‹ Bains à l'hydrofère [electronic resource]Chapitre 5 sur 10 · EFFETS THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

EFFETS THÉRAPEUTIQUES

Les expériences en vue de l'action thérapeutique du bain de poussière d'eau, commencèrent à la fin du mois d'août. Comme nous devions faire une absence de quelques semaines, nous les limitâmes d'abord à deux malades ; mais, à notre retour, nous les étendîmes à un plus grand nombre.

Notre premier soin fut de vérifier l'action topique

du bain à l'Hydrofère, en employant les mélanges ou les solutions qui sont administrées habituellement dans les bains ordinaires. Nous avons essayé d'abord les bains amidonnés et les bains sulfureux.

Bain à l'amidon.

Dans les eas d'eczéma et de psoriasis, nous prescrivons le plus souvent le bain à l'amidon. Les deux premiers malades atteints de ces affections, furent soumis au bain amidonné, administré à l'Hydrofère, (lre et 2e observations). L'identité du liquide était nécessaire pour fournir des termes de comparaison entre les deux modes de balnéation.

Six bains suffirent pour guérir un eczéma à la seconde période, qui affectait principalement les jambes et les avant-bras. Aucun remède ne fut administré à Tintérieur; tout le traitement consista dans le petit nombre de bains que nous indiquons.

Le second malade, sujet, depuis un certain nombre d'années, à de fréquentes éruptions psoriasiques, fut

guéri dans un espace de deux mois, après avoir pris soixante bains. Divers traitements, précédemment suivis par le même individu à Saint-Louis, avaient duré de trois à huit mois, pour aboutir à une guérison moins complète.

Indépendamment du bain, le sujet prenait, d'ailleurs, chaque matin, une préparation arsenicale.

Lorsque ce malade fut soumis aux bains à l'Hydrofère, le psoriasis était à peu près général. Il affectait la face, qui fut rapidement guérie, grâce au soin qu'avait le sujet, autant par goût que par besoin, de se plonger tout entier dans la boîte à bain.

Nous avions, depuis environ quinze mois, dans notre service, un autre malade, d'un âge avancé, affecté d'un psoriasis général chronique, et probablement incurable. Depuis son entrée à. Saint-Louis, il prenait chaque jour un bain amidonné ordinaire. Nous lui fîmes prendre des bains amidonnés à l'Hydrofère. Dès le troisième jour, il déclara se sentir un peu plus libre dans ses mouvements ; la peau semblait, en effet, avoir perdu quelque peu de sa rudesse; Vexfoliation paraissait diminuer. Tous ces effets furent très-sensibles après le cinquième bain.

Pour rendre l'expérience plus concluante, nous fîmes reprendre au malade son premier traitement (le bain amidonné ordinaire). Il ne tarda pas à se plaindre du retour de la roideur primitive des articulations.

Le bain à l'Hydrofère, essayé une seconde fois, donna des résultats semblables à ceux de la première épreuve.

Comme, dans notre opinion, le traitement, quel qu'il fût, ne pouvait aboutir à une amélioration consi- " dérable, et que nous tenions à utiliser l'appareil pour d'autres expériences, il ne fut donné à cet homme que quinze bains à l'Hydrofère. Il nous a paru inutile de faire figurer ce malade, ainsi que quelques autres soumis à des essais analogues et également satisfaisants, mais incomplets, dans les observations que nous plaçons à la fin de ce travail.

Bnin nu sulfure de potassium.

Dans les cas de pytiriasis versicolor, nous prescrivons avec avantage le bain au sulfure de potassium

Nous finies administrer des bains de cette nature, au moyen de l'Hydrofère, à une femme atteinte de cette affection depuis neuf mois (3e observation).

Après le quatrième bain, le pytiriasis avait presque entièrement disparu, lorsqu'une nouvelle éruption survint aux cuisses. Trois nouveaux bains effacèrent jusqu'aux dernières traces de cette seconde éruption.

Nous avons dû noter la disparition, à la suite du traitement, d'une douleur rhumatismale que le sujet ressentait, depuis plusieurs années, au-dessous du sein gauche.

usai ta <Tcm> minérale (Se CondEIhic.

Les observations qui viennent d'être indiquées nous ayant paru fournir des termes de comparaison suffisants entre la balnéation à l'Hydrofère et la bal— néation ordinaire, nous crûmes devoir entrer dans une voie nouvelle.

L'auteur de l'Hydrofère, en réduisant la dépense du liquide à des proportions exlrômement minimes,

s'est principalement proposé pour but l'emploi des eaux minérales en bains, loin des sources comme aux sources mêmes. Le problème est-il résolu? L'observation seule pouvait fournir une réponse certaine à tine question de cette importance. Sans doute, les résultats obtenus au moyen des bains composés, faisaient pressentir ceux qu'il était permis d'espérer des feains minéraux naturels. Mais, en thérapeutique, des présomptions ne suffisent pas : des faits sont nécessaires.

Ainsi que nous l'avons dit, nous prescrivons fréquemment le bain ami-donné dans les cas d'eczéma et de psoriasis ; cependant le bain alcalin est souvent utila, il est même nécessaire dans certaines maladies. Nous résolûmes d'expérimenter en bains l'eau minérale naturelle de Condillac ; nous pensions que le bicarbonate de chaux qu'elle contient, par ses effets astringents,. pourrait aider, notamment, à la cicatrisation des crevasses qui accompagnent quelquefois le psoriasis. C'est ce dont nous eûmes bientôt la preuve (58 observation). Nous pensions encore que l'action astringente de l'eau de Condillac pourrait opposer un obstacle à la formation des squammes et a l'exfolia-

tion. Sur ce point, l'observation ne nous a encore rien révélé de concluant.

Il convient de faire remarquer, d'ailleurs, que l'expérience des bains d'eau de Condillac à l'Hydrofère, commencée en octobre, a été continuée en novembre, décembre et janvier ; qu'elle a eu lieu dans une saison que tous les hydrologues s'accordent à considérer comme très-peu favorable à la balnéation.

Nous citerons d'abord le malade qui fait le sujet de la quatrième observation, atteint, depuis longtemps, d'un psoriasis palmaire et plantaire. Il entra, pour la troisième fois, dans notre service, le 14 juin 1859. Du 14 juin aux premiers jours d'octobre, il s'était montré complètement rebelle aux moyens curatifs ordinaires. C'était le cas d'essayer l'eau de Condillac, à l'Hydrofère. Le traitement commença le 9 octobre. Dès le 15, les squammes offraient moins d'épaisseur et les doigts moins de roideur.

Le 25 novembre, les pieds sont trouvés mieux qu'ils n'ont jamais été depuis que le malade est sujet au psoriasis (environ quinze ans).

Les mains, sans présenter un état aussi satisfaisant,

il s'en faut, sont mieux que le malade ne se les est vues depuis trois ans.

Le traitement est encore continué pendant un mois, sans résultat nouveau

Le 29 décembre, nous faisons substituer l'eau amidonnée à l'eau minérale de Condillac.

Le 25 janvier, nous constatons que l'amélioration considérable, procurée par le premier traitement, subsiste toujours, mais que les bains amidonnés n'y ont rien ajouté. Nous doutons qu'il puisse être obtenu davantage.

Le fait suivant (5e observation) est plus concluant : nous traitions, depuis un mois, par le bain alcalin ordinaire, une petite fille maladive, dont les coudes, les genoux et leurs pourtours offraient des plaques psoriasiques étendues et très-épaisses. Le traitement n'avait encore procuré aucune amélioration.

Indépendamment du bain, la malade prenait chaque jour, à l'intérieur, une préparation arsenicale.

Le 10 octobre, nous faisons substituer le bain à l'Hydrofère au bain ordinaire. Toute médication interne cesse à partir de ce jour ; nous tenons à vérifier l'action du nouveau bain, isolé de tout auxiliaire.

Nous prescrivons d'abord le bain au sulfure de potassium, à l'IIydrofère. — Des gerçures profondes et saignantes se déclarent ; la malade accuse de vives souffrances.

L'eau sulfureuse est remplacée par l'eau minérale de Condillac. — Les gerçures sont en partie cicatrisées au bout de six jours ; mais la jeune fille accuse, durant le bain, de vifs picotements aux parties malades.— L'eau amidonnée est substituée à l'eau de Condillac.— Le mal reste stationnaire.

On revient à l'eau de Condillac, en ayant soin de l'étendre, cette fois, d'un quart d'eau commune. Dans ces conditions, le bain est bien supporté. Au bout de vingt-six jours, on constate une amélioration considérable ; les plaques des genoux ont moitié moins d'épaisseur; les coudes sont presque nets.

Un mois plus tard, la guérison touche à son terme, lorsque quelques nouvelles plaques squammeuses apparaissent au-dessous des genoux. Le traitement est prolongé jusqu'au 21 janvier. — Les nouvelles plaques ont en grande partie disparu; il en reste trois ou quatre qui peuvent avoir les dimonsions d'une pièce de vingt centimes; tout le reste du corps est net.

Quelques bains seraient encore nécessaires pour effacer les dernières traces de cette petite éruption ; mais la jeune fille est rappelée auprès de son père malade. En même temps que disparaissait l'éruption, l'état général de l'enfant a été considérablement amélioré.

Il est à supposer qu'une médication interne eût hâté la guérison; mais l'action, soit de l'Hydrofère, soit de l'eau de Condillac, ne se fût pas révélée ave* la même certitude.

L'eczéma aux bourses, de môme que celui qui affecte la tète, est un des cas rebelles de ce genre de maladie. Trente-trois bains d'eau de Condillac, à l'Hydrofère, ont été nécessaires pour guérir un Eczéma aux bourses datant de deux ans (6e observation) . Peut-être, dans ce cas particulier, le bain amidonné oût-il aussi bien réussi.

Nous avons enfin traité par l'eau de. Condillac, à l'Hydrofère, une fille présentant tous les symptômes de l'hystérie, qui était affectée de prurigo (7° observation). Les éruptions, comme cela arrive dans ce genre de maladie, ont disparu et reparu plusieurs fois, mais avec une intensité toujours décroissante. Après le trente-deuxième bain, la guérison était complète.

imin d'eau de mer.

Parmi les eaux minérales, il en est une, peut-être a première entre toutes, dont on ne retire encore qu'une bien faible partie des services qu'elle nous paraît appelée à rendre ; nous voulons parler de l'eau de mer.

11 ne faudrait pas confondre les effets thérapeutiques de la balnéalion sur les côtes de l'Océan, avec ceux que peut donner l'eau de mer, élevée à la température du bain ordinaire. Dans la balnéalion à la côte, la fraîcheur de l'eau ne permet qu'une immersion de peu de durée, analogue à l'immersion bydrothérapique, avec des avantages particuliers et considérables : le grand air, le soleil, la percussion des vagues, une atmosphère souvent chargée de principes salins, etc., etc. Mais, dans ce bain à la lame, en raison de sa courte durée, l'absorption des principes minéralisateurs n'est pas supposable ; la température seule agit.

II doit en être autrement avec lebain d'eau do mer tiédie, dont la durée peut être portée à une heure et plus. Ici la minéralisation peut jouer un grand rôle, dans le traitement de nombreuses affections, notamment de celles qui se rattachent à la diathèse scrofuleuse.

Nous avions, depuis quelque temps, pris la résolution d'essayer l'eau de mer, au moyen de l'ïïydrofère. Les expériences n'ont pu commencer que le 13 janvier. Elles ont été entreprises sur un jeune garçon et une jeune femme scrofuleux. Les résultats des dix-huit premiers jours de traitement ont été assez remarquables pour que nous croyions devoir en faire le sujet de deux observations (8e et 9e.) L'état premier et l'état actuel des deux malades se trouvant soigneusement décrits dans ces deux observations, nous jugeons inutile d'en faire ici le sujet d'un exposé sommaire et, par cela même, incomplet.

SSaln mereurle!.

Le bain mercuriel à l'Hydrofère, composé d'une solution d'un gramme et demi de sublimé dans trois litres et demi d'eau, a été essayé sur une femme atteinte de syphilis, dont les parties génitales présentaient des plaques muqueuses avec démangeaisons si vives que le sommeil en était troublé. Le bain a fait cesser les démangeaisons*; il n'a pas donné d'autres résultats. Dans la syphilis, la médication interne sera toujours la plus active ; cependant, il pourrait être bon, dans quelques cas, de la combiner avec le traitement externe. Nous pensons, d'ailleurs, que le bain de sublimé, donné de cette manière, peut être avantageusement substitué au bain de sublimé ordinaire, dans un assez grand nombre de maladies cutanées et, en pailiculier, dans celles qui entraînent de vives démangeaisons

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