LES QUAIS
Entre le Kasr et Babil il y a un endroit où depuis longtemps on exploite des carrières de briques ; en 1853, M. Oppert examina ces restes, un peu au Nord du village de Kowairesch. L'Euphrate avait baissé alors d'une manière considérable et permettait de voir an-dessous de l'eau des constructions qui se prolongeaient jusqu'à une distance où la profondeur du fleuve ne permettait plus de distinguer les briques. Ce mur portait tous les caractères d'une construction hydraulique. Les briques étaient plus dures, très-rouges et complètement enduites de bitume. Celles du côté de la rive avaient une teinte grise jaunâtre ; la direction du mur était de 15° 0. vers N. 15° E., et atteignait dans le prolongement le côté droit de Babil.
Ces briques portent le nom de Nabonid et confirment la donnée de Bé- . rose, où il est dit, en effet, que Nabonid fit construire les quais de Babylone.
L'Euphrate antique suivait à peu près la direction qu'il a aujourd'hui. Le quai bâti par Nabonid et commencé peut-être par Nériglissor, s'étendait par toute la ville dans une longueur de 160 stades, ce qui équivaut presque à la diagonale d'un carré ayant 120 stades de côté.
M. Oppert a retrouvé des traces de ce quai, un peu plus bas, à la hauteur d'Amran-ibn-Ali, et une inscription de Nériglissor indique la part que ce roi a prise à la construction de ces quais.
Cette partie du quai occidental existe dans toute sa hauteur vis-à-vis d'Amram et peut-être que le monticule recèle les restes mêmes du palais.