‹ Bagatelles moralesChapitre 2 sur 13 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

de ce recueil^ sans en nommer l'auteur, qu'il connaissait pourtant bien : « L'auteur dit, d'une manière très agréable, des vérités précieuses. Il a rasseniblé dans son livre huit morceaux, en cet ordre et sous ces titres : Le Siècle présent; Découverte de LA Pierre philosophale ; l'Année merveilleuse; LA Magie démontrée; Plaisir pour le Peuple; Lettre a un Grand ; Découverte de l'île Frivole ; Lettre a une Dame anglaise. De tous ces morceaux il ny a que le premier qui soit neuf: tous les autres ont paru en divers temps, et le public leur a fait beaucoup d'accueil. Il serait trivial de redire aujourd'hui ce que contient l'Année merveilleuse , dont il a été distribué vingt mille exemplaires • et il en est à peu près de même de la Lettre a une Dame anglaise, de l'Île Frivole, etc. C'était, il y a quelques années, la littérature des cafés, des places publiques, des promenades, des grands et des petits, de ceux qui étaient chargés de ridicules et de ceux qui n'avaient encore appris qu'il les remarquer. »

Le journaliste des Mémoires de Trévoux, en examinant avec bienveillance Vun après Vautre les différents morceaux qui composent ce recueil, constate que « l'auteur trouve, en tout cela, matière ci l'ironie, qui est toujours son genre, mais ironie fine, soutenue, variée, nuancée avec cet air d'ingénuité que si peu de gens savent feindre ci propos ». L'ingénieux mora-

PREFACE m

liste, comme on le qualifie dans cette critique de famille, puisque l'auteur avait été jésuite ainsi que le rédacteur de ces Mémoires littéraires, pouvait sevanter, en effet, d'avoir obtenu des succès extraordinaires, en publiant, par cahiers vendus à très bas prix, les différentes pièces qud venait de réunir pour la première fois.

Ce n'est pas avec la même sympathie ni la même équité qu elles étaient jugées par Grinim et Diderot dans la Correspondance littéraire, philosophique et critique, qu'ils adressaient manuscrite à divers petits souverains d'Allemagne. « M. Vabbé Coyer, disaient-ils un peu bien brutalement, a rassemblé, sous le titre de Bagatelles morales, différentes feuilles sans feu et sans sel, dans lesquelles il a voulu peindre nos mœurs et nos ridicules. Pour les saisir, il faut du génie et du goût; j'ignore que M. l'abbé Coyer en ait : pour les rendre avec légèreté et finesse, il faut savoir bien au juste ce qui est de bon ou de mauvais ton. Si monsieur l'abbé n'en connaît que le dernier, c'est sans le savoir. Cependant je ne serais pas étonné que ces bagatelles fussent regardées conime quelque chose dans la province et dans certains quartiers de Paris. Chaque quartier a ses beaux-esprits, et, si M. l'abbé Coyer ne réussit pas dans celui du Pcdais- Koyal ou du faubourg Saint-Germain, il ncn est pas moins peut-être le Crébillon du Marais ou de la rue Saint-Denis. »

Le recueil des Bagatelles morales fut apprécié

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