‹ Babylone et la ChaldéeChapitre 75 sur 92 · INSCRIPTION DU CYLINDRE DE CAMBRIDGE · texte numérisé non relu

INSCRIPTION DU CYLINDRE DE CAMBRIDGE

On a trouvé à Babylone un cylindre conservé à la Bibliothèque du collège de la Trinité, à Cambridge, qui nous donne des détails trèsprécis sur les travaux qu'il a terminés. Ce monument nous fait connaître le nom de son père, Bel-labar-iskun, qui n'a pas régné et qui n'est pas, du reste, accompagné des titres royaux que les rois assyrochaldéens répétaient dans leur généalogie. Cet important document, qui a été traduit par M. Oppertpour la première fois, est ainsi conçu :

(C. 1, 1. 1.) — « Nirgal-sar-usur, roi de Bab-Ilu, qui fortifie le Bit-Sag-

gatu et le Bit-Zida, le héros des choses glorieuses, celui à qui le plus grand des Dieux a donné le pouvoir pour qu'il règne longtemps. Marduk, le premier-né des Dieux, celui qui règle les destinées, l'a chargé de veiller sur les destinées des peuples ; il l'a nommé à la royauté (riuti) des hommes. Nabu, qui naît de lui-même, a chargé sa main du sceptre de la justice pour la gloire et le bonheur du pays. Le dieu Na m'a donné sa force. (Je suis) fils de Bel-labar-iskun. Moi.

(C. 1, 1.15.) — «Nous disons ceci: Marduk, le Grand Seigneur, a élevé ma tête, il m'a confié des pays et des peuples pour les gouverner. Moi.

(C. I, 1. 17.) — « J'ai été pieux et reconnaissant envers Marduk. J'ai restauré le Bit-Saggatu et le Bit-Zida. J'ai restauré ses œuvres glorieuses ; j'ai restauré avec piété les monuments de sa puissance. J'ai restauré les sirbir en airain, qui sont dans les. . . . des portes du Bit-Saggatu auprès du seuil où s'arrête l'homme pieux (?), la porte du jour du soleil

levant, la porte an dan arabi, la porte du canal et la porte

qu'aucun roi antérieur n'avait restaurées. Je les ai refaites, parce que c'est un lieu de recueillement et d'adoration envers les dieux. Les huit sirbir en airain ont été renouvelées (que devant elles le méchant et l'ennemi tremble de la peur de mourir) . Je les ai ornées, je les ai recouvertes en argent. J'ai rebâti la porte du jour du soleil levant, la porte an dan arabi, la porte du canal, la porte si bil ku, dans les kisie des portes. J'ai rétabli comme auparavant les statues en argent et les entrées du trésor qui les renferment.

(C. I, 1, 33). — « Dans les profondeurs du du Bit- Zida ....

La fin de la colonne est très-fruste; le commencement de la colonne

suivante est obscur.

(C. II, 1. 1) . — « Dans cette campagne un roi antérieur. . . . " . mu si su ana si su u cri e ku ana s. ... a bu.

(C. 11,1.3). — « C'est pourquoi j'ai restauré cet endroit exempt des maléfices. J'ai dirigé le cours des eaux comme autrefois autour du Bit- Saggatu.

(C. II, 1. 4). — « Un roi ancien avait fait creuser le réservoir du soleil

NIRGAL-SUR-USUR.

levant, mais il n'en avait pas consolidé les voûtes (?). Je l'ai fait creuser plus profond et j'ai fait bâtir les voûtes (?) en bitume et en briques, et j'ai donné ainsi des eaux pures aux hommes de la contrée.

C. II, 1. 12. — « Je me suis occupé du Bit-Saggatu et du Bit-Zida. J'ai renouvelé les règlements des prêtres pour pouvoir restaurer pieusement les sanctuaires des Dieux.

(C. II, 1. 15). — « Nous disons: ce palais, la demeure de ma royauté sur la terre de Bab-Ilu, le cœur de Bab-Ilu, depuis mi boursabu jusqu'aux bords du fleuve Purat, fut construit par un roi antérieur, qui ne l'avait pas entouré de quais. Il avait fait creuser au milieu, pour la défense du palais, des conduits pour le faire inonder par le fleuve Purat. Mais les berges étaient fendues, j'ai consolidé le soubassement où il y avait des murs, j'ai atteint le fond du fleuve. J'ai posé des assises au-dessous de l'eau en bitume et en brique. Je l'ai fondé, je l'ai fini. J'ai employé de grandes poutres pour construire ces édifice avec art. Ses . . .ses. ses colonnes..

(C. II, 1. 31) . — « Marduk, Seigneur puissant, Bel, Dieu des Dieux, assiste-moi. J'ai proclamé la lumière des Dieux. Avec ton assistance, que tu accordes à ceux qui ne se révoltent pas contre toi, j'ai fait construire ce palais indestructible. Que ma race y ait son trône, qu'elle en fasse sa demeure, que le nombre des naissances s'y multiplie. Puisse-t-elle y recevoir d'immenses tributs des rois de tous les pays des hommes, depuis l'Occident jusqu'à l'Orient, où se lève le soleil. Puisse-t-elle, à cause de moi, régner sur le peuple de Bab-Ilu, jusqu'aux jours les plus reculés . »

(W. A. I., I, pl. 67)

Cette partie de l'histoire de la Chaldée est des plus obscures. Les renseignements, souvent contradictoires, qui nous sont donnés parles historiens grecs et le peu de données qui sont renfermées dans les Livres saints, ne permettent pas d'apprécier encore le véritable caractère des Princes dont les noms ont été plus ou moins confondus et plus ou moins altérés. C'est déjà beaucoup d'avoir, à l'appui de quelques indications antiques, des textes qui, malgré leur laconisme, ne permettent pas de douter de l'identité des princes qui les ont dictés.

BEL-LABÀR-ISKUN.

Bérose nous apprend que Néglissor régna quatre ans et que son fils, Laborosoarchodos (Aaèopoaoâpxpdoç) encore enfant, lui succéda. Ce jeune prince s' étant fait remarquer par la perversité de ses penchants, on songea à s'en défaire ; il fut tué par son entourage, après un règne de neuf mois qui ne figure pas dans le canon de Ptolémée.

Les conjurés s'étant entendus entre eux donnèrent, d'un commun accord, l'empire à un certain Nabonid, qui avait trempé dans la conjuration .

Le nom assyrien dans lequel nous avons cru reconnaître le Laborosoarchodos de Bérose ne se trouve sur aucun monument assyrien. C'est par suite d'une conjecture très-plausible qu'on a identifié le nom de Laborosoarchodos avec celui de son grand-père. (Sup. p. 249.)

NABU-NAID.

Nabonid, parvenu au trône, à la suite du meurtre de son prédécesseur, ne songea qu'à la prospérité de la Chaldée,et se voua tout entier à la continuation des travaux qui avaient illustré le règne de Nabuchodonosor.

Le nom de ce prince, que nous lisons Nabu-naïd, figure dans les inscriptions sous différentes formes idéographiques dont la transcription est toujours la même. Il n'a point été altéré sensiblement dans le canon de Ptolémée, où il est appelé Naêova&'oç. Bérose le transcrit suivant Polyhistor, sous la forme NaëôWoç, plus altérée dans Abydène, qui le lit

NABU-NA1D.

NaëodvYidbKoç. C'est le Labynète d'Hérodote. Mégastène assure qu'il n'était point parent de Laborosoarchodos, mais que, néanmoins, par sa mère, il devait être petit-fils des rois de Chaldée. Bérose semble partager cette opinion. Il est assez difficile d'expliquer par quelle confusion Hérodote a été amené à dire que Nabonid était fils de Nitocris et de Nabuchodonosor.

Les inscriptions de ce prince sont assez nombreuses ; il se dit fils de Nabu-balat-irib et la rédaction indique que son père n'a jamais régné. Voici, du reste, les inscriptions qui sont parvenues à notre connaissance :

Nous avons vu que l'on avait trouvé le long du fleuve des briques au nom de Nabonid. Ce fait confirme les données de Bérose. Il nous apprend que sous son. règne les murs deBabylone qui bordaient le fleuve furent splendidement construits avec des briques cuites et du bitume, et en effet, sur des briques provenant des quais de l'Euphrate, on lit :

« Nabu-naïd (an-ak-na-id) , roi de Bab-Ilu, serviteur de Nabu et de Marduk, fils de Nabu-balat-irib, le Seigneur puissant. »

(W. A. 1. 1., pl. 68, n°2).

Sur d'autres briques de la même provenance :

« Nabu-naïd, roi de Bab-Ilu, conservateur du Bit-sag-ga-tu et du Bitzi-da, fils de Nabu-balat-irib, le Seigneur puissant. Moi. »

(W. A I. pl. 68, n° 3.)

Sur les briques du temple de Samas, à Sinkereh:

« Nabu-naïd (na-bi-uv-na-id) , roi de Bab-Ilu, reconstructeur du Bit-

Saggatu et du Bit-Zida . . .. . . fils de »

{W. A. I. I., pl. 68, n° 4.)

Sur les briques, provenant de la grande ruine du temple de Mughéïr :

« Nabu-naïd (a-nak-i), roi de Bab-Ilu, reconstructeur de Ur, a restauré le temple du roi du . . . .la Zigurrat du temple de iz, de la Grande-Déesse. . . ...»

(W. A. 1. 1., pl., 68, n°5.)

Sur les briques du tumulus Sud de la grande ruine de Mughéïr :

« Nabu-naïd, roi roi de Bab-Ilu, a construit le temple,

. . . . le temple au milieu du temple iz nu ik en l'hon-

neur de la Grande Déesse. »

(W.A.I. I., pl. 68, 1.6.)

Sur les briques du S.-E. de la ruine de Mughéïr :

« Nabu-naïd, roi de Bab-llu, reconstructeur du Bit-Saggatu et du Bit- Zida a construit le bit-mi le temple de nin an ra qui est situé dans Ur, en l'honneur du dieu Sin, son Seigneur. »

(W. A. 1. 1., pl. 68, n° 7.)

Page 1