CHAPITRE Vll.^lQ2i
ce qui, avec d'autres dons et le produit de son bien, élevait son revenu à plus de soixante mille francs de notre monnaie. Mais sa pension était inexactement payée; sa femme n'svait pas d'ordre; il négligeait ses affaire, continuait de vivre avec un luxe qui choquait ses protecteurs , ne sachant pas réformer .MA équipage ni se passer d'une suite dispendieuse, n fut obligé pourtant de renoncer à Fbabitation de York House, dont il avait déclaré qu'il ne se séparerait pas et qui devint la splendide résidence du duc de Buckingham ^ Il emprunta sur Gorhambury, où il n'eut bientôt plus d'autre luxe que ses arbres. A Londres, il demeura quelquefois chez le maître des rôles, sir Julius Caesar, qui avait épousé une de ses nièces*,
* n écrit au duc de Leunox de lui pardonner s'il ne peut lui céder la maison où son père est mort, où lui-roéme a respiré pour la première fois, et où il rendra le dernier soupir, s'il platt à Dieu et au roi. On ne s'explique pas comment cette maison , qui était la résidence ofiBcielle du chancelier ( car Essex, qui l'avait désirée pour lui-même, y fût retenu sous la garde d'Egerton), était restée le logement personnel de Bacon, d'autant qu'elle ne cessa pas d'appartenir aux archevêques d'York , de qui Buckingham Tacheta en i624, en échange de terres que le roi lui donnait. Il y construisit un hôtel fastueux, dont les bâtiments et les jardins occupaient tout le terrain de Hungerfordlfarket, de George, Villiers, Duke, Buckingham-street. De ce somptueux Jorschaux (York House), dont Bassompierre vante la magnificence, il ne reste qu'une porte ornée de colonnes donnant sur la rivière, '^ater-gate^ construite sur les dessins d'Inigo Jones. Gromwell donna cette habitation à Pairfax , dont la fille avait épousé le second duc de Bucki|^ham, et celui-ci la vendit, en 4672, à des particuliers ((Ùi convertirent tout en rues et en maisons , encore nommées York Buildings. Pierre le Grand en 1698, et Harley en 1708, habitèrent un de ces bâtiments. (London, by P. Guningham, passim.)
* Ce nom singulier est celui d'un habile jurisconsulte , fils
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et dont la générosité venait à son aide. Le plus sou* vent il occupa ses anciennes chambres de Gray's Inn, c'est-à-dire ce logement professionnel auquel certains membres de cette corporation ont droit dans les bâtiments qui lui appartiennent. On prétend, sans fondement, que cet appartement peut se voir encore, conservé dans son ancien état. Sur les terrains dépendant de l'établissement, il avait tracé des allées, planté des arbres qui ont récemment disparu. C'était au lieu qu'on appelle encore le mont de Bacon. Il s'était, pendant son ministère, occupé d'obtenir l'autorisation de convertir en promenade les champs de Lincoln's Inn-fields', et, parmi ses innovations, on lui attribue la création du premier de ces squares ombragés qui sont le plus grand embellissement de la ville de Londres. Plus encore que dans cet asile de sa jeunesse studieuse, il se plaisait sous les beaux ombrages de Gorhambury. Malgré sa ruine, il put conserver cette résidence préférée , et c'est là qu'il trouva encore des jours que l'étude rendait heureux.
Tous les témoignages s'accordent à faire l'éloge de Bacon dans sa vie privée , si toutefois on la réduit à
atoé de GaBsar Dalmarius, médecin vénitien, qui obtint la con* flance des reines Marie et Élisal)eth. Né en 1558, sir Charles Adelmare, alias Csesar (son nom se lit ainsi dans certains actes), remplit plusieurs emplois judiciaires, fut membre du Conseil privé en 1007, même un moment chancelier de TÉchiquier^ et mourut maître des rôles en 1030. Il avait épousé, je crois, une fille d*Édouard , troisième fils de Nicolas Bacon. ( Edm. Lodge, Illtul. of Bm. hisU, U lU, p. 387 ; Aubrey, Lives, 1. 11, part. I, p. 2Î5.)
» Work», t. VI, p. 207.