‹ Bains et courses de LuchonChapitre 51 sur 58 · I < BABOU88B · texte numérisé non relu

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prise folle et ruineuse. Il faut donc bien, tant qu'on ne peut guère espérer aux Chalets que les malades des villages voisins, s'en tenir à peu près aux granges, aux cabanes et aux tristes bains qu'on y voit aujourd'hui. Au reste, je l'ai déjà dit, tels furent Luchon (V. p. 32), Baréges, Bonnes, Cauterets, etc., jusqu'à l'achèvement des grandes routes qui ont ouvert aux malades de tous les pays ces trésors de santé, et qui par contre ont ramené dansces vallées si reculées, si pauvres, une plus juste part de la richesse publique.

N. B. — Si vous êtes venu de jour aux Chalets, et si vous n'avez pas encore vu le Monné au soleil levant, vous devrez coucher aux Chalets et profiter de cette belle occasion pour gravir le célèbre pic avant le lever du soleil. Tandis que de Luchon il faut partir 5 heures avant le jour, et marcher la plus grande partie de la nuit, il suffira de partir des Chalets 3 heures avant le lever de l'astre. Vous aurez donc 2 heures de plus de sommeil et deux heures de moins de marche nocturne. De la perte au gain, selon l'expression des spéculateurs, voilà 4 heures de différence, quatre heures qui doivent compter pour huit comparées aux heures ordinaires du jour. — Dans ce cas, assurez-vous d'un guide du pays chargé de vous réveiller à temps et de vous accompagner au pic. Vous descendrez ensuite du Monné à Luchon, où vous serez rendu de très-bonne heure. (Voyez la course du Monné.)

10° Des Chalets à Mauléon 1 h. 15 m.

Le granité poli sur la route par le traînage des bois, la jolie cascade Vacqué, l'humble village de Ferrère, la vue admirable du bassin de Mauléon sous les sept pointes du pic de Gard lorsqu'on arrive au sommet de la côte de Saoule, le pont naturel avec sa cascade sous une roche fendue et déchirée du haut en bas, tels sont les traits les plus saillants et les curiosités de cette

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route jusqu'à Mauléon , où tout est gracieux et peu commun.

Mauléon, petite ville très-pittoresque, était le cheflieu du pays des Quatre Vallées. On voit le château qu'occupait le souverain de cet État, qui, très-petit royaume sans doute, n'en conserva pas moins trèslongtemps ses coutumes et son indépendance.

Si vous devez vous arrêter à Mauléon, descendez chez Grillon, c'est la meilleure auberge.

11° De Mauléon à Saint-Bertrand 1 h. 30 m.

Vous avez vu toute la haute Barousse que caractérisent ses immenses forêts et ses beaux pâturages. Vous allez parcourir la basse Barousse si variée de formes et d'effets, de sol et de culture, qu'elle semble réunir tous les types, tous les genres de paysage.

Je ne puis vous faire ici l'histoire de la vallée. Il faudrait un volume entier. Je me borne à vous désigner les villages que vous devez traverser jusqu'à Saint- Bertrand.

Troubat. — De la croix du moulin de Troubat, avant de monter la côte rocheuse qui mène au village, on voit très-bien les ruines du château de Bramevaque, au pied duMonsacon (voir page 232). — A Troubat on vous fera voir la tête de Carnaval, ainsi nommée maintenant. C'est un gros buste en pierre à deux faces. On ne voit qu'une de ces faces sur la route; il faudrait entrer chez le propriétaire pourvoir la seconde. C'est une tête de Jamis. dieu des païens, qui fut adoré dans la Barousse. Ce buste était donc une idole. — Visitez à Troubat une carrière de marbre au milieu du vil-

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lage. C'est une brèche estimée flans la marbrerie. On

la connaît sous le nom très-impropre do bnèàhê afrù> eaine. — Vous pourriez voir aussi, au-dessus de Troubat, une fort belle grotte.

Vous laissez à pauche la tour et le village de Bramevaque, qu'il faudrait visiter si vous aviez assez de temps. (Voir la course suivante.)

Après Troubat, Gembrie. Ensuite Anh que vous laissez à droite pour passer le pont. Anla, tvès-pittoresquement placé sur le sommet d'un mamelon, est le plus riche village de la Barousse.

Après le pont, Crcchets, village tout dispersé. Voyez à gauche sur la route en face du premier moulin un bloc erratique énorme en grès siliceux (6 mètres en tout sens). Ce bloc vient du Monné, le seul point où soit le gisement naturel de ce bloc.

ChronScfue. — Je vous ai déjà dit les deux théories qui expliquent le transport si prodigieux de ces énormes blocs ; mais celui-ci est l'objet d'une chronique particulière que je ne puis vous laisser ignorer. Vous le voyez empreint de traces assez semblables à celles que laisserait un coup de pied de cheval. On vous dira, en eiiét, que ce bloc s'avançait autrefois sur le passage et l'obstruait; que pour faire la tournée de son diocèse, saint Bertrand, évèque de Comminges, était modestement monté sur une mule: que celleci, forte des saintes inspirations de son cavalier, se prit a ruer contre ce bloc jusqu'à ce qu'elle l'eût écarté et qu'elle eût rendu le passage entièrement libre ; enfin que ce bloc semble encore avoir été retourné et repoussé péniblement et qu'il montre d'ailleurs les empreintes nombreuses des fers de la mule.

Les ondulations de la vallée et sa gracieuse naïade fous accompagnent jusqu'à Sàrp. Dans eè" trajet en

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vous retournant vous avez vu à gauche Samuran, audessus d'Anla, et à droite Gauden et Aveous, village aérien dans une gorge magnifique.

Prenez le premier petit chemin à gauche, il vous conduit sans plus dévier au pied de Saint-Bertrand (voyez pag. 298), où vous attendent votre caravane correspondante et ses voitures/

Retour. — Les voitures vous ramènent à Luchon par la grande route ; prenez à rebours l'itinéraire de Luchon à Saint-Bertrand (pag. 298 à 293).

On trouvera la géologie et l'histoire naturelle de la Barousse, et le catalogue de la Collection géologique des courses de Luchon, à la suite des courses qui sont à faire sur la route d'Oueil et Barousse, page 342.

5oe COURSE: — BR ASIE VA QUE.

Grande course de vallée. — A cheval ou en voiture, 10 à 12 heures. Temps couvert,

Les ruines du château de Bramevaque sont, aux environs de Luchon, les seules, avec celles du château de Saint-Béat, qui aient quelque importance et qui présentent un véritable intérêt. On pourrait les visiter en faisant la course de la Barousse ; mais cette course est déjà très-longue; il en résulterait un détour et un retard fâcheux. J'ai dû en faire l'objet d'une course spéciale. Elle fournira l'occasion de voir la Barousse une seconde fois. Si on l'a parcourue par un ciel pur lors de l'ascension du Monné, que l'on choisisse un jour brumeux pour la course de Bramevaque, on aura des effets et des aspects tout différents.

Hépart« — On peut aller à Bramevaque par le Monné

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ou par Saint-Bertrand. Voyez alors les précautions indiquées pour chacune de ces courses. Ici je donne un itinéraire beaucoup plus court et. qui n'exige aucune précaution. Inutile même d'emporter des vivres; on déjeunera très-bien à Mauléon, chez Grillon. — Départ à six heures du matin, à 7 heures au plus tard.

MARCHE. — 10, 2'\ 3°, 4°, 5°, 6° 9e Ludion a Saléchan (pag. 285 à 294) 3 h. 30 m.

7° 9e Saléchan à Mauléon 1 h. »

A Saléchan on quitte la route impériale de Toulouse et l'on prend à droite une route nouvelle parfaitement établie, carrossable jusqu'à Mauléon.

Vous pouvez visiter au passage les bains de Siradan et ceux de Sainte-Marie, dont les propriétaires ou les fermiers vous feront les honneurs avec empressement.

Voyez ensuite, près des bains de Siradan, un petit lac très-profond, tout voisin de l'église. Ce lac, à époques irrégulières, se trouble et se bouleverse d'une manière extraordinaire; ses eaux blanchissent comme si l'on y jetait de la chaux; les poissons sont rejetés morts sur le rivage, et il dégage ordinairement une odeur infecte. On ne sait encore à quoi attribuer ce phénomène. Je suppose que des gaz s'accumulent dans le fond, remplissent peu à peu les cavités du calcaire sous-jacent, s'échappent ensuite tous à la fois comme dans le jeu du siphon, et, par leur brusque passage, soulèvent la vase, etc., etc. Ou peut-être de légers tremblements de terre, dont on ne tient pas compte dans le pays, sont-ils la cause de ce phénomène. On sait que dans plusieurs localités, à Bigorre par exemple, les tremblements de terre sont très-fré-

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quents; on y en compte deux ou trois chaque année, quelquefois un bien plus grand nombre.

8° 2>eMauléonaTroubat(p. 330) 25 m.

9° De Troubat à Bravemacpie 25 m.

Laissez votre voiture à Troubat et prenez un enfant pour vou's accompagner aux ruines du château. Du château vous reviendrez à Troubat, à moins que, pour gagner du temps et si vous ne craignez pas de faire à pied une petite demi-lieue, vous n'envoyiez votre équipage vous attendre au pont de Crechets. — Si vous êtes à cheval, vous passerez partout, du moins jusqu'au village de Bramevaque, où forcément vous laisserez vos montures au pied du monticule qui porte la tour, et où vous devez voir à la porte de l'église le modeste tombeau de Marguerite. 11 est très-positif que cet affreux château de Bramevaque fut pour un temps la demeure de Marguerite, reine de France, après avoir été le cachot où Marguerite de Comminges, pendant vingt-trois ans , de 1V20 à Ui3, fut retenue prisonnière par un avide et monstrueux mari; mais je ne puis entamer cette histoire, elle remplirait un trop grand nombre de pages qu'il me faudrait répéter ensuite dans le volume de Saint-Bertrand. — Tournez en tout sens ces ruines de Bramevaque ; rien n'offre mieux la couleur et le cachet de l'antique. Montez surtout au sommet de la tour; tout ce que ce site a de merveilleux et d'agreste; tout ce que les ruines qui l'entourent et la pauvreté du village inspirant de tristesse et de mélancolie, enfin, la surprise qui naît h la vue de ces montagnes déchirées, de ces

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