‹ Babylone et la ChaldéeChapitre 51 sur 92 · L'EUPHRATE · texte numérisé non relu

L'EUPHRATE

On a pendant longtemps cherché à établir, par l'étymologie des noms du Tigre et de l'Euphrate, le caractère ethnographique du peuple qui, le premier, les avait nommés. Les découvertes modernes, en faisant connaître la forme primitive ou du moins la forme la plus antique du nom de ces fleuves, paraissaient devoir faire résoudre la question ; il n'en a rien été. Les signes qui le composent ne répondent à aucune des transcriptions qui nous ont été transmises, soit par les Juifs, soit parles Grecs, soit même par les Assyriens. Il nous reste, pour le nom de ces deux fleuves, un idéogramme qui échappe à toute tentative d'une lecture phonétique sérieuse. Le complexe qui désigne l'Euphrate semble signifier « le Fleuve du pays de la région du jour. » Il y a loin de là aux renseignements qu'on prétendait tirer de la transcription assyrienne Purat, elle est bien voisine de celle qu'on trouve dans laBible (ms) , et qui n'a rien de sémitique; elle rappelle également YEùypdzriç des Grecs, calqué svrYUfrâtauvâ des Achéménides, qui n'a aucun caractère arien. Ces mots ne peuvent donc nous renseigner sur l'origine du nom du plus grand fleuve de l'Asie occidentale. Il faut nous en tenir encore, sur- ce point, à cet inconnu que nous cherchons à pénétrer et sur lequel la lumière se fait de plus en plus.

BABYLOJNTE ET LÀ CHALDEE.

Lesrpnseignements qui nous parviennent sur cet âge nous permettent seulement d' affirmer que la forme la plus antique des noms de mers, de villes, de fleuves et de pays que nous pouvons découvrir dans ces contrées n'est ni arienne, ni sémitique, et qu'il faut en chercher ailleurs l'explication.

L'Euphrate appartient à Babylone comme le Tigre appartient à Ninive . La position de ces deux villes a fait leur grandeur. Il y a, en effet, des points dont l'importance est fixée par la nature même des choses et qu'il n'est pas donné à la volonté de l'homme de modifier. Babylone était le centre nécessaire de la civilisation qui devait s'étendre alors des rives de l'Indus aux bords de la Méditerranée. Les autres capitales, dont quelques-unes pouvaient rivaliser d'antiquité avec elle, ont successivement disparu, et dans laBasse-Chaldée, et dans l'Assyrie: Babylone a survécu. Sa position sur l'Euphrate lui assurait cette supériorité inévitable.

L'Euphrate, en effet, a un développement immense. Au-dessus de Babylone, il touche à la Syrie, il pénètre dans l' Asie-Mineure par l'une de ses branches, il exploite toute l'Arménie par les autres ef reçoit les produits des pays montueux qui bordent le Pont-Euxin. Au-dessous de Babylone, il communique avec l'Océan par un cours tranquille, accessible à la navigation du Golfe Persique, le centre le plus actif du commerce de cette grande phase de la civilisation. Aussi, lorsque le moment fut venu où l'empire assyro-chaldéen dut atteindre son plus grand développement, ce ne fut point Ninive qui devint la reine du monde, mais Babylone qui, vaincue et saccagée, resta cependant la capitale du grand empire de Chaldée.

Babylone devint pour ainsi dire, à cette époque, une ville nouvelle. A part quelques traces des restaurations d'Assarhaddon, on ne rencontre rien qui rappelle la ville antique, et Nabuchodonosor paraît en être le véritable fondateur.

Aujourd'hui, cette immense cité n'est plus connue que par ses ruines. Nous essaierons d'abord d'en donner une idée en suivant la relation de l'expédition française en Mésopotamie, qui les a fait connaître avec une admirable précision.

Baiylone et la Chaldee .

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