‹ Bailliages de Versailles et de Meudon: les cahiers des paroisses avec commentaires accompagnésChapitre 52 sur 100 · CAHIER DE PORT-MARLY · texte numérisé non relu

CAHIER DE PORT-MARLY

Cahier des plaintes, doléances et remontrances faites par le général des habitants de la paroisse Saint-Louis de Port-Marly, le mardi 44 avril 1789.

1° Qu'ils rendent grâces au roi, leur souverain, de la convocation qu'il a plu à S. M. de faire des Etats généraux de tout son royaume, pour assurer la réforme des abus et la prospérité générale et particulière de tous ses sujets;

2° Qu'ils renouvellent avec plaisir les serments de fidélité et obéissance inviolable, qu'ils ont toujours rendues à S. M. et dans lesquelles ils veulent vivre et mourir ;

3° Qu'ils demandent que pour fournir aux besoins et à la gloire de l'Etat, tous les propriétaires de fonds, indistinctement, sans aucun égard à la naissance ou à la profession, soient tenus de contribuer à tous et chacun des impôts sans aucune exception;

4° Que cette contribution de tous et chacun des propriétaires sera proportionnée à la quotité et à la qualité de leurs possessions ;

5° Que les journaliers proprement dits seront exempts de toutes les contributions autres que celles des consommations et de la milice ;

6° La répartition des impôts à payer par chaque communauté sera faite par douze habitants du lieu, élus par leurs cohabitants;

7° Que la milice par la voie au sort sera supprimée et remplacée par une prestation en argent, à raison de 150 liv. par chaque soldat que la paroisse doit fournir ;

8° Que cette contribution sera payée également et sans distinction par tous et chacun des chefs de famille composant la paroisse, quand même ils ne seraient pas compris au rôle des autres impositions ;

Le numéro 9 n'existe pas, le cahier porte 8, puis 10.

10° Que la contribution du territoire de Marly soit établie eu égard aux 200 arpents de communes, que le feu roi Louis XIV a enfermés dans son parc de Marly, et dont les habitants n'ont point été indemnisés;

11° Qu'ils demandent qu'il soit fait un rôle séparé de leurs impositions, qui sera réparti par douze notables de leur paroisse ;

12° Qu'ils demandent la suppression de tout impôt sur l'industrie quelconque, comme incompatible avec la prospérité du commerce ;

13° Que la suppression soit faite des droits qui se perçoivent journellement sur les marchandises qui arrivent au port de Marly par la navigation de la Seine, eu égard qu'elle augmente considérablement les marchandises, ce qui gène les commerçants qui sont forcés de la faire supporter en détail au public ; ou du moins, qu'ils soient modérés en proportion de l'entretien du port ;

14° La suppression totalement des droits qui se paient journellement pour le déchirage des toues et bateaux, parce que ce droit augmente la marchandise d'un tiers au-dessus de sa valeur ;

15° Qu'il ne soit établi aucuns droits nouveaux sur aucune

espèce de marchandises qui arrivent au port, sous quelque prétexte et dénomination que ce puisse être, avant qu'il en ait été communiqué aux habitants, et d'avoir eu leur avis sur les motifs qui auront décidé ladite imposition ;

16° Que le sel soit libre par tout le royaume et rendu commerçable, ce qui sera un grand avantage pour le laboureur, qui pourra s'en servir dans ses terres et en donner à ses bestiaux ;

17° La destruction de la machine de Marly comme d'un monument très dispendieux, et qui peut être suppléé par une pompe à feu ou autre machine hydraulique en état de fournir à Versailles et au jardin de Marly et autres lieux, et à moindres frais, le double de l'eau que fournit la machine actuelle ;

La suppression de la machine rendra à la navigation un bras de la rivière qui lui est très nécessaire pour éviter la rivière neuve, dont la navigation est très dangereuse ;

Il ne se passe guère d'années qu'il n'y ait quelque naufrage occasionné par la rapidité de l'eau, au passage appelé vulgairement la Morne ;

48° Que les colombiers à pied (4) soient détruits ainsi que les garennes à lapins, vu le tort immense que ces deux espèces causent à l'agriculture ;

19° Que le lit de la rivière qui se trouve rempli de pierres et de pieux, qui forment autant d'écueils pour la navigation, soit nettoyé ;

20° Qu'il ne soit permis aucune exportation de blé, tant qu'il vaudra au marché plus de 20 livres, le seller de 240 livres, poids de marc ;

21° Un ponceau sur le ruisseau qui partage la commune pour haler les bateaux.

Lesquelles représentations lesdits habitants ont faites et conclues les jour et an que des autres paris, et ont signé,

(1) Colombiers en bois, portatifs et roulants. — Littré donne une autre définition.

exceplé Louis Masson, voiturier par terre; Antoine Lebon, journalier; André Lémon, boulanger; André Séré, journalier, et autres habitants présents, qui déclarent ne savoir signer ni écrire.

Berton. — Moutier. — Gontier. — Barault. — Descaves. — Bizot. — Gobilliard. — Roté. — Vénard. — Lejeuae. — Houdon. — Leveau. — Jaud. — Allain. — Boulanger. — B. Gontier. — Robert. — Hébert. — Bazois. — Hubert. — • Leblond. — Fournet. — Bailly. — Michel Normand. — Catutelle. — Quidor. — Pierre Lefèvre. — Boulanger. — Fremy. — Jules Habert, Jaud, et quelques signatures illisibles.

Au-dessous, on lit cette note :

« Les possesseurs de terrains sur les grandes routes sont gênés pour leurs clôtures par les officiers du bureau <bs finances, qui veulent que leurs clôtures soient établies à douze pieds des arbres plantés sur le bord de la route, ce qui causerait un© perte énorme aux propriétaires riverains, et qui n'est fondé sur aucun édit ni déclaration dûment enregistrée, ni publiée, ni signifiée. »

Les délégués à rassemblée de Versailles furent Vénard le jeune, et Berton, fils.

Le cahier a été écrit par Vénard, le jeune.

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