‹ Bailliages de Versailles et de Meudon: les cahiers des paroisses avec commentaires accompagnésChapitre 72 sur 100 · CAPITAINERIE DE VERSAILLES · texte numérisé non relu

CAPITAINERIE DE VERSAILLES

De par le Roi,

Et nous Henri d'Aillon, duc de Lude, chevalier des deux ordres du roi, grand-maître et capitaine général de l'artillerie de France, colonel du régiment des fusilliers, entretenu pour le service de Sa Majesté, capitaine et gouverneur des châteaux et maisons royales, parcs, forêts et chasses de Saint-Germain-en-Laye, Versailles, la Muette, Ste-Gemme, ville et pont de Poissy, plaines, garennes, bois et buissons en dépendants, juge sur le fait des chasses, audit Saint- Germain à deux lieues à l'entour ;

Sur la remontrance du procureur du roi, défenses sont faites à toutes personnes, de quelque qualité et conditions qu'elles soient, de porter ni tirer de l'arquebuse, tenir chiens courants, chasser avec l'aide de lévriers, ni autres chiens, oiseaux, filets, furets, faire triquetrac et battues dans les forêts, bois et buissons, garennes, plaines et vignes de ladite capitainerie, à peine de 200 livres d'amende (environ 4,200 francs d'aujourd'hui), confiscation d'armes et de chevaux, et de prison ;

Aux laboureurs, vignerons, leurs domestiques, charretiers, bergers, mener chiens, autrement qu'en laisse ou le jarret coupé, envoyer leurs bestiaux et troupeaux dans le bois de Sa Majesté;

Il est évident par ce détail que les bois de Sa Majesté

n'étaient pas clos de murs, le gibier se répandait sur les terres des laboureurs et les dévastait impunément.

Aux ecclésiastiques et particuliers, de chasser dans rétendue de cette capitainerie, sans permission, sur la même peine de 100 livres d'amende (600 francs), confiscation des bestiaux qui y seront trouvés, et du double de l'amende contre ceux qui contreviendront, depuis le 1 er avril jusqu'au 1 er juillet; comme aussi de cueillir aucunes herbes dans les forêts, bois et buissons et particulièrement dans les plaines, dénicher aucunes aires d'oiseaux, aller en icelles, sinon par le grand chemin, et dénicher aucuns œufs de perdrix et faisans, sous prétexte de cueillir des herbes dans les prés, vignes, oseraies, sans s'y transporter, si ce n'est pour y arracher les chardons, jusqu'au 1 er juin seulement, et non après ; et même à tous propriétaires, fermiers, locataires et autres, ayant îles, prés et bourgognes en l'étendue de cette capitainerie, même faire faucher, qu'il n'ait été par nous reconnu que les perdrix qui, après leur période, y pourront avoir fait leur ponte, aient élevé leurs perdreaux en état de s'y pouvoir sauver, et qu'ils n'en aient eu la permission de nous 1 , à peine aussi de 100 livres d'amende, attendu qu'il y va du plaisir du roi, élévation et conservation d'iceluy es dits lieux ; enjoignons d'apporter et mettre entre les mains des officiers les mues des cerfs, qu'ils trouveront, à peine de prison et de 200 livres d'amende.

Pareillement défenses sont faites à toutes personnes de tendre ou de laisser tendre dans leurs vignes ou héritages, aucuns collets, filets et autres engins à prendre perdrix, lièvres et autres gibiers, à peine de 150 livres d'amende à rencontre de ceux qui les auront mis et tendus, dont les propriétaires demeurant sur les lieux, et les vignerons et laboureurs qui façonneront lesdits héritages, seront responsables, selon leur recours, contre qui ils aviseront bon être ; enjoint aux gardes de ladite capitainerie d'avoir l'œil el

CAHIRRS DB 1789. 197

tenir la main à ce que les présentes défenses soient observées, à peine de suspension de leurs charges.

Fait à Saint-Germain-en-Laye, le 1 er jour d'avril 1680.

Collationné par moi greffier de ladite capitainerie,

Gramond.

Je soussigné certifie que l'ordonnance ci-dessus a été publiée à la grand'messe de la fête de l'Annonciation.

N. Thibaut.

Cette ordonnance, quoiqu'elle semble moins brutale que les précédentes, était peut-être plus nuisible aux laboureurs. Elle portait un préjudice incalculable à l'agriculture, et pendant plus d'un siècle les plaisirs du roi auront causé la ruine et la mort d'un grand nombre de ses sujets.

Les effets de ces ordonnances :

Page 1