‹ Bactériothérapie Antipneumococcique Et AntistreptococciqueChapitre 6 sur 18 · Recherche du pouvoir fixateur dans le sérum des animaux · texte numérisé non relu

Recherche du pouvoir fixateur dans le sérum des animaux

vaccinés. e

Noël Fiessenger, Ranque et Senez (29) cullivaient leur

streptocoque sur bouillon ascite et Île stérilisaient par une solution iodo-iodurée. Cet antigène streptocoque ascite 1odé Le A I) était injecté par voie sous-culanée, aux lapins, à » jours d'intervalle et aux doses croissantes de 1/2cc., l'ce. 1/2, 3 6c:Les animaüx élarent saignés et les sensibilisatrices étaient recherchées. Les réactions de fixation furent très positives, à tel point que le sérum : d'animaux ainsi préparés fixait, en présence de l’antigène S A 1, jusqu'à 20 unités de complément. Dans des expériences de contrôle, les auteurs constatèrent qu'un sérum antistreplococcique de linstitut Pasteur ne donnait aucune fixation. Le sérum des mêmes lapins essayé sur d’autres streptocoques iodés, mais non développés sur ascite, ne fixait aucune unité de complément. Le sérum des lapins préparés fut alors mis en présence des mêmes streptocoques iodés, mais :

a) D'une part, développés sur ascite :

b) D'autre part, développés sans ascite.

Les réactions furént fortement positives avec les pre-

miers, complètement négatives avec les derniers.

Ho

Les recherches du pouvoir fixateur ne donnaient que des résultats douteux, mais il se dégageait de ces recher- ches que le. milieu aseite, combiné à un corps microbien, jouait un rôle fondamental dans la fixation des antigènes, |

Avant Ranque el Senez, d autres auteurs avaient « connu les mêmes échecs. Besredka (75), dès 1904, et plus récemment Schenk (76), en 1913, avaient mentionné l’inconstance des sensibilisatrices antistreptococciques et le manque de concordance qui exisle entre leur présence et la présence dun pouvoir préventif.

Besredka, étudiant l’immunité passive cobire le streptocoque, était d'avis que le sérum streptococcique n’exerçait pas d'action directe sur ce mierobe, mais une action stimulante sur les phagocytes. Cette interprétation paraît légitime en ce qui concerne l’immunisation active, dans le cas particulier de linfection puerpérale à streptocoques. L'organisme n'a pas, ici, à répondre aux injections vaccinantes, par la production de substances antiloxiques: il doit seulement, et pendant un temps de durée très limitée, se trouver en mesure d'opposer au streptocoque une barrière au niveau de la plaie placentaire. Pour obtenir un pareil résultat, il ne parait plus nécessaire d'utiliser J'injection de streptocoques vivants, comme semblaient l’exiger certains auteurs.

Ainsi envisagée, l'immuüunisation aclive ne peut conserver Loute sa valeur, malgré les réactions humorales déficientes que nous avons signalées.

‘x Les recherehes faites par Schenk, sur la déviation du complément, ont montré qu'un même sérum qui protégeait, in vivo, ne se différenciait pas, in. vitro, d’un échantillon de sérum dénué de pouvoir préventif chez l'animal. Schenk conclut que le sérum d'un animal infecté par

D Nes un streptocoque présente des propriétés DréVentives. alors que les germes viennent seulement de disparaître de la circulation. D'autre part, les animaux infectés avec un streptocoque vivant réagissent de façon violente, malgré les substances protectrices que PÉRENE le sérum. :

Plus près de nous, les remarques consignées par H: Teissier, au cours de ses belles recherches sur le strepfocoque des plaies de guerre, et les excellentes observations rapportées dans la thèse d’Avelines paraissent, en effet, autoriser cette interprétation des faits. Mais, de toutes facons, un tel état -d'immunité doit ètre considéré comme d'assez courte durée, et c'est encore la clinique qui en apporte la meilleure preuve, car des érysipèles à répétition, par exemple, sont d’ observation commune.

Ce fait paraissait done, à priori, interdire toute recherche dans le sens de la production d'une immunité active, contre les infections à streptocoques.

Les constatations faites sur le streptocoque prouvent que, si les expériences de prévention ne peuvent justifier l'emploi de la vaccination active, du moins, les insuccès relatés ne sont pas de nature à ‘en rejeter cel emploi. Il y a lieu, au surplus, d’insister une fois encore sur ce fait que les expériences de prévention ont été: pratiquées sur des animaux chez lesquels on avait pro-. voqué l'infection. Cela parait devoir ne pas servir de terme de comparaison absolue avec les infections Sponlanées, survenant chez l'homme. Des résultats des premières expériences on ne saurait inférer que les résultats, chez l'homme, doivent être nécessairement identiques. D'ailleurs, malgré l'absence de bases expérimentales, n’a-t-on pas préconisé l'action prophylactique et curative du sérum antistréptococcique ?

BACTÉRIOTHÉRAPIE PROPHYLACTIQUE

: | «Il importe, tout d'abord, de préciser ce qu'il faut entendre par la vaccination préventive, car l'étude clinique de ces infections semble, à première vue, exclure toute possibilité d'immunisation de longue durée. » Les essais de vaccination préventive tentés au cours de la guerre, chez les Sénégalais du camp de Fréjus, n'ont pas donné des résultats appréciables. Il parait en effet illusoire de créer À distance un élat d'immunité chez des individus $sains. Autre chose, à notre avis, serait de préserver l'organisme d’une complication infectieuse imminente en provoquant l'apparition d’anticorps immédialement utilisables. |

Indications générales.

Il y'a un intérêt majeur à éviter la généralisation septicémique du pneumocoque et du streptocoque. P’altention ne semble pas avoir été suffisamment attirée sur la gravité de ces affections parvenues au stade seplicémique.

Jl convient de définir iei ce que l’on entend par la

ADD UESE

septicémie. On ne peut affirmer l'existence d'une septicémie sans la constatation, à l’aide de l’hémoculture, du germe infectant. Par un abus de langage, on à trop souvent dénommé septicémie, des infections peut-être localisées, offrant un typeclinique et pyrétique analogue à celui que provoque la présence dans le sang du germe infectant. Il est vraisemblable que le développement des bactéries dans le sang s'y opère à un stade où elles ne trouvent pas dans ce milieu des substances s'opposant à leur développement. Le pneumocoque localisé sur le poumon peut, de là, cultiver dans le sang, si ce tissu est dépourvu d'anticorps propres à empêcher son. développement. De même pour le streptoéoque : de l'utérus, au cours d'une infection ulérine, il peut se répandre dans l'organisme.

Somme toute, l'état seplicémique. esl caractérisé par le fait qu'un agent microbien s’installe dans le sang et s'y multiplie abondamment, soit que le sang présente des modifications d'ordre chimique favorables à son développement, soil qu'il se trouve dépourvu de substances de défense. Il ne faudrait pas confondre l'état septicémique, ainsi envisagé, avec le passage rapide d’ agents microbiens dans le torrent circulatoire, sortes de métastases microbiennes sans développement vrai du mieroorganisme dans le milieu sanguin. C’est ainsi, qu’à notre. avis, ies décharges microbiennes qui vont constituer des érysipèles.en divers points de l'organisme ne peuvent être envisagées comme de véritables septicémies. L'hémoculture, en pareil cas, doit être exceplionelle: ment positive.

Ces considérations ont leur importance, si l’on considère le pronostic que comporte l'état d'immunité seplicémique au cours des diverses infections, Généralement

PS ions

favorables au cours de l'infection éberthienne, le pronoslic a été jugé très grave au cours des seplicémies à: Pneumocoques consécütivés à la grippe.

Le D' Philippon et la: plupart des auteurs réconnaissent la fatalité pronostique presque absolue de la septicémie vraie à stréptdeoques: Surf plus de 100 hémocultures faites dans de service du professeur: Bonnaire, Ranque et Senez ont retrouvé le streptocoque dans plus de 50:cas, qui se Lerininèrent toujours par le. décès. La même. stalistique est fournie par Jeannin.

: D'autres opinions, {rès divergentes, ont été émises au sujet du passage du pnéumocoque dans le sang. Baduel prétend avoir lrouvé; de facon constante, le pneumocoque dans le sang. Pour eel auteur, la pneumococcémie n'entraine pas une gravité spéciale.

Cotoni, au contraire, pense que lhémoculture n’est positive quéexceplionnellement. La pneumonie ne serait qu'une infection localisée et non pas une seplicémie. Le pneumocoque passeraik-quelquefois dans le sang, mais sansis'y multiplier. I-pourrait parfois former des foyers métastatiques, mais la gravité pronostique ne ‘dépendrait pas de l’hypervirulence des microbes, mais du fléchissement de la résistance du malade. |

l'est vraisemblable que le: pneéumocoque passe 1 ‘apidement dans le sang, au début de linfection, sans qu'il se produise de pullulation. L'hémoculture positive garde, d'après nous, toute la gravité pronoslique signalée par Philippon, toutes les fois qu'elle est observée à un stade avancé de la pneumonie.

La gravité des états: Re commande done que l'on mette en jeu toutes les ressources thérapeutiques afin de les éviter

Quelles sont maintenant les principales indications de la vaccination préventive chez l'homme, et: quels sont les résultats qu'a pu fournir son application ?

«4 Au cours de l'épidémie de grippe de 1918, le pre- |

mier, Philippon, avec le concours de MM. Chevrel, Ranque el Senez, dans son service d'ambulance d'armée, à appliqué la vaccination préventive antipneumo-strep- Locoecique sur de nombreux malades présentant les -premiers symptômes de la grippe : aucun des malades vaccinés tout à fait au début de la maladie ne présenta d'hémoculture positive. De ce fait, la gravité des cas diminua de façon sensible. Le vaccin émployé était un stoek-vaccin, atlénué à l'iode, suivant une technique que Ranque et Senez avaient mise au point, dès 1911, pour un vaccin antityphoïdique.

La composition de:ce vaccin était variable suivant la nature du milieu épidémique considéré, la flore microbienne se traduisant, dans les complications pulmonaires de la grippe, tantôt par la prédominance du pneumocoque, tantôt par celle du streptocoque. | ER

Chez les malades vaccinés tout à fait au début de leur maladie, deux ou trois injections sous-cutanées, à deux Jours d'intervalle, suffisaient à les préserver des complications pulmonaires de la grippe. Dans les formes d'emblée sévères, l'injection intraveineuse de vaccin était pratiquée systématiquement.

2° À la même époque, Bezancon et Legroux ont relaté que dans les services de MM. Joltrain et Bouffle, à l'hopital dé la Charité, ona fait usage d'un vaccin préventif,

préparé par l'Institut Pasteur et comptant par conti tre cube :

ms

Pneumocoques. . 4, {milliards Stréplocüques "1/1 Mig -tale Micrococcus aureus : :1119 2 Hide Préffer. AuI6 tenu gen

microbes tués par la chaleur à 56°, 60° pour le micro-

coccus aureus. Sur 85 rapatriés, grippés, 25 entrèrént. dans une salle où l'on ne fit pas usage du vaccin, et les

60 autres furent traités par le Vaccin préventif. Dans la première salle on a noté une mortalité de

17,8 p: 100, dans la deuxième 8 p. 100 seulement,

avec un nombre de beaucoup: HAE OEAS ie complications pulmonaires.

3 Le professeur Chevrel (de Rennes) à pratiqué’ ces temps derniérs la vaccination préventive dans un service d'enfants, atteints de fiévres éruptives ou de éoqueluche à début sévère. En aucun cas, chez les enfants vaccinés, les PARPRSNONS pulmonaires nese sont

révélées.

4° En ce qui concerne spétislenient lé’ streptocoque; il a été pratiqué, dans le Service du professeur Brindéau, la vaccination préventive sur environ mille femmes enceintes ét près du terme de ‘leur grossesse. Les sages-fémmes de l'asile Michelet imjeétaient, vers le 15°

Jour avant l'accouchement, 1/2 ce. de vaccin antistrep-

tococcique. Une semaine plus tard, uue nouvelle injection de ! cc: 1/2 était pratiquée. Une troisième dose de

3 ce. de ce vaccin était utilisée le as PRÈe possible du

début du travail.

La vaccination était pratiquée’par la voie sous-cutanée : aucuhe réaction générale, ni aucun accident ne furent observés.

Pour être probants, ces essais doivent être faits sur

un nombre plus considérable de femmes enceintes. Mais il est à constater que cette vaccination a été pratiquée au moment où la grippe sévissait dans les hôpitaux et les Maternités de Paris. Malgré l’étroite relation qui existe. entre la grippe et linfection puerpérale, ik. ne. fut jamais constaté, aucune complication, chez les. femmes vaccinées. De ces constatations, il ne, faut pas en déduire qu'il. faille vacciner systématiquement toutes les femmes enceintes. Mais les indications peuvent survenir au cours d'une-épidémie de grippe, par exemple,

ou, si l'infection. puerpérale sévissait excephionnellement dans un service hospitalier.

Le vaccin utilisé dans le service du prafnogett Be deau était préparé en partant, soit.de cultures de streptocoques. isolés par, hémoculture de septicémie puerpérale, soit de suppurations dues au streptocoque.

Des critiques. sont encore possibles au sujet de ces vaccins prophylactiques. L'emploi que lon en a-fait.est encore. trop.restremt, pourque la preuve de son efficacité soit prouvée de façon irréfutable. Un fait paraît pourtant acquis. C'est la parfaite innoeuité du vacein. Ceux qui.ont bien voulu nous donner leur façon de voir et qui. ont fait usage du vaccin antistreptococcique,.et antipneumococcique, tous sont catégoriques à ce sujet. AR

Un second, fait. est à rappeler : l'efficacité de la vaceination préventive sera d'autant plus marquée qu’elle

aura été praliquée. plus près du: début de la maladie primitive. Car cette vaccination a pour but, d’ immuniser contre les complications et non contre les maladies infeclieuses elles-mémcs (rougeole, scarlatine, coqueluche, grippe, fièvre puerpérale, pour le streptocoque. seule ment). Gomme dans toute vaccination. active, il faut

La fu laisser à l'organisme le temps de faire Tui-même sa propre immunité.

L'immunité conférée ne paraît pas être de longue durée. Mais la vaccination serait efficace, même si elle ne devait immuniser que pour quelques jours seulement. Car, n'immunisant que contre des complications éveniuelles, il suffit qu'elle mette l'organisme en état de défense seulement pour la durée de la maladie primitive.

BACTÉRIOTHÉRAPIE CURATIVE

La vaccination a donné des résultats plus remarquables à titre curatif qu’à titre préventif, pour le vaccin antipneumococcique tout au moins.

Car le vaccin antipneumococcique ne ue devoir être d'une grande utilité que s’il est employé à titre

prophylactique. Les streptococcies avec septicémie en-

traînent toujours un pronostic fatal. Sur cinquante femmes environ de la Maternité de Paris, chez lesquelles l'hémoculture avait été positive, la mortalité a été de 100 p. 100, Aucune thérapeutique ne s'est montrée eflicace. à

Des résultats analogues ont été constatés aux armées chez des soldats atteints de septicémie streptococcique. La vaccinothérapie sera done d'un concours précieux avant que la généralisation du streptocoque ne se produise..

La vaccination antipneumococcique, au contraire, s’est montrée plus efficaec.

« Le jour, disait Landouzy, où des Misco. de pneumococcine arrêteront dès ses premières manifestations symptomatiques la pneumococcie; le jour où, dès une première ou une deuxième inoculation, faite aussi-

re tôt le, ip inilial, on verra tomes la fièvre, la douleur, la dyspnée, l'engouement pulmonaire, ce jour-là on pourra, parler utilement du traitement de la pneumonie. »,

: La bactériothérapie n'a pas encore. de preuves ae de sa spécificité. Elle se borne à combattre les infections pulmonaires dues au pneumocoque (associé ou non à d'autres bactéries) et les complicalions pulmonaires survenues au cours de certaines maladies infectieuses : grippe, rougeole, scarlatine, coqueluche. |

La vaccination curative est appliquée depuis à à peine quelques années.

. Cest Wright qui a été le grand promoteur de la bactériothérapie. Ses travaux ont été exposés à. la Faculté de médecine de Paris, en février 1919.

D'après cetauteur, c’est par l'étude des opsonines que l'on devrait déduire.les doses de vaccin à employer pour chaque malade et le moment le plus opportun de cet emploi, Cette méthode n'est pas entrée dans la pratique canrante..:, 1: | Re

A la suite d'études faites sur la vaccination dans le traitement des plaies de guerre, Wrighleroit à la généralisation possible de cette méthode dans le traitement - de maintes maladies infectieuses, Il pose une règle géné rale de bactériothérapie :

a). Plus l'état général est salisfaisant, plus l'infection est localisée, et plus les doses de. vaccin doivent être - élevées; |

b) Plus le sujet est atteint, et plus les doses doivent être faibles,

Mais avant. de tenter, l’immunisation, chez l'homme, Wright pense qu'on peut, préalablement, faire des expé-

Le 4e

riences d? immunisation du sang In vitro et utiliser ensuite les résultats obtenus in vivo. ie ie

En ce qui concerne particulièrement le pneumotoque, Wright a constaté que, chez les mineurs de l’Afrique dü Sud, immunisés par des injections dé preumocoques, la mortalité de la pneumonie était tombée de 80 p: 100. Mieux encore, Ja mortalité des autres maladies était diminuée de 50 p. 100. A côté de l'immunisation directe fournie par la vacéination, Wright pense qu'ilexiste une immunisation dite « collatérale ». D'où P PHOOERRLS pus grande prise par les stocks-vaccins. Ms

Côhendy et Bertrand (44), dès 1911, ‘obtinrent 7 éas de guérison de pneumonie franche, à l’aide ‘d’un virusvaccin sensibilisé. Ils constatèrént une chute brusque de température 20 à 30 heures après l'injection. LS

Powell (47), en 1914, pensait que la vaccination active. pourrait avoir de la valeur si èlle était employée à la. période d'incubâtion. Dans cès conditions, il a vu av ofter l'infection dans de nombreux cas. PARPENE |

Au même moment, Wynn (48) 'constatait ces que la vaccination curative était d'autant plus efficace qu'elle était pratiquée plus près du début de l'injection. D'après lui, la défervescence se produit souvent deux ou trois jours après l'inoculation. Même, dans ‘un cas où l'injection à été pratiquée 8 heures aprés lé début de la maladie, la température ne s’est pas élevée. [l injecte une première fois 30 millions de germes et le lendemain il procède à une deuxième injection de :

90 millions de pneumocoques, 50 millions de micrococeus catarrhalis.

Wright considère que ces doses sont trop faibles et

sugoère l'emploi de doses de 500 millions de germes:

Zampa publie, en 1915, un cas de guérison de pleuropneumonie obtenue par le vaccin de Bruschettini.

Di Donna, à la même époque, précise ses observations, faites l’année précédente, sur la vaccination active et croit à l'effet du vaccin dans la pneumonie chronique.

. Sézary donne la préférence à la vaccinothérapie sur la protéinothérapie. Nolf, en effet, préconise l'emploi de « toute substance, quelle que soit sa nature chimique, qui pourra produire le shock peptonique, à la condilion qu'on l'introduise dans la voie sanguine, de facon tellé qu'elle en trouble suffisamment la composition protéique ou l'équilibre colloïdal... » (64). L'injection intraveineuse, au malade, de son propre sérum ou de lait bouilli peut provoquer un shock suivi de guérison.

Mais n'est-il pas préférable de faire usage d'un vaccin à propriétés spécifiques, si ce vaccin est atoxique : lorganisme pourra faire lui-même sa propre immunisation. D'ailleurs, l’action de la protéinothérapie est de plus courte durée, puisque le rein a hâte d'éliminer les protéines étrangères, introduites dans l'organisme.

Plus près de nous, et dès l'été de 1918, Philippon (58) l’un des premiers, sur la suggestion de Chevrel, Ranque et Senez, faisait usage, sur une échelle assez considérable, d'un vaccin mixte pneumo-streplococcique iodé, Nous verrons plus loin les résultats obtenus.

Après eux, M. Dubourg (67) signale L'usage fait par lui d’un vaccin mixte iodé, préparé en partant des crachats dé chaque malade.

À peu près au même. moment, Bezançon el Legroux signalent l'importance dans la grippe des infections secondaires, et l'usage qu'ils ont fait d'un vaccin préparé par l'Institut Pasteur.

D'après ces auteurs, on peut considérer dans la grippe trois formes différentes : ñ a) Grippe sans complications pulmonaires ; b) Grippe avec défervescence intercalaire, puis com-

plications pulmonaires graves; ec) Les symptômes de grippe font défaut, et des acci-

dents pulmonaires g QrAvES Se manifestent, d’ 'emblée.. £ Au point de vue bactériologique,ils trouvent, associés, du pneumocoque, du streptocoque, du B. de Pfeifter, dans les lésions pulmonaires. 7 Les auteurs ont fait usage d’un vaccin \ contenant | par centimètre cube : à Fes | |

Pneumocoques. . . . .: 4 milliards Streptocoques . 2

Pfeiffer.

Micrococcus aureus .

anicrobes tués par la chaleur.

Nous avons ous précédemment l'usage qu'ils ont fait de ce vacein à titre prophylactique.

D'après les observations prises au cours de là grippe, chez les malades au déclin de la maladie, il n'y à eu au-

cune réaction due au vaccin. Dans la grippe simple, la

seule réaction a été une élévation sensible de la température. Chez les sujets injeétés en pleine période fébrile, l'inoculation a été suivie d’une défervéscence rapide: Les doses CR sont progressivement croissantes de 1/4 à 1 ce.

Le total des doses injectées, chez un malade, a été de 13 ce.: il ne s’est produit aucune réaction sérieuse. ‘ Les injections sont pratiquées par la voie Sous-cutanée. Les auteurs conseillent l'emploi précoce de la vacei-

eg Le nation, Sans qu'il y ail à craindre de hâters où d’aggraver une complication pulmonaire.

À la même époque (1919), Haultain, ‘en Angleterre, a signalé, au cours de l'épidémie de grippe, que la plupart des complications pulmonaires étaient QUES surtout au pneumocoque el au streptocoque. Il à fait usage de stocks-vaccins en injections sous-cutanées.

Ilinjectait : l ï | Le 1er JOUR. Les 5 millions de germes bed rise 10 ne . CT D PO PRES LE Le PA Le 0. 20 as

Si la température devenait normale, on procédait, après la première injection, à une ?°, 3° ou 4° injections, dès que la température remontait. |

Sür 81 cas, 35 cas furent traités par le stock-vaccin. Résultats : |

Guérisons 30.

Décès 5.

Mortalité 14,3 °/,. = 46 cas ne furent pas traités par le vaccin.

Résultats :

Guérisons 30.

Décès 16.

| Mortalité 24001. | :

Le même auteur rapporte que quatre cas, considérés comme pneumonie e chronique, ont élé améliorés par un vaccin préparé par Benjañeld,, à parlüir des crachats de

chaque malade.

Au même moment, Black, Milne et Rogers (octobre 1919) publiaient huit observations sur 35 cas de grippe grave, compliqués de pneumonie ou de broncho-pneu-

nn den

monie. L'examen bactériologique. signalait la présence

de diplocoques, de streptocoques, de bacilles de Pfeiffer.

Les auteurs injectèrent, par la voire sous-cutanée, 1/2 cc. de vaccin composé comme suit :.

30 millions B. de Pfeiffer 100 : — de pneumocoques A, — de streptocoques.

Les injections furent très bien tolérées; une sensation de bien-être se produisait quelques heures après la vac-

cination. Les auteurs observèrent que lexpectoralion

rouillée élait APTE modiliée. La température tombait généralement après la deuxième injection. Dans certains cas, il a fallu pratiquer trois ou quatre'injections, avant que la défervescence ne se produise.

Ranque et Senez préconisent l'emploi d’un stock-vaecin mixte, iodé, employé, en premier lieu, par Philippon dans un service d’ambulance d'armée, dès juin 1918.-Ce vacein a donné de très bons résultats aux doses suivanles : | lec. le 1* jour 1 ce. 1/2Ne 2

2 cc. fetasrse

Dans les formes seplicémiques particulièrement graves, avec où sans lésions pulmonaires, on a pratiqué, tous les jours, pendant six jours, des injections intraveineuses de 1 ec. de vaccin, au taux de 100 millions de germes. (Depuis Wright, en effet, on admet que les doses à employer doivent être d'autant plus faibles que l'organisme est plus atteint.) Or, dans les observations qui vont suivre, on a vu te grippés à hémoculture négative guérir aussi bien à la suite de la vaccination qu'après TFemploi de solutions colloïdales d’or ou d'argent.

Er APRES

Mais, loules les fois que l'hémoculture a élé positive, on a Considéré la Présence du pneumocoque dans le sang comme comportant un pronostic fatal (du moins dans le cadre — lieu, temps, milieu — où les observations ont été relevées), La vaccination intraveineuse a été suivie presque toujours de guérison.

Le vaccin de Ranque et Senez est obtenu de souches diverses de pneumocoques et streptocoques isolés par hémoculture, stérilisés et atténués par l'iode, solution à

1 p. 100 de :

TO L'ONU INT ENRET 2or Jodure de potassium Rire Eau... DÉPSGRER" 100 —

L' ‘antiseptique est éliminé par addition d’une solution stérile d'hyposulfite de soude. Le titre des émulsions varie suivant que l’on veut pratiquer des injections sous- cutanées { préventive es} ou intra-veineuses {curalives ). Dans le premier cas, on emploie un vaccin contenant un milliard de germes par cc. : dans le deuxième cas, on réduit ce nombre à 100 inillions ou 200 millions de germes.

L'innocuité de ce vaccin est aussi parfaite que celle des vaccins précités.

On constate en général, 10 à 12 heures après l'injection,du vaccin, une élévation de température de 0°5 environ. Le lendemain, la courbe thermique tombe brusquement. Elle peut subir à plusieurs reprises une élévation. Mais elle finit généralement par. céder aux injections successives de vaccin, De ce fait, le plateau de la pneumonie, par exemple, est plus accidenté et

moins étendu.

| ms. es

Il faut rappeler que les pneumonies grippales n'évo-

luent pas avec la même PAU Le les Pnéuinonies

classiques.

Le pouls suit une marche parallèle à celle de la température. La diminution des pulsations précédant celle de la température est d'un bon pronostic. Leur aug mehlation au contraire doit faire prévoir une pRHEèCe nouvelle de l'infection.

Par ailleurs, on constate une augmentation du volume des urines el une sédation des phénomènes douloureux. La crise urinaire peut parfois se produire deux

ou trois jours après la déférvescence. Au poumon les

signes sthéloscopiques sont arrêtés dans leur évolution. Mais on constate, longtemps après la défervescence, la

persislance des signes préexistants : le vaccin stérilise

la lésion anatomique, mais ne la cicatrise pas d emblée.

‘Ge qui distingue principalement ce vaccin mixte 1odé

des vaccins anglais, c'est sa teneur beaucoup plus grande

en microbes par cent. cube (100 millions à un milliard,

au lieu de 5 à 50 millions de germes).

La technique de l'emploi de ces vaceins est ‘également différente: les vaccins anglais sont injectés par

voie sous- cutanée, tandis que le vaccin iodé est injecté

par voie inlra-veineuse, quand on veut r utiliser en bacfériothérapie. curative. |

Nous allons maintenant présenter quelques observations concernant des malades traités! par Îles Stocksvaccins antipheumococciques el antistreptococciques iodés. Nous regrettons de ne pour oir r joindre les courbes thermiques à ces observations.

AL

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