‹ Bailliages de Versailles et de Meudon: les cahiers des paroisses avec commentaires accompagnésChapitre 97 sur 100 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

M. le curé présume qu'il est très aisé de rendre cette paroisse vivante : les moyens sont connus.

La Cure. — Quoique le sol de Dampierre soit peu fertile, M. le curé se contentera de la dime telle qu'elle se comporte, pour tout dédommagement : constitution inébranlable de son bénéfice cure ; il y a aussi tout lieu de croire que les révolutions présentes détermineront à restituer aux pasteurs, vraies colonnes de l'Eglise, le plus ferme appui du royaume de France, seul utile, au peuple et au roi, à restituer, dis-je, des dîmes qui leur furent enlevées dans des temps malheureux, et contre toute justice.

Vicariat de Dampierre. — Les dames de Saint- Cyr doivent légitimement, en qualité de grosses decimatrices, la portion vicariale qui fait moitié de la portion congrue, et ce, d'autant mieux fondé, que la paroisse de Dampierre est composée d'un nombre légitime de communiants, selon toutes les ordonnances, vicariat existant depuis 150 ans. Malgré ce, tous les édits rendus en sa faveur depuis ce laps de temps, demandes, importunités faites aux dames de Saint- Cyr; ces dames jalouses de leurs revenus, non d'en remplir les charges, toujours habiles interprètes des lois, prétendent ne rien devoir au vicaire de Dampierre, parce qu'elles paient au pauvre curé 13 setiers, 4 boisseaux de froment et 40 mi-

nots d'avoine. Ainsi sont traités les malheureux. Voilà des abus, et des plus grands, il est temps d'y remédier, et que justice se fasse.

Le maître d'école et les sœurs souffrants dans la paroisse de Dampierre !

Qui peut ignorer que l'Etat a des ressources infinies pour la fixation de ces établissements. Nous avons dans le royaume tant de riches bénéficiera absolument indolents, tant de communautés oisives, hors de leurs règles; voilà des moyens de source. Que l'Etat y puise : il trouvera dans ces opulentes habitations toute bienfaisance, la vie même du peuple. Telles sont les plaintes, doléances du sieur curé de Dampierre, soumises à vos lumières, au jugement et à la justice de l'Etat (1).

A Dampierre, ce 15 mars 1789. Dupuis

Curé de Dampierre.

(1) Ce cahier et le suivant, unis ensemble par un ruban bleu, ont été écrits de la même main, et d'une écriture fort belle ; l'orthographe laisse à désirer. Il est probable que le maître d'école de Dampierre a copié les minutes des deux curés. Le curé de Dampierre, dont la signature accuse beaucoup d'intelligence, porta son cahier et celui de son confrère à Montfort ; il était son fondé de pouvoir; le curé Brochier, avancé en âge, à en juger par sa signature tremblée, n'ayant pas de vicaire, ne put se rendre à l'assemblée générale du bailliage.

En tête des cahiers on lit aussi vu : ce qui annonce que la commission de rédaction a pris connaissance de ces doléances.

Page 1