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servotesi aux étu¥$s souterraines que l'on vient de
parcourir tout ù l'heure.
Peisitsireg. — Au-dessus de ce grand escalier est une peinture allégorique à fresque de M. Romain Caze, d'un style vraiment magistral. Le premier personnage à gauche du spectateur est le Génie des Sources découvrant les eaux et les montrant à la Chimie qui les analyse; sur celle-ci s'appuie la Médecine, pour faire comprendre tout le parti que les médecins tirent de la connaissance parfaite des eaux ; plus loin, écoutant leurs conseils, l'Architecture trace les plans d'un édifice digne d'abriter ces eaux salutaires. Aux deux extrémités du tableau on voit les Génies des Arts et des Sciences. Ils sont de bien petite taille; l'artiste a-t-il voulu donner à entendre que les arts et les sciences sont peu cultivés à Luchon?
On voit aussi deux groupes parallèles de nymphes plus ou moins nues. Celles de droite sont absolument sans voile, celles de gauche sont à peu près vêtues; est-ce parce que les unes sont exposées au midi et les autres au nord? Ce serait original... Et si par la pensée on relève ces belles naïades de leurs poses accroupies, on trouve alors qu'elles ont à peu près toutes de bien grandes tailles.
L'architecte n'est pas tombé dans le même excès, lorsqu'il a percé les portes du bureau du fermier qui, ressemblant beaucoup à. de petites portes de couvent, forment un contraste assez singulier avec le style mythologique et grandiose de tout ce décor.
l'htahlissement actuel. 39
Nous laissons aux visiteurs L'appréciation des autres détails de cette ornementation intérieure; nous nous contenterons de constater qu'on a vu plus d'une paysanne faire le signe de la croix en entrant dans cette grande salle qu'elle prenait pour une chapelle.
I«es Ii:ûei3. — Douze salles de bains s'ouvrent à droite et à gauche dans les galeries qui aboutissent à la salle des Pas perdus. Les unes ont une voûte très-basse, les autres une voûte très-élevée, d'autres enfin offrent des cabinets couverts par de simples tentures en coutil : conditions toutes diverses qui, en modifiant différemment la température et l'action de l'air sur les vapeurs sulfureuses, donnent autant de qualités différentes aux bains de chacune de ces salles; de telle manière que les eaux de chaque source peuvent être prises avec ou sans bain de vapeur, suivant les prescriptions du médecin.
Enfin les salles et les cabinets sont pourvus d'appareils qui permettent de les aérer sans que les baigneurs ('prouvent de brusques variations de température.
Une salle spéciale est disposée pour les dames et présente, comme toutes les précédentes, des baignoires munies de tous les appareils nécessaires pour douches de toute espèce.
Une dernière salle de bains est mise à la disposition des indigents.
Outre ces belles salles de bains, dont plusieurs sont ornées de décorations peintes à fresque , l'établissement renferme cinq grandes douches, trois piscines, trois douches ascendantes fixes, une douche lo-
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cale fixe, des étuyes, des bains et douches de vapeur, des bains russes avec cabinets de repos, une piscine natatoire et sept buvettes inférieures. (Voyez le plan.)
Les eaux sont amenées aux réservoirs par des conduits en porcelaine, et de ces réservoirs dans le lieu d'emploi par des conduits en bois injecté qui conservent mieux la température de l'eau.
La disposition générale des salles, des douches et des bains est telle, que le malade trouve en entrant un air dont la température et la richesse en principes sulfureux vont croissant jusqu'à son cabinet; et au sortir du bain, au contraire, il passe successivement par des températures décroissantes, de sorte qu'il arrive au dehors sans éprouver aucune transition brusque ni dangereuse.
Cette simple énumération suffit pour faire comprendre combien est important le vaste établissement thermal de Luchon , et avec quels soins tout y a été aménagé dans le but de conserver à l'eau ses qualités, sa température, et pour permettre de modifier les propriétés de telle source en la mélangeant avec telle autre, etc., etc.
Et toutefois, comme il est de la nature des choses humaines de n'être jamais parfaites, on est bien forcé de reconnaître, après avoir admiré tout ce qui est, que ce n'est pas encore tout ce qui pourrait être, et qu'il reste quelques lacunes à combler, quelques détails à perfectionner. M. Chambert, l'architecte, en convient lui-même et avoue qu'il ferait beaucoup mieux, si la chose était à refaire.
• Mais qu'auraient donc à faire les générations qui
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nous suivront, si nous leur laissions toutes choses finies et parfaitement achevées?
Hôpital. — Lorsque M. Lachapelle jeta les fondements de l'établissement thermal, il y avait, à côté de la piscine commune, un long bâtiment couvert en ardoises qui servait d'asile aux malades étrangers et indigents; mais cet hôpital dut disparaître pour faire place aux différents thermes qui ont été successivement établis.
En septembre 1855, la municipalité a acheté, dans l'intérieur de la ville, une grande maison avec un beau jardin. On en a fait Y hôpital de Luchon pour les indigents étrangers. Moyennant 1 fr.25 cent, par jour, remboursés à la commune de Luchon par la commune d'où viennent ces malades, ils sont nourris, logés et blanchis à l'hospice et reçoivent tous les médicaments qui peuvent leur devenir nécessaires.
D'un autre côté, il vient à Luchon un grand nombre d'ouvriers malades qui, munis d'un certificat d'indigence, obtiennent les bains gratuits, mais qui doivent pourvoir eux-mêmes à leur logement et à leur entretien.
Au reste, tout étranger qui se trouve dans une position nécessiteuse peut, à l'aide de quelques recommandations, obtenir du maire de Luchon une remise sur le prix des eaux dont il a besoin; et M. Pégot, médecin de l'hôpital , se plaît à lui donner gratuitement tous les soins que son état réclame. Nous devons dire que la plupart des médecins en agissent de même à Luchon, et que MM. Fontan, Spont et Lambron sont
V2 BAGNÈRES DE LCCHON.
bien connus pour leur empressement à cet égard.
L'hôpital, qui sert en même temps d'hospice et de maison d'asile pour les Luchonnais , est destiné à prendre de très-grandes proportions. On nous a assuré que la ville veut le mettre tout à fait en rapport avec l'établissement thermal.
En attendant, on ne peut qu'applaudir au zèle et au dévouement que déploient les bonnes sœurs qui le desservent, multipliant leurs quêtes et leurs démarches, afin de suppléer aux subsides que le budget municipal ne se hâte pas de leur octroyer.
Historique. — Climat. — La ville. — Monuments. — L'église. — Peintures. — Musée. — Bibliothèque. — Tir. — Casino. — Industrie. — Mœurs.
Historique. — On a dit, et tous les auteurs ont répété, que les premières habitations de Bagnères remontaient à l'époque même où l'on commença à faire usage de ses eaux. Cette manière d'écrire l'histoire de Luchon est nécessairement erronée; car il suffit de jeter un co.up d'œil sur l'ensemble topographique du pays pour reconnaître qu'un bassin aussi favorable à la culture a dû être tout d'abord occupé par des cultivateurs, et que ce n'est qu'après avoir pris possession de cette charmante vallée, après s'y être fixés et y avoir établi leurs demeures, qu'ils durent tout naturellement découvrir et essaver les sources chaudes, en
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constater peu à peu les vertus et comprendre entin le> avantages qu'ils pourraient en retirer. Alors, quand la renommée des premiers succès obtenus se fut propagée dans les vallées voisines, ils durent songer à agrandir leurs premières maisons pour pouvoir lieberger les malades qui commençaient à venir s'y baigner.
Sous les Gaulois, l'emplacement occupe par la ville actuelle de Luchon et ses alentours était compris dans le territoire des Garumnes, tribu composée de Celtes et d'Ibères qui avaient peuplé l'intérieur desPyrénées.
Ce n'est que sous les Romains que la ville prit le nom de Bagnères de Luchon, (Balneorium Lixoni, bains du dieu Lixon).
Pompée, après avoir soumis l'Espagne 69 ans avant J.-C), réunit sous la même administration les Garumnes et quelques autres peuplades errantes, et leur donna pour chef lieu la cité de Lugâunum conutnarnw , aujourd'hui Saint-Bertrand de Comminges. Le mot cunvenarum signifie des nations assemblées ; gentium e^l sous-entendu.
Nous savons déjà de quelle vogue avaient joui et quelle importance avaient acquise les bains de Luchon sous la domination romaine. Une voie les reliait à Lxfjdnnwti, qui à cette époque était une cité det>0,0(JO âmes, puis à Tulosa (Toulouse), d'où chaque année, dans la saison des eaux, une foule de Lucu1!uï> venaient enrichir la petite ville de leurs fastueuses prodigalités.
Au moyen âge, Luehun partagea le suit de la contrée sans cesse bouleversée par les guerres et le? m-
'l i BAGNERES DE LUCHON.
vasions successives des Wisigoths, des Francs et des Sarrasins ; comme Lngdunum, il fut complètement rasé ; il n'en resta plus que quelques huttes misérables, dont les habitants cultivaient la vallée. Il devint alors tour à tour la propriété des rois d'Aragon et des comtes de Comminges, selon que des mariages contractés entre ces deux familles le faisaient tomber sous la dépendance de l'une ou de l'autre.
Vers le onzième siècle, lorsque saint Bertrand eut relevé le vieux Lugdunum, auquel il donna son nom, Luchon reprit peu à peu une certaine importance; et au quatorzième siècle, les tabellions lui appliquaient déjà le titre de urbs (ville) dans les actes publics.
Sous Charles VII, en 1^53, Luchon fut réuni à la couronne de France avec le comté de Comminges dont il dépendait.
Sa position de ville frontière l'exposa à de nombreux désastres, surtout pendant les guerres presque continuelles entre la France et l'Espagne. En 17 il , il fut ravagé par un corps d'armée de l'archiduc d'Autriche, et en 1723, ua incendie consuma la ville entière; l'é-' glise fut seule épargnée.
En 1761, M. d'Étigny, intendant d'Auch et de Pau, entreprit la restauration de Bagnères de Luchon ; et de cette époque commença pour cette ville une ère de prospérité qui n'a fait que s'accroître depuis. Nous avons déjà fait connaître ce que le pays doit à la bienveillante faveur du généreux magistrat. Non-seulement il travailla à embellir la ville elle-même, mais aussi à en rendre l'accès facile et commode. Dès qu'il eut achevé la belle allée qui porte son nom , il fit exé-