat (février) des années 9, 10, 11 de Mérodach-Baladan ; l'une d'elles, conservée à Orléans, porte la date de la 12e année.

Comment ces monuments se trouvent-ils- à Korsabad? c'est ce qu'il est impossible d'expliquer. Voici ce qu'ils nous font connaître :

« Mannatammat acquise par Bakit-Alsi arba ta, le mois sebat de la 9e année de Marduk-bal-idin, roi de Bab-Ilu. »

« Fille Ekinu, acquise par Hamkan, au mois sebat de la 10e année de Marduk-bal-idin, roi de Bab-Ilu. »

« Femme Halalat acquise par Marnarih, au mois sebat de la 11e année de Marduk-bal-idin, roi de Bab-Ilu. »

Celle-ci est relative à un homme :

« Belhaïl, acquis par Marnari, au mois de sebat, la 10e année de Marduk-bal-idin, roi de Bab-Ilu. »

(Oppert, Inscription de Dur-Sarkayan, p. 27.)

Les textes établissent l'existence d'une grande fête au mois sebat. Mais quelle était cette fête ?

On a cru voir dans ces monuments la trace de l'usage des mariages babyloniens, ainsi décrits par Hérodote :

« Chaque année, dans les différentes localités, ils procèdent ainsi: toutes

MARDUK-BAL-IDIN .

les jeunes filles en âge de se marier sont réunies et conduites en un même lieu; autour d'elles les hommes se rassemblent en troupe. Alors le crieur public se lève et les met aux enchères l'une après l'autre, en commençant par la plus belle; puis, quand celle-ci a été adjugée pour beaucoup d'or, il passe à celle qui la suit comme agrément. Cette vente tient lieu de mariage. Tous les gens riches qui désirent se marier parmi les Babyloniens cherchent ainsi à se surpasser aux enchères pour avoir les plus belles filles ; mais les gens du peuple qui veulent se marier et ne tiennent pas à la beauté prennent les plus laides et reçoivent, en compensation, de l'argent des premières adjudications. En effet, quand le crieur public a achevé de vendre les jolies filles, il prend la plus laide de la troupe, celle qui a quelque difformité, et la met aux enchères en sens contraire, la donnant à celui qui consent à la prendre avëc le moins d'argent. C'est une adjudication au rabais. La vente des plus belles produit ainsi une somme d'argent qui dote les laides et les difformes. Il n'est permis à personne de donner sa fille à un homme de son choix. »

(Her, I, 196.)

Les premières années du règne deMérodach-Baladan ne paraissent pas avoir été troublées par les rois d'Assyrie. Des complications intérieures, dont les inscriptions ne nous ont révélé ni la nature ni l'étendue, ont dû surgir au moment de son avènement, et faciliter son établissement dans la Babylonie : les rois d'Assyrie poursuivaient leurs conquêtes du côté de la Palestine et de l'Arabie.

La prise de Samarie n'avait pas été un succès suffisant pour assurer la puissance assyrienne de ce côté. Sargon, qui était monté sur le trône d'Assyrie l'année même où Mérocîach-Baladan avait pris le pouvoir à Babylone, fut douze ans à s'apercevoir qu'il avait là un rival redoutable et qu'il était temps de songer à s'en délivrer.

Les renseignements, du reste, qui nous sont parvenus sur ces douze premières années se bornent à ceux qui nous ont été transmis par la Bible. Ezéchias, après une maladie qui avait mis ses jours en danger, avait recouvré la santé. Mérodach-Baladan, qui cherchait partout des alliés, comme nous le verrons plus tard, profita de cette circonstance pour lui adresser ses félicitations par des ambassadeurs qu'il envoya à Jérusalem. (Isaïe, xxxix.)

Ezéchias les reçut avec effusion ; la Bible nous apprend qu'il leur fit voir le lieu où étaient les aromates, l'or et l'argent, les parfums, les plus excellentes huiles, tout ce qu'il avait de meubles, et tout ce qui était gardé dans son trésor. Il n'y eut rien dans son Palais ni dans tout ce qu'il avait en sa puissance qu'il ne leur montrât. (Isaïe, xxxiv, 2.)

Mérodaeh-Baladan fut sur le point d'atteindre son but. Ce qu'il voulait au fond, c'était de former une alliance offensive et défensive avec le roi de Jérusalem ; elle était peut-être dans les idées des deux princes , elle était compromettante pour la Judée. Cette ambassade coïncide avec l'époque où le roi d'Assyrie était aux prises avec des ennemis puissants, en Arménie et en Médie. Le moment était opportun pour soulever la Syrie et la Chaldée, cependant le traité n'eut pas lieu, mais il ne fallut rien moins que l'éloquence prophétique d'Isaïe pour éclairer Ezéchias et le détourner d'une alliance qui aurait précipité la ruine de Juda.

« Des jours viendront, s'écrie le prophète, où l'on emportera à Babylone tout ce qui est dans ta maison et tout ce que tes frères ont amassé jusqu'à ce jour. Rien n'en restera, dit Jéhovah, et tes propres descendants seront pris pour être les eunuques du roi de Babylone ». (Isaïe, xxxix, 6.)

Les sages conseils prévalurent. Laprise de Samarie avertissait, du reste, que Jérusalem ne devrait sa tranquillité qu'au prix d'une stricte neutralité.

Si on veut se reporter aux textes, il sera facile de suivre l'accord qui existe, à cette époque, entre les documents assyriens et les documents bibliques, à la condition, toutefois, de faire subir une transposition aux chapitres qui sont consacrés à l'ambassade de Mérodaeh-Baladan et qui doivent nécessairement précéder les chapitres qui traitent des guerres de Sennachérib contre Jérusalem. Cette transposition est commandée par la chronologie qui résulte des textes sacrés eux-mêmes, et qui se trouvent ainsi en parfait accord avec les textes assyriens.

SAR-KIN

Mérodaeh-Baladan cessa de compter parmi les rois de Chaldée dans la douzième année de son règne. Cette date est fixée par le canon de Ptolé-

SAR-KIN

mée ; elle est confirmée par les inscriptions. Le prince que nous voyons apparaître alors est un conquérant ; c'est le vainqueur de Samarie. Il porte le nom de Sargon dans la Bible ; la transcription grecque en a fait Arkéanos (A-pxsâvoç). Depuis douze ans, Sargon avait laissé Mérodach-Baladan établir son pouvoir en Chaldée, mais le moment était venu d'étendre ses conquêtes de ce côté; c'était, alors, le seul ennemi qu'il eût à redouter. Il avait soumis l'Arménie, la Médie, la Syrie toute entière, et il avait poursuivi le roi d'Egypte jusque sur ses frontières. Babylone seule s'opposait aux conquêtes de l'Assyrie. Sargon nous raconte lui-même les campagnes qui le portèrent sur le trône de Chaldée. Le récit est consigné dans plusieurs exemplaires des inscriptions de ce monarque. Nous détachons celui de l'inscription dite des « Annales. » C'est le plus complet malgré les lacunes du texte qui laissent échapper quelques détails; le monarque assyrien s'exprime ainsi:

« Dans ma xne campagne, Marduk-bal-idin, fils de Iakin, roi du pays de Kaldi, qui avait établi sa demeure au milieu de la Mer du soleil levant, s'était fié à la mer et à la force de ses soldats. Il méconnut le culte des Grands-Dieux, il refusa le tribut. Il avait formé une alliance avec Khumbanigas, roi du pays d'Elam et il avait soulevé contre moi tous les peuples de la Mésopotamie. Il se prépara à la guerre et s'avança vers le pays des Sumirs et des Akkads. Il avait envoyé des ambassadeurs pendant douze ans contre la volonté des Dieux de Bab-Ilu, la ville de Bel, qui juge les Dieux ; mais Marduk, le Grand-Dieu, n'accorda pas sa protection aux actions blâmables du Roi du pays de Kaldu ; il les avait vues, et, avec son secours, il ordonna la perte du sceptre et du trône de sa royauté.

« C'est pourquoi, moi, Sar-kin, le roi pieux, j'ai été choisi parmi les Rois ; il (Marduk) a élevé ma tête dans le pays des Sumirs et des Akkads et il a augmenté mon courage et mes forces pour soumettre les hommes du pays de Kaldi, qui sont impies et rebelles.

« Avec l'aide de Marduk, mon Seigneur, qui soutenait mon courage, j'ai rangé mon armée«en bataille, j'ai résolu d'entreprendre une campagne contre ces rebelles. Et lui, Marduk-bal-idin, il apprit l'approche de mon armée, il fortifia ses places fortes , il rassembla les régiments de son armée et les troupes du pays de Gambul, dans la ville de Dur-Alkhar et à l'ap-

proche de mon expédition, il augmenta ses garnisons ; 600 cavaliers et 4,000 hommes de troupes formaient l'avant-garde, il releva leur courage. Ils ajoutèrent des ouvrages nouveaux à leurs places fortes. Ils creusèrent un canal à partir du fleuve Surappi .... J'ai marché contre lui jusqu'à l'heure du soleil couchant, j'ai fait 18,430 prisonniers avec tout ce'qu'ils possédaient, chevaux, ânes, mulets, chameaux, bœufs et moutons, le reste s'enfuit devant mon armée, ils se dirigèrent vers le fleuve

Ukni, inabordable Ils apprirent que j'allais attaquer la

ville, ils perdirent leur courage et s'envolèrent comme des oiseaux; j'ai emporté du fleuve Ukni des tributs considérables, des bœufs, des moutons. J'ai rebâti cette ville et je l'ai nommée Dur-Nabu, j'ai mis à la tête de la ville mon lieutenant pour gouverneur et j'ai imposé un tribut annuel de 1 talent, 30 mines d'argent, 2,000 mesures de blé. . . sur 20 bœufs, 1 bœuf. . . sur 10 moutons, 1 mouton. J'ai laissé à ces hommes...

« La ville de Karat-Nanna, la ville de Nabu-usallu. . . les villes ... de Dur. . . la ville de Makhiru, six villes du pays de Khubuya . . '. .la ville de Kar-Rakmïel, la ville de Yakgdi, deux grandes* villes. La ville. ' . . .la ville de Parasa, la ville de Ya . . . 3 villes du pays de Nahar-Iri, le territoire de la ville de Higaya, la ville

de la ville de Ariël, la forteresse deVannusyasana, la ville de

Rahi .... la ville de . . . .6 villes dépendant du pays de Kbilti, la ville de Haza. ... la ville de Supari, la ville de Hamadani, la ville de. . . .la ville de Yahyanu, 6 villes sous la domination

de Sahlani, la ville de la ville de Nami, la ville de Zaruti, la

ville de Sadani, la ville de . . . la ville de. ... 7 villes dépendant du territoire de Nagie. La ville de La ville d'Aslamir

dont les. . . . sont innombrables, les zik ri de la ville d'Àisamu, la ville de Paka, une ville de la domination de Dinaya.

« La ville de Samibaya, la ville de Babilie, la ville de. . ... la ville de d'Andan, la ville de Sikhraï, la ville dePatyael, la ville de Khula,

la ville de la ville de (lacune clans

laquelle on lisait la prise de Gambul) et j'ai imposé des tributs, .30 mines d'argent, sur 10 bœufs. . . 1 bœuf, j'ai réglé les contributions de chaque

année, j'ai offert les bœufs et les moutons aux Grands Dieux

j'ai occupé la ville de Dur-Atharu, je l'ai rebâtie, j'ai effacé son nom et je l'ai appelée la ville de Kar-Nabu, le pays de Khukanu, de Silburiti, de

SAR-KIN

Tibarsur, de Pasur, de Mahirut, de Khilmu, 6 places fortes dépendant du territoire de Gambul et les pays dépendant de ces places fortes et tout ce qu'elles renfermaient, j'ai tout pris et je l'ai ajouté à la couronne du pays d'Assur.

« Les hommes de Rua, de Kindar, de Iatbur, de Pukud apprirent la prise de Gambul, ils s'enfuirent à la faveur de la nuit et se dirigèrent vers les rives inabordables du fleuve Ukni. J'ai franchi le fleuve Umlias, le fleuve qui les protégeait par des plantations, j'ai élevé deux forts sur l'autre côté du fleuve. Ils emportèrent leurs effets et quittèrent les rives du fleuve Ukni. Ils prirent mes genoux, Yanaku, lieutenant de la ville de Zami, dépendant de Nabu-usallu, gouverneur delà ville d'Aburié, Pasan, Khaukan, préfet de Nakhan, Sahlu, préfet de la ville d'Huliya, les hommes nasikat du pays de Pukudu, Aphatu. préfet de Ruha, Humina, Samih, Sapkharu, Rapih, les hommes nasikat du pays deKhindar et les guerriers vinrent dans la ville du Dur-Askhari; ils embrassèrent mes genoux, je leur pris des otages et je leur imposai un tribut comme aux habitants du pays d'Assur, je les mis sous la dépendance de mon gouverneur de Gambul et j'ai consacré les bœufs et les moutons au dieu Nabu.

« Le reste des habitants du pays d' Arami (les Araméens) , gens perfides et les habitants des places fortes s'étaient tournés vers Mardukbal-idin et Sutruk-Nakhunti, les hommes d'Arimi s'étaient dirigés vers le fleuve Ukni. J'ai ravagé leurs demeures comme des décombres, j'ai abattu les arbres et les bois, j'ai ravagé leurs plantations et les produits de leur pays, j'ai livré leurs villages à mon armée, j'ai dirigé mes soldats sur les bords du fleuve Ukni, où ils devaient se réunir, ils leur livrèrent le combat et les mirent en fuite. Ils firent des prisonniers, ils s'emparèrent de leurs biens et se répandirent dans les villes de Rami, d'Abure, de Iaptir, de Makis, d'Illipau, deKaldan, de Pallian, de Khayamon, de Gadiyu, d'Amal, de Mukhan, d'Ama, de Khiur, de Sala, 14 places fortes qui, avec les villes de la vallée du fleuve Uhni s'étaient soustraites à mon obéissance. Ces populations vinrent des bords du fleuve Ukhi et s'humilièrent devant moi. Elles embrassèrent mes genoux. J'ai ravagé ces pays comme je les avais ravagés autrefois et je les ai mis sous la dépendance de mon préfet de Gambul. J'ai annexé au pays de Latbur les villes de Samunu et de Bab-Dur, les places fortes de Sutruna-

khunti, roi du pays d'Elam. J'ai réduit en captivité Ninu et Simgamsibu, les gouverneurs de ces places fortes, 75,020 hommes du pays d'Elam,

qu'ils avaient sous leurs ordres, 12,069 hommes de J'ai pris

des issumbi, des'chevaux, des ânes, des moutons, des chameaux et des richesses innombrables. J'ai rebâti la ville de Samunu, j'ai effacé son nom et je l'ai nommée la ville de Bit-Bagar.

« Muzib, Natnu, Aïlun, Daizan, préfet de Lahir, Airimmu, gouverneur de la ville de Sula . . . . et . . ' . . . les 7 nasikat du pays deTatbur, amenèrent dans mon camp, des chevaux, des ânes, des bœufs et des moutons, et ils embrassèrent mes genoux en signe de soumission. J'ai ajouté au territoire du pays d'Assur la ville deLakhir, du pays de

Iatbir, les villes de Sulan, de de Samunu, de Bab-Dur,

les forteresses de Yatbur, les villes d'Aklimmu, de Pellut, dépendant du pays d'Elam, et les villes de la vallée du fleuve Nadit.

a Les villes de Tul-Khumba. . . . de Bubie, de Khaman, les garnisons des places fortes du pays de Ras s'étaient retirées devant la force de mes armes et s'étaient réfugiées dans la ville deBet-Imbi. Quant à Sutruk-Nakhunti, leur roi, il se retira avec eux dans les montagnes éloignées pour sauver sa vie.

« Sous la protection d'Assur, de Nabu et de Marduk, j'ai traversé le fleuve Purat avec mes armées et je me suis dirigé vers la ville de Dur- Ladin, au pays de Bet-Dakuri. J'ai rebâti la ville de Dur-Ladin et j'y ai réuni mes soldats, les héros de mes batailles.

« La gloire d'Assur, de Nabu, de Marduk que j'avais répandue dans ces contrées, retentit dans Bab-Ilu ; Marduk-bal-idin l'entendit au milieu de son palais, il eut peur, il sortit de nuit avec ses auxiliaires et ses troupes, il se dirigea vers le pays de Yatbur au pays d'Elam. Il offrit en présent à Sutruk-Nakhunti, roi du pays d'Elam, son passur en argent, son trône

en argent, son parasol en argent, son en argent, son nir-

maktu en argent, les insignes de sa royauté d'un prix considérable ; il voulait qu'il soutienne son parti. Il prit les troupeaux des hommes d'Elam et évita ma rencontre en poursuivant sa marche, sans faire connaître son

chemin. 11 apprit la défection du chef des siens

il réunit ceux qui lui restaient et se prépara au combat. Lui et ses auxiliaires quittèrent le pays de Yatbur et se retirèrent dans la ville de l'Ikbibel, où ils se crurent en sûreté.

SAR-KIN

« Les habitants de Bab-Ilu et de Barsip, les Grands du palais, les chefs de Tannée, les savants (?) et ceux qui marchent devant les mahirut du pays qui leur était confié, apportèrent devant moi les sihut de Bel, de Zarpanit, de Nabu et de Tasmit dans la ville deDur-Ladin. Les habitants de Bab-Ilu m'appelèrent. J'ai répandu l'allégresse dans la ville de Bel et de Marduk, qui juge les Dieux. Alors je suis entré dans la ville et j'ai immolé des victimes pures aux Grands-Dieux.

« J'ai établi ma puissance au milieu du palais de Marduk-bal-idin, et j'ai reçu les tributs des pays d'Arimi, d'Amukani et de Dakkuri.

« Les rois qui m'ont précédé avaient creusé autrefois un canal à Barsip . J'en ai fait un nouveau à la gloire de Nabu, de Marduk jusqu'à la ville de Su-an-na-ki (Babylone).

« Les habitants de Hamarana s'étaient soustraits à mes armes puissantes, ils s'étaient retirés dans la ville de Sippara, ils avaient résisté à l'attaque des gens de Bab-Ilu. Dans ma sagesse, je leur ai envoyé mes Pontifes pour gouverneurs, ils s'approchèrent avec confiance et ils ne résistèrent plus.

« Pendant mes loisirs, pendant le temps du repos, le mois sebat (janvier) arriva. C'est le mois où se lève le Maître des Dieux. J'ai pris les mains de Bel, de Marduk, de Nabu, le roi qui régit les légions du Ciel et de la Terre et j'ai parcouru le chemin du Temple des Trésors. J'ai érigé devant (les divinités) deux Taureaux sculptés, égaux, avec des ailes d'oiseaux, avec leur katri j'ai accompli des sacrifices. .

. . . aux Dieux des Sumiri et des Akkads.

« Dans ma XIIIe campagne, dans le mois aïru (avril), je suis parti delà ville de Su-an-na-ki (Babylone), j'ai disposé mes forces. . . . je suis

allé vers les villes de , Bidaya, Ikbi-bel, Khi.

Marduk-bal-idin avait levé des contributions sur les villes dJUr, Larsa, Kisik, Nivit-Laguda. Il rassembla son armée à Dur-Yakin, il fortifia ses retranchements , il fit mesurer un asla autour de ses remparts, il creusa un fossé de deux plèthres (?) (200 grandes mesures de largeur) et d'un harsa de profondeur, jusqu'à ce qu'il arrivât au niveau des eaux ; puis il pratiqua une tranchée à partir du fleuve Purat et divisa, en plusieurs conduits, le cours supérieur du fleuve. Il entoura la ville d'une digue, le centre de la rébellion, il remplit d'eau ces fossés et coupa les digues. Lui et ses compagnons donnèrent l'ordre aux soldats d'élever en l'air les in-

signes de sa royauté, il disposa son armée. Par la grâce d'Assur, de Samas, de Marduk, mes guerriers s'avancèrent vers les cours d'eau comme des. ...... J'ai marché avec résolution contre lui et ses

gardes royales, je les ai dispersées devant lui comme des arli, j'ai porté le désordre parmi ses soldats et ses cavaliers à mesure qu'ils avançaient,

j'ai percé moi-même les dans les zibit mulmulli et le roi

comme un zikhu gagna avec peine la Grande Porte de la ville.

« J'ai moissonné comme des asli le peuple de Pukudu et les gens de Marsana qui les accompagnaient, j'ai semé la terreur de la mort parmi les autres soldats. J'ai pris les insignes de sa royauté, le trône de sa royauté, le sceptre d'or, lepasar en or, le parasol en or, les uduni en or et en argent, des armes, des boucliers, des engins de guerre. J'ai fait prisonniers tous les hommes qui habitent le pays et qui s'étaient soustraits à mes armes dans Dur- Yakin. J'ai pris le pasir, les troupeaux de bœufs, les chameaux, les moutons et les chèvres. Les armées puissantes d'Assur pillèrent cette ville pendant trois jours et trois nuits et enlevèrent un riche butin. . . . J'ai pris 80,570 prisonniers, 2,070 chevaux, 700 ânes, 6,054 chameaux. . . . j'ai reçu. . . . et tout ce que mon armée avait enlevé. J'ai ordonné de ne rien laisser sortir ni entrer en ville et j'ai tout enfermé dans la ville . . . J'ai détruit les plantations, j'ai abattu les arbres. . . . j'ai délimité la superficie de la ville. . . . j'ai. . . . j'ai amoncelé. . . . une grande quantité de. . . . que j'ai mis dans la forteresse.

« Et Marduk-bal-idin, reconnaissant sa faute, fut frappé de terreur. La peur immense de mon armée le brisa, il abandonna son sceptre et son trône et il baisa la terre en présence de mon ambassadeur. Il abandonna ses forteresses, il s'enfuit et on ne revit plus sa trace. J'ai appelé son il s'inclina devant moi, je lui ai accordé sa grâce. J'ai pris l'or, l'argent, les pierreries, les métaux, le zu am ki . . . . . les ninnati, les pierres ha, les pierres. . . . , les. . . . , le cuivre, les métaux qui avaient été accumulés depuis de longues années par les princes ses prédécesseurs et ses ancêtres,- 1,000 chevaux, 800 ânes. . . . 30,000 giziati en or, les instruments, . . . .les trônes en or, les. . . . en or . . . les. . . . produits des fleuves.

« J'ai livré aux flammes la ville de Dur-Yakinr je l'ai ravagée, j'ai

SAR-KIN

livré aux flammes son antique forteresse, j'en ai arraché la pierre de fondation, j'en ai fait un monceau de ruines.

« J'ai permis aux habitants de Sipara, de Nipur, de Bab-Ilu, de Barsip, de continuer à vivre dans leurs villes, sous ma surveillance. Ils se livrèrent à la culture des champs qui appartenaient depuis un temps reculé aux Suti, ils se les approprièrent ; j'ai mis sous ma dépendance les Suli du désert, j'ai rétabli leurs anciennes frontières.

« J'ai rétabli à Ur, à Uruk, à Rata, à Larsam, à Zirgurla, à Kisik, à Nivit-Lagucla, les Dieux de leurs sanctuaires, je leur ai rendu les Dieux qui leur avaient été enlevés et j'ai rétabli leur culte qui était tombé en désuétude.

« J'ai établi une contribution régulière sur le pays de Bet-Yakin, inférieur et supérieur, jusqu'aux villes de Samuna, deBab-Dur, de Dur-Telit, deBabu, de Tut-Khumbu, qui dépendent du territoire d'Elam. J'y ai fait demeurer les hommes de la ville cle Khummuk au pays de Khatti, que mon bras avait vaincus par la protection des Grands-Dieux, mes maîtres. J'ai établi le siège du gouvernement d'Elam dans la ville de Sakbat. J'ai chargé Nabu-pakid-ilan de percevoir les tributs d'Elam. J'ai pris pour gage la forteresse de ce pays et je l'ai confiée à mon lieutenant, le gouverneur de Bab-Ilu, et à mon lieutenant, le gouverneur de Gambul. »

(Botta, pl. ii, 34 et suivv.)

Les inscriptions ne nous renseignent pas sur les événements ultérieurs qui se sont accomplis en Chaldée. Sargon continue, à garder le titre officiel de Roi de Babylone : des contrats d'intérêt privé portent une double date, celle de son règne, comme roi d'Assyrie, et celle de son règne comme roi de Babylone. On lit, en effet, sur une tablette d'intérêt privé du Musée-Britannique, la date d'un contrat, ainsi relatée ;

« Dans la ville de Kalakh, au mois de sebat (janvier) du Limmu de Mutakkil-Assur, préfet de Guzan, l'an xve de Sar-kin (le second), roi du pays d'Assur, et l'an ni du roi de Bab-Iliu »

Quoi qu'il en soit, il paraît que Sargon délégua son autorité effective d'abord à ses lieutenants, et, dans les derniers temps, à son fils Sennachérib. Mais alors une nouvelle insurrection était imminente en Chaldée, et le pays était déjà très-agité lorsque des faits d'une autre nature appelèrent précipitamment le fils de Sargon en Assyrie.

Ier INTERRÈGNE.

'AêactXeÛTOç 7rp&yroç.

Sargon paraissait jouir de ses triomphes, il venait d'inaugurer par des fêtes splendides le palais delà ville à laquelle il avait donné son nom, au pied des montagnes, non loin deNinive ; il comptait sur la fermeté de son fils pour maintenir la Chaldée lorsqu'il fut assassiné sous le Limmu de Pakar-bel.

A cette date, le canon de Ptoléoiée enregistre la mention d'un interrègne qui a duré deux ans et sur lequel les inscriptions ne fournissent aucun renseignement.

Cette lacune est en partie comblée par un passage de Bérose rapporté dans la version arménienne d'Eusèbe. On j apprend que le signal de la révolte fut donné par un certain Hagigès dont le pouvoir éphémère aurait duré trente jours. Il fut tué par Mérodach-Baladan, accouru du pays d'Elam où il s'était réfugié après sa défaite et qui venait se mettre à la tête de la révolte.

BEL-IBUS.

Sennachérib succéda à son père sur le trône de Ninive, mais il ne paraît pas avoir pris le titre de Roi de Babylone, qu'il fallait reconquérir. Son premier soin, dès qu'il fut au pouvoir, fut de marcher contre la Chaldée. La guerre devait être terrible, implacable. Voici comment il nous raconte lui-même ses campagnes :

« Dans ma première campagne, j'ai vaincu Marduk-bal-idin, roi de Kar-Dunias, et les armées dupays d'Elam, dans les environs de la ville de

BEL-IBUS.

Kis. Pendant la mêlée, il (Marduk-bal-idin) s'enfuit en laissant ses bagages dans le pays, de Guzummani, sur les bords du Nahar-Agammé ; il gagna les marais pour sauver sa vie. Je lui ai fait expier sa rébellion. Ses chars, sa cavalerie, les machines do guerre qui étaient sur le champ de bataille, se tournèrent contre lui; je suis entré dans son Palais dans la ville deBab-Ilu. J'ai mis la main sur son trésor, j "ai pris son or, son argent, des vases d'or et d'argent, des pierres précieuses, son mobilier, ses vêtements, des objets de prix, sa femme, les hommes du Palais, les dignitaires, les hommes lesesclaves mâles et femelles, les domestiques, toute la garnison, je les ai fait sortir du Palais et je les ai vendus comme des esclaves. J'ai envoyé à sa poursuite mes soldats dans le pays de Gunzinam jusqu'au canal et dans les marais. Ils le cherchèrent pendant cinq jours,, mais ils ne parvinrent pas à découvrir sa retraite. Avec l'aide d'Assur, mon seigneur, j'ai assiégé 76 places fortes du pays de Kaldu et 820 forteresses de la frontière ; je les ai occupées, je m'en suis emparé. J'ai fait sortir de leurs demeures les tribus d'Urbi, d'Aramu, de Kaldu, qui se trouvaient dans les villes d'Erech, de Nipur, de Kis, de Ur et de Cutha, ainsi que les habitants de la ville révoltée, et je les ai vendus comme des esclaves. J'ai élevé à la royauté Bel-ibus, le fils d'un Astrologue qui avait été élevé avec mes officiers dans mon palais. »

(Layard, pl. 63-64, 1. 6-15.)

Bel-ibus est le BiXîêcç du canon de Ptolémée ; il parvint à se maintenir au pouvoir pendant trois ans malgré les difficultés avec lesquelles il se trouvait aux prises. Il tomba sans résistance sérieuse, car Sennachérib se tait sur son compte. Un fragment de Bérose nous apprend que le vainqueur envoya ce Bel-ibus expier sa faute dans les prisons de l'Assyrie.

ASSUR-NADIN.

Cependant l'insurrection n'était pas réprimée, elle s'était réfugiée dans le Sud de la Chaldée où la guerre était plus difficile pour les armées assy-

riennes qui ne devaient pas être au courant des ressources que les inondations périodiques du fleuve offraient pour la défense de certains points. On sait par la Bible et par Hérodote, dont les récits se trouvent confirmés sur ce point par le silence même des inscriptions, que Sennachérib avait éprouvé des revers sérieux en Egypte et en Palestine. C'était le moment de tenter un soulèvement en Chaldée, Mérodach-Baladan en fut l'âme et l'instigateur. Du fond de sa province du Bet-Yakin, il convia à la révolte toutes les tribus de la Chaldée et le peuple de Babylone. Il trouva moyen de se créer un puissant auxiliaire dans un chef d'une des tribus araméennes voisine de Babylone, il fit plus, il pactisa aveci le préposé de Sennachérib. Voici comment s'expriment les inscriptions sur cette guerre qui amena sur le trône Assur-nadin, YA.T:apacva§iôi; du canon de Ptolémée, plus facile à reconnaître, peut-être, dans la forme Assordanos, de Bérose, qui nous est transmise par Eusèbe.

« Dans ma ive campagne, j'ai prié Assur, mon Seigneur. J'ai assemblé mon armée et j'ai résolu de marcher contre le pays de Bet-Yakin. Pendant cette campagne, j'ai vaincu, dans la ville de Bittu, Suzub, gouverneur de Kalkak, sur les rives du Nahar-Agammi. "Mais lui, il évita de croiser le fer avec moi, son courage l'abandonna, il s'enfuit comme un . et on n'a jamais revu sa trace.

« Alors je me suis dirigé vers le pays de Bet-Yakin. Ce Marduk-balidin, que j'avais vaincu dans ma première campagne et dont j'avais abattu l'orgueil, redoutait l'approche de mes forces immenses et l'issue des combats; il prit ses Dieux, comme signe d'une victoire, dans leurs sanctuaires, il les fit embarquer sur des navires, et il s'enfuit comme un oiseau vers la ville de Nagit-rakki, située au milieu de la mer. Je fis sortir de la ville de Bet-Yakin, sur les rives du Nahar-Agammi, au milieu de marais, ses frères, ceux de sa race qui avaient abandonné les rives de la mer, et les grandes familles de ce pays . Je les ai emmenés et je les ai vendus comme des esclaves. J'ai démoli les villes, j'en ai fait un désert. J'ai répandu la terreur parmi les maîtres des talimi et parmi les hommes du pays d'Elam.

« A mon retour, j'ai placé sur le trône de sa royauté Assur-nadin, mon fils aîné, l'espoir de ma bénédiction, et j'ai mis sous son gouvernement la direction du vaste pays des Sumirs et des Akkads. »

(W.A.I. pl. 39, c. 3, 1. 42.)

RÉGÉBÉLUS. ' 161

Le canon de Ptolémée compte six ans de règne à Assur-nadin. Pendant ce temps, Babylone paraît avoir joui d'une tranquillité relative. Sennachérib avait besoin de réparer les forces de son armée, aussi ses annales ne mentionnent à cette époque qu'une campagne sur les frontières de la Médie et de la Susiane. Il s'occupa de l'organisation intérieure, et il fit élever à Ninive ces belles constructions qui nous racontent aujourd'hui la grandeur de l'Assyrie.

REGEBELUS.

Après la mort d' Assur-nadin, deux vice-rois, vassaux de l'Assyrie, lui succédèrent. D'abord Régébélus, en 693. Son règne fut de courte durée.

MÉSÉSI-MORD ACHUS .

Régébélus fut remplacé l'année suivante, en 692, par Mésési-Mordachus, qui régna quatre ans.'

Nous ne connaissons ces deux princes que par les données du canon de Ptolémée. Sennacbérib n'en fait pas mention, il se borne à constater que pendant tout ce temps Babylone resta soumise à son sceptre.

IIe INTERRÈGNE.

'AêaaikevTOi Ssvrépoç.

Une nouvelle révolte se préparait ; elle éclata à Babylone même et paraît coïncider avec les huit années d'anarchie qui sont enregistrées dans le canon de Ptolémée. Pendant ce temps-là, les annales de Sennachérib nous font

connaître les malheurs qui ont accablé la grande cité, aux prises avec une guerre extérieure et avec une révolte intérieure non moins désastreuse.

« Dans ma vi° campagne, les tribus du pays de Bet-Yakin avaient méprisé ma domination puissante. Ils avaient comme des

burimi. Ils avaient réuni leurs Dieux, protecteurs de leur pays dans les arches sacrées et ils avaient franchi la Grande Mer du Soleil levant. Ils s'étaient établis dans la ville de Nagiti, au pays d'Elam. J'ai traversé la mer sur des vaisseaux du pays de Khatti (de Syrie). J'ai traversé les villes de Nagiti, de Nagiti-dibbin et le pays de Khilmu, la ville de Nilatan et le pays de Khupapan. J'ai attaqué le pays d'Elam, j'ai emmené en captivité les hommes du pays de Bet-Yakin, leurs Dieux et les troupes du roi du pays d'Elam. J'ai tout ravagé. Je les ai fait embarquer et je les ai transportés sur les rives opposées pour les diriger vers le pays d'Assur. J'ai détruit les villes de ces contrées, je les ai démolies, je les ai réduites en cendres, j'en ai fait un désert et un monceau de ruines. »

(W. A . 1. 1, pl. 40, c . iv, 1. 21-34 . )

SUZUB.

L'insurrection n'était pas vaincue ; mais Mérodach-Baladan, après avoir été pendant quarante-trois ans à la tête de l'indépendance babylonienne n'avait plus la vigueur de ses premières années , on sait qu'il fut abandonné par les siens.

L'inscription des annales de Sennachérib passe dédaigneusement sous silence la fin malheureuse de Mérodach-Baladan et continue ainsi :

« A mon retour, Suzub, un enfant de Bab-Ilu que le peuple rebelle avait porté au pouvoir dans le pays des Sumirs et des Akkads, s'avança pour me livrer bataille . Je l'ai vaincu. Il tomba vivant dans mes mains. J e lui ai laissé la vie en signe d'alliance avec le dieu Adar, et je l'ai fait conduire au pays d'Assur. Le roi du pays d^Elam . . . . vint à son se-

SUZUB.

cours. Je l'ai mis en fuite et j'ai chassé les habitants de son pays. J'ai brisé son orgueil. »

(W. A. Z. I, pl. 40, c iv, 1.35.)

L'inscription de Nabi-Yunus, plus explicite, nous donne les détails suivants :

« Les habitants du pays de Bet-Yakin s'étaient soustraits à ma domination, ils avaient pris les Dieux de leur pays et ils les avaient emportés avec eux à travers la Mer. J'ai traversé la Mer sur des navires du pays de Khatti que j'avais fait construire à Ninua et à Tul-Barsip. J'ai attaqué les villes situées dans ces contrées et je les ai livrées aux flammes. J'ai pris les habitants de Bet-Yakin avec leurs Dieux et les sujets du roi d'Elamj je les ai transportés au pays d'Assur. Après cela, les principaux habitants de Bab-Ilu, qui étaient auprès de Marduk-bal-idin, s'enfuirent en se cachant; ils appelèrent à leur secours le roi d'Elam, qui mit sur le trône Suzub, fils de Gatul. J'ai augmenté les hommes de guerre, les chars, les chevaux, la force de ma royauté pour combattre le roi d'Elam, ils lui tuèrent beaucoup de soldats, ils le laissèrent seul et ils revinrent à Ninua.

« Mes guerriers s'emparèrent (des images) de Samas d'Orchoé, de Militta, deRat-isi, de Militta d'Uruk, de Nanna, delà déesse Usur-Alatsa, de la déesse Istar, des dieux Bidin et Bisit, de Nirgal, des Dieux qui habitent Uruk, avec leurs trésors et leurs propriétés sans nombre.

« Après une grande bataille, Suzub, roi de Bab-Ilu, tomba vivant entre leurs mains, ils le mirent en prison et l'amenèrent en ma présence devant un des portiques de Ninua. »

(W.A.I.l, pl. 43, 1. 21-32.)

Sennachérib consacra l'année suivante à une guerre contre Elam, dont l'issue ne paraît pas avoir été heureuse, car il revint à Ninive sans avoir atteint son but. Puis il porta de nouveau la guerre en Chaldée ; l'insurrection avait pris des proportions considérables.

« Dans ma vme campagne, le règne de Suzub prit fin ainsi. Les hommes de Bab-Ilu, qui voulaient se révolter, fermèrent les grandes portes de la ville. Leur esprit s'endurcit, ils en vinrent aux hostilités. Suzub, de la tribu deKalban, khum dun et perfide, s'était soustrait à la domination du préfet de Lakhir. Un homme de la ville d'Aruzika, un transfuge coupable de sang versé, devint son complice. Il habitait sur les rives du fleuve

Nahar-Agammi , il méconnaissait les lois. Je voulais l'atteindre pour avoir son sang et sa vie, mais il s'enfuit vers les rebelles du pays d'Elam. A l'aide de ruses et de perfidies, il revint du pays d'Elam et s'avança au milieu de Bab-Ilu.

« Les gens de Bab-Ilu le mirent sur le trône, parce qu'il n'était pas soumis à Elam. Ils lui confièrent la royauté sur le pays des Sumirs et des Akkads. Il ouvrit le trésor du Bit-Saggatu; il s'empara de l'or et de l'argent consacrés à Bel, il pilla les temples pour en donner le produit à Umman-Minanu, roi d'Elam, ce'qui n'a pas d'égal. Il lui envoya des ordres ainsi: « Dispose de ton armée, prépare tes forces, marche vers Bab-Ilu et fortifie nos mains . . . . ô toi, homme!. . . . . . . ». Cet

homme d'Elam, dont j'avais, dans une expédition antérieure, attaqué et pris les villes, se soumit à ces projets. Il imposa les villes, il disposa ses armées et ses forces, il augmenta sa puissance avec des chars, des instruments de guerre, des chevaux et des bêtes de somme. Les tribus de Parsuas, de Anzan, de Pasir, d'IUipi, de Yas-il, de Lakapri, de Karzan, les villes de Dummuku, deBulaï, de Samut, du fils de Marduk-bal-adan, les pays de Bit-Adin, de Bit-Amukan, deBit-Sala. .... la ville de

Lakhir, les tribus de Pukud, de Gambul, de Khalat, de Rua, d'Ubul, de Malakh, de Rapik, de Kindar et de Damum, firent alliance avec lui et se portèrent vers le pays des Akkads.

« Ils arrivèrent à Bab-Ilu, vers Suzub, de la tribu de Kalban. Ils le déclarèrent, dans leurs proclamations, roi de Bab-Ilu ; ils augmentèrent son orgueil. Ils s'avancèrent pour leurs desseins comme des sauterelles (?) qui arrivent en bande pour le pillage. La poussière de leur marche s'éleva sur la terre et monta vers les cieux comme un nuage d'hiver. Ils s'établirent en ligne de bataille dans la ville de Khaludi, sur les bords du fleuve Diglat. Ils inspectèrent leurs soldats en ma présence. Pour moi, je me confiai à Assur, à Bin, à Samas, à Bel et Nabu,.à Nirgal, à Istar de Ninua et à Istar d'Arbaïl, les Dieux mes protecteurs. J'ai demandé leur secours contre l'ennemi qui s'avançait vers moi. Les Dieux entendirent ma prière et ils m'accordèrent leur protection. Alors je me suis mis en

garde

« Je suis monté sur mon char élevé pour balayer mes ennemis, j'ai pris dans mes mains l'arc puissant qu' Assur m'a confié. J'ai réuni autour de moi les armes qui donnent la mort et je me suis précipité comme un feu

SUZUB.

terrible sur les armées rebelles Avec l'appui d'Assur,

mon Seigneur, je me suis avancé comme une tempête pour les détruire, et j'ai répandu la terreur dans les rangs des ennemis. Avec l'appui d'Assur et le choc de la bataille, j'ai attaqué leurs forces, j'ai ébranlé leurs bataillons. L'armée rebelle se replia devant mes coups terribles et leurs chefs, réduits au désespoir, délibérèrent entre eux. Khumba-Adasa, le Nagir

du roi du pays d'Elam , celui qui surveillait l'armée

et commandait en chef, accepta des bracelets splendides en or et des anneaux en or, il accepta des monceaux d'or brillant pour le prix de sa trahison ; il les livra sans défense je les ai vaincus. J'ai

détruit leur plan de bataille et je les ai mis à mort; ils jonchaient la terre

comme des , les harnais, les armes, les trophées de ma

victoire nageaient dans le sang des ennemis comme dans une rivière. Mes chars de bataille qui écrasent les hommes et les animaux, avaient dans leur course broyé leurs corps. J'ai élevé, comme un trophée, des monceaux de cadavres et j'en ai coupé les extrémités des membres. J'ai mutilé ceux qui sont tombés vivants en mon pouvoir, je leur ai coupé les mains , je me suis emparé de leurs bracelets, j'ai pris des monceaux d'or, tous les objets qu'ils possédaient. J'ai repris les cadeaux en or et en argent qu'ils s'étaient partagés.

« Les Grands et Nabu-labar-iskun , fils de Marduk-bal-idin , qui avaient réuni leurs forces contre moi, tombèrent vivants dans mes mains. J'ai pris leurs chars, leurs chevaux, j'ai laissé ceux qui avaient été traînés dans la bataille. J'ai emmené comme prisonniers les chefs, et deux hàsbu (deux jours) après, j'ai résolu leur mort. Umman-Minanu, roi d'Elam, le roi de Bab-Ilu, le roi des Nasikkan, du pays de Kaldi et ceux qui marchaient sous ses ordres, abandonnèrent leurs armes et leurs tentes, ils

s'enfuirent du champ de bataille comme des pour sauver

leur vie, en passant dans leur fuite sur les cadavres de leur armée. Ils bru

lèrent dans leurs chars les sinal et abandonnèrent leurs ,

j'ai accordé la vie à ceux qui se rendirent et acceptèrent ma domination.»

(W.A. I. I, pl. 40, 41, c. v, l. 5, 24, c. vi, 1. 24.)

Mais il fallait en finir avec la grande cité et frapper un coup décisif. Sennachérib était maître de Babylone ; il prit froidement une résolution terrible, il essaya de l'anéantir. Il la livra d'abord au pillage de ses soldats ; puis il ordonna de détruire par le fer et par le feu tout ce qui pou-

vait subsister de sa grandeur. Les inscriptions de Bavian nous racontent ainsi les détails de cette dévastation calculée :

« Pour la seconde fois, je me suis avancé vers Bab-Ilu. Je suis parti en toute hâte, j'ai passé comme un ouragan dévastateur, j'ai soufflé comme un vent brûlant, j'ai pris la ville, je l'ai livrée aux flammes . ... je n'ai épargné ni les hommes, ni les enfants, ni les esclaves. J'ai rempli de leurs cadavres les environs de la ville. J'ai transporté, dans mon Pays, Suzub, roi de Bab-Ilu, lui, sa famille et tout ce qui était tombé vivant dans mes mains. J'ai pillé le trésor de la ville, j'ai livré aux mains de mes soldats l'or, les pierres précieuses, les richesses de son trésor, et je l'ai

enlevé à son armée. J'ai pris les Dieux de son cœur par

la main de mes soldats

« Bin, Sala, les Dieux de la ville d'Ekali, que Marduk-idin-akhi, roi du pays d'Akkad, avait enlevés à Tuklat-pal-Asar, roi du pays d'Assur, avaient été transportés à Bab-Ilu depuis 418 années environ, je les ai eulevés de Bab-Ilu et je les ai remis à leur place dans la ville d'Ekali.

« J'ai détruit la ville et ses palais, depuis les fondations jusqu'au faîte, je les ai livrées aux flammes, j'ai ravagé les remparts, les autels, les temples, les Zigurrat et tous les ouvrages en briques. . . . »

(W. A. I. III, pl. 43,1. 40-54.)

Cependant Babylone, ainsi, ruinée et saccagée, n'était pas encore anéantie; elle devait se relever un jour plus puissante que Ninive.

ASSUR-AKHI-IDIN.

Sennachérib, maître de Babylone, sans y avoir jamais régné, appela son quatrième fils, Assarhaddon, à la vice-royauté de Babylone. C'est ce prince que nous voyons figurer dans le canon de Ptolémée, après les huit ans d'anarchie que la Chaldée avait traversée, sous le nom peu déguisé de 'A.aapl$bjoç et qu'on reconnaît moins facilement dans la forme Ardumuzanes, donnée par Eusèbe, d'après Bérose; c'est le prriDN de la Bible.

ASSUR-AKHI-IDIN .

A la mort de son père, lorsqu'il monta sur le trône de Ninive, Assarhaddhon comprit que, si la force n'avait pu réduire la grande cité, on pourrait peut-être l'assimiler à l'Assyrie par des moyens moins violents ; il résolut d'y habiter et de relever ses ruines.

Nous trouvons d'abord dans ses inscriptions un protocole qui nous fait connaître ainsi ses titres :

« Assur-akhi-idin, roi grand, roi puissant, roi des Légions, roi du pays d'Assur, Sakkanaku des Dieux à Bab-Ilu, roi des Sumirs et des Akkads, roi de Musuri (l'Egypte), de Miluhi (Méroé) et de Kus (l'Ethiopie), etc.»

Puis on voit qu'une de ses premières préoccupations fut de rétablir la paix dans la Chaldée. Un fils de Mérodach-Baladan, Nabu-zir-napsati- Assur, qui continua à régner dans le Bet-Yakin avec l'appui des Elamites, resta pendant trois ans en paix dans ses Etats ; il fut alors inquiété par Assarhaddon qui avait gagné à sa cause un propre fils de Mérodach-Baladan. Aussi, nous lisons :

« J'ai renversé Nabu-zir-napsati-Assur, fils de Marduk-bal-idin qui avait eu confiance dans Elam, mais il ne parvint pas à sauver ses jours. Naid-Marduk, son frère, reconnut ma souveraineté pendant qu'il s'était réfugié en Elam; mais lui, il vint à Ninua, ma capitale, il s'inclina devant moi et je lui ai confié la souveraineté sur les pays situés au bord de la mer qui avaient été sous la dépendance de son frère. » •

( W. A . I. I, pl. 45, 1. 32.)

La paix étant ainsi assurée, Assarhaddhon s'occupa à relever les ruines que la révolution et la guerre avaient amassées. Nous trouvons d'abord sur une brique de Tel-Amran, une inscription ainsi conçue :

« Au dieu Marduk, son Seigneur, Assur-akhi-idin, roi dupays d'Assur, roi de Bab-Ilu, a relevé et a construit les autels du Bit-Saggatu, le temple des bases de la terre. »

(W.A.I.Î, pl. 48, n° 9.)

Mais ce n'est pas tout ; l'inscription qui recouvre le monument connu sous le nom de « pierre d'Aberdeen, » énumère les nombreuses constructions de Babylone que Assarhaddhon a restaurées.

« Quant aux édifices de Bab-Ilu, j'ai fixé pour la construction du Bit-Saggatu, par un décret, l'année et le jour, en présence du Dieu

. Je me suis prosterné, j'ai réuni toutes mes troupes et toutes les tribus des habitants de Tirat-Dunias. J'ai allumé des bois d'aloës, j'ai rendu la liberté aux captifs que j'avais pris de mes mains. . . \ J'ai disposé les matériaux que j'avais apportés des hautes montagnes ; puis je me suis mis la couronne sur la tête et j'ai ordonné aux Grands de se prosterner devant moi. Je me suis réservé une place dans le palais couvert de ka-arari, construit avec du bois d'ébène, de santal et de lentisque. J'ai fait mouler des briques pour le Bit-Saggatu, le temple des Grands-Dieux et pour ses merveilles.

« Bab-Ilu est la ville des lois, Imgur-Bel est son rempart, Niviti-Bel est son enceinte. J'ai élevé ces constructions depuis les fondations jusqu'au sommet ; je les ai fait construire, je les ai fait fortifier. J'ai fait faire l'image des Dieux, je les ai fait honorer, j'ai restauré leurs demeures (?) éternelles

qui étaient endommagées j'ai .... suivant leurs

désirs, j'ai orné le . . . .j'ai soumis les hommes de Bab-Ilu aux lois que j'ai fondées et que j'ai faites. »

{W. A. I. I, pl. 50.)

SAMAS-IBNI.

(Vers 676 a. J.-C.)

Les inscriptions nous font connaître un certain Samas-ibni, un instant révolté contre Assar-Haddhon, mais qui rentra bientôt dans le devoir. Aussi le canon de Ptolémée n'en fait pas mention. Le texte assyrien du prince que nous avons déjà cité, s'exprime ainsi :

« J'ai rétabli la paix dans le pays de Bit-Dakkuri, situé au pays de Kaldi, près de Bab-Ilu où s'était établi S amas-ibDi, le roi impie qui n'adorait pas le Seigneur des Seigneurs, il avait enlevé les tablettes des hommes de Bab-Ilu et de Barsippa; mais moi, soumis au Maître souverain et à Nabu, j'ai restitué ces tables et je les ai rendues aux hommes de Bab-Ilu et de Barsippa , j'ai placé sur le trône (de Bet-Dakuri) Nabu-sallim, fils de Balazu que j'ai chargé de faire observer mes lois.»

(W. A. I. I, pl.48, cii, L 42.)

SALUMMU-KIN.

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SALUMMU-KIN.

Cependant Assarhaddhon, atteint d'une maladie qui devait le conduire au tombeau, sentit un jour qu'il n'était plus en état de supporter le poids de ses conquêtes. Le 12 aïru du Limmu de Mar-la-arme (12 avril 667), il se démit du trône d'Assyrie en faveur de son fils aîné, Assur-bani-pal, et se réserva le commandement de la Babylonie.

A sa mort, qui eut lieu l'année suivante, l'empire de Chaldée fut réuni de droit à l'empire d'Assyrie dans les mains d' Assur-bani-pal ; mais ce prince comprit aussitôt que, si il lui était indispensable de garder sa souveraineté, il lui était peut-être avantageux de déléguer son titre, il appela donc au trône de Chaldée son jeune frère, Salummu-kin, dont il n'est pas facile de reconnaître le nom dans celui de Saosdoucin, le locoadov-^lyoç du canon de Ptolémée, pas plus que dans celui de Sammugkès, le prince qui, d'après Bérose, au rapport d'Eusèbe, aurait régné vingt-un ans à Babylone.

Assur-bani-pal tenait beaucoup à avoir la haute main sur les affaires de Babylone. Une tablette assez fruste du Musée-Britannique nous montre avec quelle complaisance il fait revivre dans ses titres ceux des anciens monarques du premier empire, et en même temps avec quel empressement il cherche à se concilier l'esprit du peuple en faisant de riches présents aux Dieux de la Chaldée (W. A. I. II, pl. 38, 2). Il est certain d'un autre côté qu'il y avait à la cour de Babylone un vieux parti national qui voulait s'affranchir du joug de l'Assyrie. Ce parti poussa Salummu-kin à la révolte, la guerre éclata entre les deux frères, après quatre ans de tranquillité.

Voici comment Assur-bani-pal raconte les péripéties de cette guerre fratricide.

« Salummu-kin, mon plus jeune frère, auquel j'avais

• . . et que j'avais appelé au trône de Bab-Ilu. Je lui ai donné . .

, des chariots • et , des villes, des

champs et des bois. J'ai établi des tributs et des impôts plus considérables que ceux que mon père avait établis. Il refusa ces arrangements et trama des complots perfides. Il voulut s'affranchir le joug de ma domination

que j'avais établie sur le pays d'Assur. Il feignit de

réclamer mon alliance des ennemis sur des navires,

et, pour obtenir mon appui, il les envoya devant moi à Ninua.

« Moi, Assur-bani-pal, roi du pays d'Assur, à qui les Grands-Dieux

ont confié le pouvoir, leur J'ai reçu les enfants de Bab-

Ilu, je les ai mis sur des trônes, je leur ai donné des vêtements superbes, j'ai orné leurs pieds avec des anneaux d'or et les enfants de Bab-Ilu furent reçus au pays d'Assur et honorés suivant mes ordres. Mais lui, Salummukin, mon jeune frère, ne tint pas compte de ma suprématie, il souleva le peuple des Akkads, de Kaldu et d'Aram et les peuples de la côte depuis la ville d'Akaba jusqu'à Bab-Salimi, qui étaient sous ma dépendance et les insurgea contre mon pouvoir. Et Umanigas, le fugitif, qui avait accepté l'appui de mon royaume et que j'avais élevé à la royauté d'Elam, et les rois du pays de Guti, du pays de Martu (la Syrie), du pays de Miluhi (l'Ethiopie) qui, par l'ordre d'Assur et de Beltis, s'étaient confiés à mes mains, se révoltèrent contre moi et firent cause commune avec lui. Les peuples de Sippara, de Bab-Ilu, de Barsip, de Chuta, rompirent les rapports de confraternité et soulevèrent les garnisons qui occupaient leurs

forteresses. Il me déclara la guerre il se détourna de la

face de Bel, fils de Bel, lalumière des Dieux, de Samas, du guerrier Adar,

le don de mes mains , il s'empara

des villes que j'avais prises, des demeures des Dieux dont j'avais restauré les temples, que j'avais ornées avec de l'or et de l'argent et dont j'avais rétabli les images, il trama des complots perfides.

« Dans ce temps-là, j'ai eu une apparition au milieu de la nuit ; j'ai fait ce rêve : « Voilà ce que prépare Sin à ceux qui complotent contre Assurbani-pal, roi du pays d'Assur ; un combat se prépare, une mort honteuse les attende» Adar détruira leur vie par l'épée, par le feu, par la famine. » J'ai entendu ces paroles et je me suis préparé à accomplir la volonté de Sin, mon Seigneur.

« Dans ma vie campagne, j'ai réuni mon armée et j'ai résolu de marcher contre Sallumu-kin. J'ai assiégé ses garnisons dans les villes de Sip-

SALUMMU— KIN.

para, de Bab-Ilu, de Barsip, de Cutha, je les ai prises dans les villes et en rase campagne, je les ai mises en déroute; le surplus, d'après l'ordre de Adar, périt par la famine. Ummanigas, roi d'Elam, fut pris par mes mains, lui qui avait reçu des subsides et qui était venu à son aide. Tamarritu se révolta contre lui, il le fit périr par l'épée, lui et une partie de sa famille. Ensuite Tamarritu qui, après Ummanigas, s'était assis sur le trône d'Elam, ne rechercha pas l'alliance de ma royauté. Pour aider Salummu-kin, mon frère rebelle, il s'avança pour combattre mon armée, il prépara ses armes. J'ai adressé ma prière à Assur et à Istar, ils accueillirent mes supplications et ils entendirent les paroles de mes lèvres. Indabigas, son serviteur, se tourna contre lui et le mit en déroute sur le champ de bataille. Tammaritu, roi d'Elam, en présence de la tête décapitée de Tiummanu adressa des paroles mensongères ; il l'avait décapitée en présence de mon armée, et il parla ainsi: « Je n'ai point tranché la tête

du roi d'Elam en présence de son armée. •» Et il ajouta :

« Ummanigas a seulement embrassé la terre en présence d'Assur-bani-pal, roi du pays d' Assur. » Pour ces faits, qu'il avait dénaturés, Assur et Istar

s'éloignèrent de lui, et Tamarritu, ses frères, ses

les descendants de la maison de son frère avec 85 princes qui l'avaient précédé avant Umbanigas s'enfuirent, et avec les. ......

dans le cœur ils arrivèrent à Ninua. Tammaritu embrassa mon pied royal et se couvrit la tête de poussière devant l'escabeau de mes pieds. Et lui, pour prévenir mon ordre, il le fît de lui-même pour accomplir sa sentence et pour mon service. D'après l'ordre de Assur et de Istar, il se soumit à ma volonté, il se tint devant moi et glorifia le pouvoir suprême des Dieux qui étaient venus à mon secours.

« Moi, Assur-bani-pal, au cceur généreux, je l'ai relevé de sa trahison , j'ai pardonné à Tammaritu et je l'ai reçu, lui et

les rejetons de la famille de son père dans mon palais.

« Dans ce temps-là, lepeupledes Akkads qui s'était lié avec Sallummukin et qui méditait la défection, fut accablé parla famine. Ils en furent réduits à prendre pour se nourrir la chair de leurs fils et de leurs filles .

Assur, Sin, Samas, Bin, Bel, Nabu, Istar de

Ninua, la Reine des kit mu ri, Istar d'Arba-Ilu, Adar, Nirgal et Nusku, qui marchent devant moi pour détruire les ennemis, jetèrent Salummu-kin,

mon frère rebelle, qui avait combattu contre moi, dans un feu dévorant et détruisirent sa vie.

« Et le peuple qui avait suivi Salummu-kin, mon frère rebelle, devait le suivre parce qu'il avait accompli des choses mauvaises, il avait mérité la mort, il ne trouva pas de grâce. Ce qui ne fut pas brûlé avec Salummu-kin, son maître, s'enfuit devant le tranchant du fer, l'horreur de la famine, et les flammes dévorantes pour trouver un refuge. La colère des Grands- Dieux, mes Seigneurs , qui n'était pas éloignée, s'appesantit sur eux, pas un ne s'échappa, pas un ne fut épargné, ils tombèrent tous dans mes mains avec leurs chariots de guerre, leurs harnais, leurs femmes.

« Les trésors de leurs palais furent apportés devant moi. Ces hommes, dont la bouche avait tramé des complots perfides contre moi et contre Assur, mon Seigneur, j'ai arraché leur langue et j'ai résolu leur perte. Le reste du peuple fut exposé vivant devant les grands Taureaux de pierre que Sinakhi-érib, le père de mon père avait élevés, et moije les aijetés dans le fossé; j'ai dispersé leurs membres, je les ai fait manger par des chiens, des bêtes fauves, des oiseaux de proie, des animaux du ciel et de la nier. En accomplissant ces choses, j'ai réjouit le cœur des Grands-Dieux, mes Seigneurs..

« Les cadavres des hommes que Adar avaient détruits et qui avaient péri par la famine furent jetés aux chiens et aux animaux sauvages.

« J'ai réduit à l'esclavage leurs lieutenants à Bab-Ilu, à Cuthâ, à Sip-

para ; j'ai les splendeurs de leurs sanctuaires, j'ai

relevé leurs tours glorieuses. J'ai rétabli dans la pourpre et dans le. . . . . . leurs Dieux déshonorés et, leurs Déesses outragées, j'ai rétabliles institutions qu'ils avaient perdues comme aux jours anciens. Le reste des enfants de Bab-Ilu, de Cutha, de Sippara, qui avait résisté aux souffrances'et aux privations, reçut son pardon; j'ai ordonné d'épargner leur vie et je les ai fait rester à Bab-Ilu.

« Les peuples d'Akkad, ceux de Kaldu, d'Aramu et des bords de la

mer qui s'étaient réunis à Salummu-kin, retournèrent

dans leurs provinces. Ils se révoltèrent contre moi. D'après l'ordre d' Assur et de Beltis, les Grands-Dieux, mes protecteurs, j'ai marché contre eux et les ai soumis à la domination d'Assur. Je leur ai imposé les lois d'Assur et de Beltis, les Dieux du pays d'Assur et les tributs et les redevances des provinces soumises à ma domination. »

(W.A.I. III, pl. 20, c. iv, 1.6. — pl.21,c. v. 1. 43.)

NABU-BEL-SUM.

NABU-BEL-SUM.

(Vers 660 a. J.-C.)

Cependant la puissance de Babylone ne paraissait pas devoir être renversée tant qu'il resterait un descendant de la race de Mérodach-Baladan. Son petit-fils, Nabu-bel-sum, que nous voyons un instant aspirer au pouvoir, s'était uni à la grande révolte de Salummu-kin ; il l'avait peut-être inspirée, à en juger par les moyens qu'on employa pour l'atteindre. On lit, en effet, dans les annales d'Assur-bani-pal :

« Nabu-bel-sum, le petit-fils de Marduk-bal-idin, qui s'était révolté contre mon pouvoir, qui avait rejeté le joug de ma puissance, qui s'était réuni au roi d'Elampour se fortifier, s'était fié à Ummanigas, à Tamaritu, à Indabigas, à Ummanaldas, les rois qui avaient occupé le trône d'Elam. J'ai envoyé un messager à Ummanaldas avec des pouvoirs pour traiter de la reddition de Nabu-bel-sum. Nabu-bel-sum, petit-fils de Marduk-balidin, apprit l'arrivée de mon messager en Elam et son coeur fut saisi de crainte. Il se livra au désespoir, il ne voulut pas tomber vivant en mon pouvoir, il désira la mort, il parla ainsi à son écuyer : « Frappe-moi avec mon épée, » et son écuyer le transperça avec son épée d'acier; puis il se transperça lui-même. Ummanaldas eut peur et il remit à mon messager le corps

de Nabu-bel-sum qui avait refusé de se rendre ainsi

que la tête de son écuyer qui s'était détruit par le fer, et il l'envoya en ma présence ..... Je lui coupai la tête et j'ai fait mettre sur un pal Nabuyunti-zabat, le mumakir de Salummu-kin, mon frère rebelle, qui s'était enfui avec lui pour passer en Elam. »

(W. A. I. III, pl. 23, c. vu, 1. 43-69.)

Un bas-relief du palais d'Assur-bani-pal représente en effet la tête du dernier descendant de Mérodach-Baladan suspendue devant le roi d'Assyrie au milieu d'un banquet.

Assur-bani-pal est peut-être le prince que les compilateurs de Bérose désignent sous le nom de Sardanapal.- Ce n'est pas, dans tous les cas, le Sardanapal qui a péri au milieu des flammes de son palais. Il n'est pas facile de déterminer à quelle époque ce prince a pu exercer son autorité personnelle sur la Chaldée, et cependant nous devons le compter parmi les rois de Babylone puisqu'il en a pris le titre.

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