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roches bouleversées, de ces mille cavernes qu'on voit ouvertes de toutes parts, graveront, je l'espère, dans votre esprit, un souvenir ineffaçable de Bra ï:evaque. 9° De Bravemaque au pont de Crechets. . . 25 m.
10° Dupont de Crechets aSarp (p. 331). . . . 25 m.
il0 De Sarp à Isaourt 15 m.
A moins que vous ne vouliez aller à Saint-Bertrand, traversez de Sarp à Isaourt, où vous rejoindrez la grande route de Luchon.
12° D'Isaourt à luchon (p. 297 à 286). . . k h. d
56e COURSE. — CAZAHIL.
Grande promenade après déjeuner. 3 à 4 heures. — Emporter une longue-vue.
10 Deliuchon à la Saunère (p. 86) 15 m.
2° De la Saunère à Cazaril 1 h. »
Au-dessus du plateau de la Saunère on voit les cinq ou six maisons qui forment le sale hameau de Paysas, on doit le traverser pour prendre le petit chemin qui monte à Cazaril. Il se présent? deux ou trois sentiers; il faut suivre celui qui toujours se rapproche le plus de Luchon. C'est du reste le plus frayé. On voit sans cesse la ville sous de nouveaux aspects; là seulement on se fait une idée exacte de son importance et de sa disposition. Le chemin se plie et se replie vingt fois. Où est impatient d'atteindre le point qui sera parfaitement en face du cours d'Étigny ; pour cela il faut arriver à une roche noire de graphischiste quj saillit au milieu du chemin. Arrêtez-vous là quelques moment*
336 OTEIL ET BAROUSSE. — 56e COURSE.
pour bien voir Luchon, pour distinguer le groupe des guides au premier bout de l'allée, pour reconnaître les jolies baigneuses qui promènent sur le cours leur oisive coquetterie et celles qui, au bras de cavaliers aimables, s'oublient dans de doux entretiens sur l'allée solitaire des Veuves.
Avant d'arriver à Cazaril, belle vue vers le port de Vénasque : on reconnaît de gauche à droite les montagnes du port de la Picade : la Fraîche, la Pique, Sajus etBaliran. — Plus on marche, plus on doute qu'un village puisse se trouver au milieu des roches abruptes qu'on ne cesse d'avoir devant soi. On se croit égaré dans une fausse route. Cependant on arrive enfin au triste village de Cazaril, où rien ne peut assurément exciter la curiosité. On se porte bien vite vers l'église dont le site plus pittoresque est aussi plus gracieux. On recherche deux pierres antiques, incrustées à l'extérieur dans le bas du mur; mais après de vains efforts pour rien comprendre aux caractères celtiques, arabes, ou plutôt même romans, dont elles sont chargées, on reporte ses yeux et sa pensée sur la belle nature qui montre tout alentour ses grâces et sa magnificence.
ÎLes tombes des gréants dn liarftontt* —
Ne quittez pas le plateau de la petite église de Cazaril sans remarquer, en face de vous, sur l'une des pentes du val de Gourom , treize grandes excavations aux formes sépulcrales, rangées symétriquement Tune contre l'autre et couvertes de verdure. Ce sont, m'at-on dit, les lombes des géants du Larbousî, dont la légende est perdue dans le pays. Toutefois, j'ai entendu un vieillard du village de Poubeau raconter quelques
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de cette légende, mais trop incomplets, trop incohérents pour qu'il m'ait été possible de la reconstruire. Tout ce que j'ai pu bien comprendre, c'est qu'une jeune héroïne, la compagne des douze géants, repose dans la première tombe. Le fait est que la première de ces treize tombes est moins grande et moins longue que les autres.
GEOLOGIE. — Cazaril est au pied d'un massif de calcaire dévonien que l'on voit derrière le village se dresser d'uDe manière abrupte, et qui,, exposé au midi, donne à cette station très-élevée de Cazaril un climat néanmoins très-doux qui en fait, pour la culture des plantes et pour les animaux, un lieu privilégié où l'on est tout surpris de retrouver, en etfet, une flore et une faune franchement méridionales.
Sous ces calcaires dévonieiis on voit une série puissante de schistes siluriens et de graphischistes noirs qui forment la base de la montagne. Ces schistes renferment, sur plusieurs points, du fer sulfuré cri-tallisé (158 C). Ce fer sulfuré, qui se décompose très-facilement, donne naissance, comme à Super-Ba '.mères, comme dans le val de Gourorn, à des efflorescences d'alun natif beurre de montagne).
D'un autre côté, on observe dans cette montagne de Cazaril quelques liions métallifères; qui ont donné lieu à un commencement d'extraction au-dessus de Barcugnas.
On voit aussi, à quelques pas au-dessous du village, au sud-est, un gîte intéressant de calcaire compacte veiné albatroïde (32 D), qui est véritablement un albâtre calcaire et non pas un marbre, comme on l'a cru lorsqu'on a ouvert sur ce gite des travaux de recherches qui n'ont encore produit aucun bloc tant soit peu considérable.
Au reste, il était facile de prévoir, dès le début, que tel serait le résultat de cette touille, et il m'a suffi de passer sur ce gite, sans m'y arrêter un seul instant, pour pouvoir, au milieu même de la carrière, exprimer aussitôt cette opinion; mais mal m'en prit, car le maitre carrier, loin d'être reconnaissant de cet avis tout à fait désintéressé, l'accueillit par
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un violent accès de colère, dont je ne fis que rire, bien entendu.
J'avais remarqué d'un coup d'œil que ce calcaire n'est pas un marbre proprement dit ; qu'il ne constitue pas des couches réglées; qu'il est le produit d'un dépôt, local d'une époque postérieure à la formation du terrain dans lequel il se trouve logé ; qu'il avait Jù être produit par les eaux descendant du haut de la montagne où elles avaient pu se charger de matière calcaire; que ces eaux, anciennes et chaudes selon toute apparence, n'avaient dû produire ce calcaire que par concrétion lente, comme celles qui, de nos jours, déposent dans les grottes les stalactites et les stalagmites albatroïdes, mais avec cette différence que les eaux chaudes produisent plus habituellement des dépôts parfaitement compactes, tandis que les eaux froides forment d'ordinaire des dépôts plus cristallins, plus lamellaires, etc. Or, l'existence de dikes feldspathiques et de filons métallifères dans lamontagne de Cazaril m'autorisait suffisamment à admettre d'anciennes eaux thermales plutôt que des eaux froides. Enfin, connaissant la constitution générale de la montagne en dessous de Cazaril, sachant très-bien qu'il n'y a plus une très-grande épaisseur de calcaires en dessous de cette recherche, et que les schistes et les graphischistes en sont peu éloignés, qu'il ne peut donc, à aucune époque de la vie du globe, y avoir eu là de grandes excavations qui eussent pu permettre à des eaux thermales de produire sur ce point de grandes masses de cet albâtre, je pouvais parfaitement, tout en courant et sans avoir besoin de m'arrèter pour apprécier toutes ces conditions, dire aux ouvriers que, selon toute probabilité, ils ne trouveraient là que des morceaux de petite dimension et non de gros blocs, comme ils l'espéraient.
Jusqu'ici les résultats ont pleinement confirmé cette appréciation toute théorique, et ils font voir combien il importe de se rendre un compte exact de la manière dont les roches et les minéraux ont dû se produire, pour pouvoir bien apprécier l'importance et les conditions d'un gite qu'il s'agit d'exploiter.
Quant à l'homme de la carrière, que mon jugement avait si fort irrité, il ne savait, on doit bien le penser, absolument
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rien de toutes ces conditions de son gîte, qui avaient servi Je
base à mon pronostic, et je lui aurais développé toutes ces considérations, très-incomplètes d'ailleurs, qu'il ne les eût même pas comprises; il était persuadé avoir affaire à une carrière de marbre, et, en sa qualité d'ancien marbrier de Ba- £nères de Bigorre, tout ce que j'eusse pu lui démontrer ne l'aurait pas l'ait changer d'opinion.
Je me bornai donc à lui dire : « qu'il se croyait beaucoup « trop savant pour son âge ; que ce n'est que lorsqu'on sait « déjà beaucoup qu'on commence à s'apercevoir que l'on ne « sait rien; qu'il avait encore bien du chemin à faire pour « en arriver là, et que cependant ce n'est qu'à partir du jour « où l'on reconnaît parfaitement que l'on ue sait encore rien, « que l'on commence à apprendre quelque chose, mais crue, se- « Ion toute apparence, il mourrait comme tant d'autres, bien « avant d'avoir pu seulement atteindre à ce point de départ a de toute vraie science. >
BOTANIQUE. — Les environs de Luchon sont déjà riches en plantes. Sans s'éloigner de la ville, le botaniste étranger peut y faire une ample récolte. On y trouve : biscutella raphanifolia, sâaHfraga nervosa, teucrium pyrenaicum, hjsimachia ephemtrum, sur les rochers près de Cazaril.
On peut recueillir, dans le vallon, soliâayo montana. pinguicula grandtflora, saponaria ocymoïdes, bryum alpinum, fallax, polytrichum umigerujn, leskea subt'dis, raromiti ium hettroïtichum, iceissia viridula, et crispula, dicranum hetero-
ZOOLOGIE. — Dans la vallée de Luchon vivent les insectes suivants : feronia punctata : sous les détritus : nigra, -parwnpunctata, striola, carabus hortensis, catenulatus, convexus; sous les pierres : nebria picicornis, ancylocheira rv.stica, elater hœmatoïdes, ceruginosus, pectinicornis, thymalus limbatus, sylpha thoracica, trUhius nobilis, synodendron cyJindrkum, platycerus caraboïdes, anthribus albinus, apoderus coryli, rhagium mordaXj indagator, bifasciatum, strungalia aurulenla, calcarata, leptura rubra, scutellata, spondyûn buprestoïdes, Gryptocephalus morei.
Sur le revers méridional de la mohtagne de Cazaril, M. àâ
340 OUEIL ET BAROUSSE. 57e COURSE.
Saint-Simon, auquel je dois la liste ci-dessus, a trouvé :Jep~ tinus pyrenœus; sous les pierres : callistus lunatus, ct/me'ndrius homagrica.
Dans la même localité on trouve quelques jolis mollusques : hélix rupestris, pupa ringens, megacheilos, pxjrenœaria, triplicatci; doliolum, cyclostoma elegans, clausilia parvula.
On y trouve aussi la petite espèce ., propre aux Pyrénées, que j'ai nommée pupa transitas parce qu'elle a la bouche entière et saillante détachée de la spire comme les clausilies., d'où il résulte que cette espèce établit exactement le passage du genre pupa au genre clausilia. J'ai décrit cette espèce avec plusieurs autres espèces nouvelles de coquilles terrestres et fluviatiles des Pyrénées, dans mon Bulletin d'histoire naturelle de France.
57° COURSE. — CASTEIiBL.Att€AT.
Petite course après déjeuner, à cheval ou à pied, 5 à 6 heures. Nulle précaution. — On peut la faire par un temps couvert.
lp, 2° »e Imchon à Cazaril (p. 335) 1 h. 15 m.
3° 3>e Cazaril à la tour de Castelblancat. . . 1 h. »
Deux chemins au sortir de l'église de Cazaril : l'un monte à droite vers la muraille de rochers au pied desquels s'arrête la culture ; si Ton est à pied, c'est le plus agréable. L'autre prend à gauche et descend à Trébons; c'est le plus long et le moins gracieux; mais il est plus commode pour les chevaux, et l'on voit au passage le sale mais antique village de Trébons.
A Castelblancat, belle vue, murailles ruinées près de la tour.
ij?» to«s*s carrées des Pyrénées. — On admet que là était un ancien château quelquefois habité par les comtes de Comminges. S'il en était ainsi, pourquoi ne reste-t il de ce château que la tour carrée? et si, partout où se voient encore de sembables tours, on
admet aussi 1'aocienne existence de châteaux forts ou de château^ habités, pourquoi ne restc-t-il également presque partout que ces tours carrées? En général ces tours occupent des positions ou il n'y a pas même la place nécessaire pour un château habitable ; elles offrent d'ailleurs un genre de construction tellement indépendant, qu'il saute aux yeux qu'elles ont été construites isolément et qu'elles n'ont fait partie d'aucun corps de bâtisse important. On ne peut donc pas admettre que ces tours aient été habitées par des seigneurs. Elles ont dû être de simples tours à signaux, puisqu'elles se correspondent toutes d'une vallée à l'autre. Sans doute elles ont pu être protégées quelquefois par des postes militaires plus ou moins nombreux, et dans ce but on dut adosser plus tard à ces tours quelques constructions, quelques murs de défense, murs éphémères et parasites qui déjà sont tombés en ruine; tandis que les tours plus anciennes, mais mieux bâties, surtout mieux cimentées, restent encore debout. C'est là, je crois, tout ce qu'on peut admettre le plus souvent pour expliquer les faibles traces de constructions qu'on remarque auprès de ces tours.
58e COURSÉ. — SOST.
Grande course de sommets très-pénible. — 14 à lo heures. Nulle précaution particulière. On peut faire celte course par un temps couvert.
i\ 2°, 3°. \\ o° DeLucfeon à Mayrégne. . . 2 h. 30 m. 6° De Mayrégne au col de la Palle I h. 30 m.
Montée rude, n'offrant d'ailleurs rien de particulier.
7° Du col de la Palle à Sost 3 h. »
Pelouses, forêts, sites agrestes. Marbres divers. Sost. — Joli village très-animé. Descendez chez