‹ Bains à l'hydrofère [electronic resource]Chapitre 4 sur 10 · EFFETS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

EFFETS PHYSIOLOGIQUES

Sensations, — Ktat du pouls avant et après le bain.

Nous fîmes prendre des bains à l'Hydrofère à des sujets de tout âge, dans le but de constater les sensations qu'ils accuseraient. Les expériences furent souvent répétées sur plusieurs individus, de manière à obtenir des indications offrant toute garantie de certi-

tude et, d'ailleurs, faciles à contrôler les unes par les autres.

Tous les sujets soumis aux essais déclarèrent, soit pendant, soit après le bain, que les sensations étaient à peu près les mêmes que dans la baignoire ; qu'ils éprouvaient la même impression d'immersion, qu'ils n'établissaient pas de différence entre l'un et l'autre mode de balnéation. Cependant, des enfants et des femmes accusèrent de légers picotements à la peau, provenant, sans nul doute, de la percussion des gouttelettes aqueuses. Cette sensation n'avait, d'ailleurs, rien de désagréable.

Quelques malades s'étant plaint de froid aux pieds , des dispositions furent prises pour chauffer ces extrémités. Depuis lors, aucune plainte ne fut exprimée ; tous les sujets interrogés par nous, répondirent qu'ils se trouvaient bien.

Les malades aiment, en général, à exposer la tête, comme le reste du corps, à la poussière d'eau. En cela, le nouveau bain offre un avantage pour le traitement des maladies qui affectent la tête ou la face.

L'état du pouls fut examiné chez cinq personnes, avant et après le bain. Chez une, on trouva, après le

bain, cinq pulsations de moins à la minute; chez trois, qualre pulsations de moins; pas de variation chez la cinquième.

Absorption. — H'Aett des urines avant o* après le bain.

Nous crûmes devoir entreprendre une autre série d'expériences physiologiques, dans le but de vérifier, si faire se pouvait, le phénomène de l'absorption, par l'analyse des urines. Les nombreux expérimentateurs qui se sont livrés à des recherches semblables, pour le bain ordinaire, ont à peu près tous échoué, lorsqu'ils ont tenté de retrouver les substances en nature. Nous avouons n'avoir pas été plus heureux.

lre Expérience. — Nous faisons mêler à l'eau d'un bain à l'Hydrofère, une décoction de 60 grammes de rhubarbe par litre de liquide.

Le bain marque 32° au thermomètre.

Au sortir de la boite, le corps du sujet est entièrement recouvert de gouttelettes d'un rouge brun. L'u-

rine, avant le bain, était limpide, niais légèrement colorée en jaune ; après le bain, elle a la même limpidité, avec moins de coloration ; l'apparence en est plus aqueuse. Les essais faits, au moyen de la potasse, en vue de rechercher les principes de la rhubarbe dans les urines, ne donnent aucun résultat.

2* Expérience. — On mêle à l'eau du bain une solution contenant, pour 250 grammes d'eau distillée : Iodure de potassium. ... 15 grammes.

Iode 2. 50

Température du bain, 33°.

Les urines, acides ayant le bain, sont trouvées neutres après ; mais on y cherche vainement des traces d'iode, en les traitant avec l'amidon, avec l'eau chlorurée et l'acide sulfurique, et en répétant l'analyse sur des urines prises à plusieurs moments de la journée.

3* Expérience. — Nous faisons prendre au même sujet des bains d'eau de Vichy à THydrofère, pendant cinq jours. A la suite de chaque bain, les urines sont plus claires et offrent beaucoup moins d'acidité* Le troisième jour, elles sont trouvées neutres ou dans un état très-voisin d'une complète neutralité.

Le sujet prend, quelques jours plus tard, un bain ordinaire dans lequel ont été dissous 150 grammes de sous-carbonate de soude ; les urines sont rendues neutres. Une seconde expérience amène le même résultat.

4e Expérience. — Nous faisons prendre à une petite fille deux bains d'eau de Challes, à l'Hydrofère. À la suite de cbaque bain, elle communique à ses ■vêtements et à son coucher une odeur sulfureuse qui subsiste encore le lendemain matin, mais les traces d'iode ne sont pas retrouvées dans l'urine.

Mode d'action du nouveau hnin. — Influence «ur l'état général. — Késnmé.

' Le bain à l'Hydrofère est, dans une certaine mesure, un bain à l'eau courante, puisque le liquide coule incessamment sur toute la surface du corps du baigneur, détachant les matières étrangères et les matières sécrétées adhérentes à la surface cutanée, et les entraînant au fond de la boite. Son action physique est comparable ù celle d'une pluie do brouillard

extrêmement fine et extrêmement intense. Il diffère de la douche en ce que la percussion, bien que sensible aux peaux délicates , est incomparablement moins forte; il diffère du bain ordinaire, en ce que l'eau se renouvelle sans cesse ; il diffère plus essentiellement encore du bain de vapeur, en ce que l'eau, à l'état liquide, n'est point dépouillée des principes fixes qu'elle contient, principes qui font la valeur des eaux minérales : tout au contraire, si l'on mêle à l'eau des matières insolubles, telles que l'amidon, ces matières, comme on l'a vu, se retrouvent sur toute la surface du corps de la personne baignée.

Nous ajouterons enfin que le nouveau bain n'affaiblit pas ; il produirait plutôt l'effet opposé. Sous son influence, les chairs semblent acquérir plus de fermeté. C'est ce qui a été particulièrement remarqué chez deux malades qui ont pris un certain nombre de bains d'eau minérale de Gondillac (voir les 4e et 5e observation clinique). Peut-être cet effet doit-il être attribué, au moins en partie, à l'action astringente que cette eau emprunte au bi-carbonate de chaux, qu'elle tient en dissolution à la faveur d'une «l'tinde quantité d'acide carbonique;?

Eu résumé, le nouveau bain, quant aux sensations qu'il fait éprouver, a une grande analogie avec le bain ordinaire, bien que le mode d'action soit très-différent.

L'un et l'autre produisent un effet plus ou moins sédatif, attesté par le ralentissement du pouls.

Dans les deux systèmes, le bain alcalin neutralise les urines ou en diminue l'acidité. Aucune autre preuve d'absorption n'a été obtenue.

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