‹ Babylone et la ChaldéeChapitre 61 sur 92 · LES MURS DE LA CITÉ ROYALE · texte numérisé non relu

LES MURS DE LA CITÉ ROYALE

Les historiens Grecs qui nous ont parlé de l'étendue de Babylone, sont d'accord pour nous dire qu1 elle était limitée par une enceinte, mais quand ils en indiquent l'étendue, c'est là que commence la divergence.

Hérodote ne parle que d'une seule enceinte, qu'il nomme « forte et grande » . Bérose, d'accord avec les inscriptions, semble également ne considérer qu'une enceinte ; mais Diodore, au rapport de Ctésias, parle de plusieurs auxquelles il donne des dimensions différentes. Il est peut-être possible de retrouver sur les ruines la trace de toutes ces enceintes.

Diodore, qui rapporte toutes les constructions de Babylone à Sémiramis, s'exprime ainsi :

« Autour du Château, dont la façade regardait l'ouest, elle fit (Sémiramis) une première enceinte de 60 stades, fortifiée par des murs élevés et confectionnés avec un grand art. En deçà de celui-ci, elle en bâtit un autre tout autour, sur les briques duquel on avait représenté, avant la cuisson, des animaux de tous genres, qui imitaient la réalité par l'habileté avec laquelle on avait disposé les couleurs. Cette enceinte avait 40 stades de longueur ; sa largeur était de 300 briques ; la hauteur, selon Ctésias, de 50 brasses. Les tours s'élevaient à une hauteur de 70 brasses. Tout à l'intérieur des tours, elle fit une troisième enceinte qui entourait le château, dont le périmètre était de 20 stades ; mais la longueur et la largeur de la construction dépassaient de beaucoup celle du mur intérieur. Sur les tours et les murs étaient représentés des animaux de tous genres, exécutés selon les règles de l'art quant aux couleurs et à l'exacte imitation des figures. Le tout représentait un parc de chasse rempli d'animaux différents, dont la grandeur était de plus de 4 coudées. Au milieu d'eux se trouvait aussi Sémiramis, montée à cheval, frappant de son dard une panthère ; tout auprès d'elle était son mari, Ninus, qui, de sa main propre, traversait un lion d'un coup de lance.

« Cette résidence était de beaucoup supérieure à celle qui est située de l'autre côté du fleuve, au point de vue de la grandeur et de l'apparat. Celleci avait une enceinte de 30 stades faite en briques cuites. Au lieu de ia représentation des animaux, il y avait des statues en bronze de Ninus et de Sémiramis, ainsi que des grands dignitaires, puis celle de Jupiter, que les Babyloniens nomment Belus, etc. »

Une grande partie du mur de 60 stades, dont parle Diodore, est encore debout et on peut en poursuivre les traces sur plusieurs kilomètres. Cette enceinte était bâtie comme les autres murs babyloniens, de terre, revêtue d'un ouvrage en briques cuites. On arracha les briques et le noyau resta un simple monceau de terre.

Page 1