‹ Bagnes, prisons et criminels (volume 2)Chapitre 13 sur 45 · MAISON DE CLICHY · texte numérisé non relu

MAISON DE CLICHY

lui : rien ne peut la décider à le quitter ; et la vive douleur qu'elle éprouve de cet accident détermine l'accouchement. Alors le directeur, M. Preux, dont l'humanité est si connue, fait dresser un lit dans la cellule destinée au mari , et là , pendant tout le temps nécessaire à son rétablissement , madame *** reste à la maison de Clichy, comblée des soins des autres détenus , qui adoptent l'enfant, né au milieu d'eux. Tous s'abstiennent du moindre bruit; ils oublient leur propre infortune pour soulager celle de leurs nouveaux compagnons; et, grâce à des sacrifices qu'on n'obtiendrait peut-être pas d'une réunion de nos salons , rien , absolument rien ne manque à l'innocente créature qui reçoit le jour sous des verrous.

On devine qu'une auguste mère de famille n'a pu rester étrangère à cette bonne action ; la Providence a protégé le malheur non mérité ; et l'enfant trouvera dans l'avenir une compensation au pénible souvenir du lieu de sa naissance et de la captivité de ses parens.

Les<iétenus de Clichy, qui ont formé parmi eux un comité de bienfaisance pour secourir ceux de leurs compagnons qu'une excessivç

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misère et une bonne conduite rendent intéressans, ont voulu achever leur ouvrage en faisant une souscription pour payer la dette, cause de l'emprisonnement de M. ***, et aujourd'hui cet intéressant ménage a repris son petit commerce^ et nous avons l'espérance que l'œuvre de cet estimable comité produira le résultat que sa généreuse pensée mérite d'obtenir.

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l'abbaye.

Les fonctions que je remplissais^ il y a dix ans^ m'ont fourni les moyens de visiter souvent les prisons militaires de Paris. Depuis cette époque peu de changemens y ont été introduits , et j'en suis encore à réclamer la sollicitude de l'autorité envers une classe aussi intéressante que celle

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