BAYONNE. — ORTHÈS
La prison de Bayonne est d'une construction vicieuse et insalubre ; les murs qui l'entourent- ' - sont trop élevés, et les chambres sont d*une petitesse extrême. Les prisonniers n'y travail-, lent pas du tout, mais la raison en est simple : il exjste à Bayonne une association de dames qui font des quêtes pour les indigens de toutes ^ sortes. Elles donnent aux prisonniers une partie des secours qu'elles obtiennent, et ils se ■ ' trouvent ainsi dispensés de trayaillej pour adoucir leur sort. Il est évident, d'îtprès seulement ce que j'ai dit plus haut «ur les afantages
-• DES D^PARTEMElVS.
(lii travail, que ces dames , avec les intention» les plus louables, font beaucoup plus de mal que de bien : c'est par là aussi que l'on encourage la paresse. Du reste, ils ne reçoivent pas même la visite d'un aumônier.
On y trouve quelques aliénés ; cependant
'Bayontie pourrait bien leur consacrer un local particulier. Quoique riche, cette ville paraîtra
i foft pauvre, si on la juge d'après ses pi^ns et se&l^pitaux. Tous ses revenus seraient-ils doi^c sacrifiés à l'entretien et à l'embelliasement des fortifications? Il faut que nous ayons: des places fortes pour protéger nos frontières, mais il
^ faut bien aussi que l'indigent malade trouve un refuge, et ne pas abandonner le prisonnier dans
' un lieu malsain.
Les prisons d'Orthès sont peu considérables; elles ne contiennent que trois ou quatre chambres: du reste, elles sont propres et convenablement aérées. Un ctes vices les plus importans de cette maison est le manque absolu d'eau; on efet chaque jour obligé de l'aller chercher à force de bras, à la rivière, qui se trouve très loin.
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BAGNÉRES.
^ * L'édifice de la prison est netrf , et rexfcépfRTr
^ en est même assez élégant; mais oh y retrouve un défaut liialheureùsemerit trop commun dlns ces sortes d'établissemens. Les chambrtfe soiit^ extrêmement petites-, la disposition des localités est incommode par son irrégularité, etjes , qaurs sont d'une épaisseur telle, que lesfeilféâtres . sont un long canal par lequel l'air ne saurait , entrer et sortir aisément. Ici l'eau ne magique pas, et une petite dérivation de TAdour, qui, •- divisé en cent branches, parcourt toute cette ville, vient surgir dans une jolie cour. Ce n'e&t pas sans étonnement que j'ai appris que les^ prisonniers ne recevaient que la livre et demie* de pain, et jamais de soupe, à moins que les concierges^ dont la bonté et la douceur contredisent parfois la locution- proverbiale qui càw, ' ractérise les gens de leur métier, ne leur en préparassent à leurs frais. Ne s^^ait-il pa&'idu devoir de l'autorité de veiller à ce que dans toutes les prisons la nourriture fût saine et siift fisammen^ abondante ? c'est là une des obliga-
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tiojffs les plus simples et les plus sacrées qu'impose la loi matérielle de Thumanité, et dont rien ne devrait dispenser les agens commis à la sârveillance dfs infortunés détenus.
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