ORLÉANS
La prison d'Orléans est. on ne peut mieux disposée sous les rapports de sûreté ou de salubrité. Un assez grand nombre de détenus des deux sexes peuplent ordinairement cette maison. Les hommes sont séparés des femmes; mais les passagers j les prévenus y les gens pour dettes y et les condamnés sont ensemble. Les détenus ne travaillent pas. Il faut remarquer, en outre, qiie les jeunes prisonniers passent tout leur temps avec les condamnés plus âgés : est-il un plus grand danger pour ces malheureux enfans? Telle était ma réflexion, lorsque j e vis un petit garçon (de six à sept ans) parmi les hommes qui m'entouraient. Croyant qu'il était en mon pouvoir d'améliorer son sort, je demandai avec empressement au concierge ce qui avait causé l'emprisonnement de ce pauvre enfant ; j'appris qu'on l'avait trouvé dans la rue ne sachant où aller, et qu'en attendant son placement dans un hospice, on le retenait pri-
sdnnier. Cette réponse me fit prendre encore plus d'intérêt à ce jeune orphelin. Je lui adressai plusieurs questions ; il répondit de manière à exciter mon intérêt , et avec des expressions attendrissantes, pour me faire connaître la peine qu'il ressentait d'être ainsi renfermé. Cet enfant avait pour protecteur et principal compagnon d'infortune un homme très criminel , et bien capable de le corrompre. J'avoue que mon indignation était à son comble. En ce moment les détenus me témoignèrent le vif désir qu'ils avaient de s'instruire et de travailler pendant leur captivité. Dans ce nombre se trouvaient plusieurs prévenus attendant depuis assez long-temps leur jugement. Un des cachots était la demeure d'un Suisse qui devait être fusillé; plus loin, un pauvre jeune homme, condamné à douze ans de boulet , s'occupait à modeler en plâtre une vierge destinée à la chapelle de la prison. Le dernier détenu que je vis était un homme âgé de vingt-quatre ans, ayant assassiné et avoué son crime; il était père de quatre enfans jeunes encore , et qui n'existaient que par son travail
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