ANCIEN BAGNE
repousse, et, privés de leurs droits militaires, il ne leur reste plus en partage au sortir de captivité que le mépris public , la misère et le désespoir.
» Un grand nombre, parmi eux, comptent dans leurs parens des pairs de France, des officiers, des magistrats, des hommes de lettres distingués , sur lesquels leur jugement sévère déverse en quelque sorte le déshonneur ; car on voudrait en vain le nier, ils ne commirent jamais d'action contraire à la probité , ils ne versèrent point le sanginnocent... un mot, un seul mot incompatible avec la hiérarchie militaire les perdit et cependant la loi leur inflige en outre
de cinq ans de captivité une surveillance; l'opinion publique les flétrit..,.
» Ils ne se plaignent point de leurs chefs, des supérieurs surtout. M. le comte Redon , préfet maritime, M. le commandant Ribell, ingénieur, M.Dubreuil, commissaire principal, et MM. Collot et Tybouly, commissaires de l'établissement , les regardent plutôt comme des enfans que comme des captifs. Mais ils sont couverts de la livrée des criminels, ils portent des fers honteux qui ne devraient être donnés qu'aux