CHAPITRE Vil. — i m. i
que matheureux, et son malheur est surtout d'être privé de la présence du roi. Il se compare à Démosthène, à Marcus Livius, à Sénèque, tous exilés, diUil, pour des affaires d'argent et restaurés avec éclat dans leurs honneurs et leur dignité'. Il implore le garde du sceau Williams , qui l'avait fait sacrifier*, il s'adresse au nouveau trésorier, lord Cranfield , homme obscur, qu'un caprice de Buckingham avait élevé*. II écrit à lord Digby qu'il n'est pourtant pas un jésuite ou un lépreux pour être traité ainsi *. Il presse ses amis, Meautys, Matthew, de veiller pour lui et de lui regagner la bienveillance un peu distraite du favori tout puissant. Cest là l'ouMi qui lui tient au cœur. On T(Ht qu'il se croit, sur Buckingham, les droits d'un homme qui s'est immolé pour le sauver. Quelquefois il espère acheter les bçntés du duc en lui cédant sa maison ou sa te^re^ Il avait assez vite obtenu la permission de revenir à Londres. En {62S, il obtient celle de voir le roi , et il s'écrie qu'il peut dianter le Nunc dimi/tis. Il reconnaît ses bontés par une lettre |deine de citations et d'allusions littéraires : Vexai censura eolumbas ^ ce n'est pas sur les phis grands pécheurs que s'est écroulée la tour de Siloé.
* n s^agft probablement de G. Livias SaKnator, condamné povr péealal Fan 534' de Rome, et consul mie secouée Ms qoe^ ques années après. (T. V, let. 266.)
' Montagne, lord Mandevil ou Manchester, n'était pas resté deux ans principal minislre. Lionel OanieM, comte de Middlesex, le resplaça ee tSH. ( VTor*», t. VI, ^ 317.)
» M, Md,, p, 296. iekir, k>M Mgby, pivs tsrtf eomle ée MbCoK
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Cette dernière pensée revient souvent dans les notes qu'il gardait pour lui seul et dont il écrivait l'anglais en caractères grecs'. Il s*y présente toujours comme un homme qui s'est dévoué pour le salut de plus grands coupables, et l'on v<ât qu'au fond du cœur il trouve Jacques et Buckingham des ingrats. Aussi ne peut-il comprendre qu'on le laisse soumis si longtemps aux effets politiques et civils de sa condamnation. Ses lettres au roi ont quelquefois l'accent du désespoir. « Je me prosterne à vos pieds, dit-il, moi votre ancien serviteur, vieux de soixante ans d'âge et de plus de trois années de misère. » — a Votre seigneurie fera bien , dans le grand âge où vous êtes, écrit-il au nouveau lord trésorier Marlborough, de penser à votre tombeau comme je pense au mien*, »
Enfin le roi le releva de toutes les incapacités qu'il avait encourues. C'était en 1624, et il fut convoqué à la plus prochaine session du Parlement. Mais on ne le revit plus à la Chambre des pairs, ni sous le présent règne ni sous le règne suivant. La vie publique de Bacon était finie-, jamais elle n'aurait dû commencer.
Les difficultés et les ennuis que ne manque guère d'engendrer la mauvaise conduite des affaires domestiques le suivirent dans sa retraite. Le roi lui avait accordé une pension de douze cents livres sterling,
« Luc, Xni, A. ---Works, t. VI, p. 3Î9, 33».
* Id., t. V, lett. 293, â9i et â93. Le comte de Marlborongh était sir 'James Ley qui, selon Beatson, en 1623, et selon lord Gampl>ell, en i((24, remplaça le comte de Middlesez, poarsniTi pour malversations. ( Lives of ihe Chkf Just,^ t. 1, 367.)