HISTOIRE NATURELLE DES VALIÉLS D'OUEIL ET DE BAROUSSE
ZOOLOGIE, — Sans désigner toutes les espèces que la course d'Oueil et Barousse peut fournir au naturaliste,, qu'il me suffise de dire, qu'à l'exception de celles qui sont propres aux stations les plus froides de la chaîne centrale, les montagnes dp la Barousse recèlent la plus grande partie des espèce? ni-
DES VALL&IS d'oUKII FI MF. BAROV88B. -U3
jiiiu s les plus précieuse* des Pyrénées. Aussi voit-on beaucoup «!<> papillons dans la Barousse : Y Apollon j la grands •■*. la petite Tortue, VÀurore, la Galathée, le Morio, la Jht/p cPor, et un grand nombre de coquilles terrestres, les p?/pa transifu$t j ),r,'inin-a. clausMoïdes (trois espèces nouvelles que j'ai décrites dans mon Bulletin d'histoire naturelle de France, goadalii, les pj//u/ rlausilia bid-ns, hélix rotundata, rupestris, hispida, anoyla rupicola, ryclostoma maculât uni, bulimus obscurus, etc. etc.
La Barousse est riche aussi en oiseaux et en quadrupèdes, à la grande satisfaction des chasseurs. Ainsi le lièvre de montagne et la perdrix mûrie n'y sont pas rares; les palommes et le coq de bruyère y séjournent toute l'année. Les grands oiseaux de proie, nocturnes et diurnes, l'aigle, le yypaete, le griffon, la buse bondrée, la cresserelle, le milan, Y effraye, le grand-duc, etc., dans la forêt plusieurs hètes rares, le chat sauvage, la marte, la genette,\e putois, le blaireau, le renard, Yécureuil, etc., et sur le hord des eaux le desman (mygale pyrenaied , le totr., la loutre et la blanche hermine, le plus joli des quadrupèdes pyrénéens celui qui fournit à la pelleterie les plus brillantes fourrures, etc., s'y rencontrent fréquemment.
Voyez au Musée de Ludion tous ces quadrupèdes, tous ces oiseaux et une foule d'autres que je n'ai pas nommés et qui proviennent aussi de la Barousse, une des vallées qui ont fourni au Musée pyrénéen le plus riche contingent.
BOTANIQUE. — Les principales plantes sont, dans la haute Barousse : adenocarpus parvifolius, dianthus atrorubens , saxatilis, circœa alpina, antirrhinum azarina, senecio viscosus, artemisiœfolius , saxifraga aizoon, aizoïdes, silène quadridentala, vtrbascum lyclinitis , gentiana acaulis, verna, vaccinium uliginosum, lonicera alpina, hieracium blattarioïdes, arnica montana, graphalium dioïeum, uliginosum, teucrium pyrenaicum et scorodina, rhamnus alpinus, scutellaria galericulata.
Dans le bas de la vallée et aux environs de Saint-Bertrand : géranium phœum , potentUla verna, ribes alpinum et petreum , chrysosplenium oppositifnhum, reseda phyteuma, hy-
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pericum humifusum, lathyrus hirsutus, genista tinctoria, saxffraga geum. seseli montanum, etc.
GÉOLOGIE. — La course d'Oueil et Barousse est très-intéressante pour le naturaliste ; la vallée de Barousse surtout est d'une richesse peu commune en roches, en plantes, en coquilles terrestres et en animaux de tout genre. Pour le géologue, elle résume, à peu de chose près, toute la géognosie des Pyrénées : tous les terrains s'y trouvent réunis et disposés dans l'ordre classique de leur succession. C'est sans doute même à cette circonstance qu'il faut attribuer la richesse extrême de la Barousse en espèces animales et végétales de toutes les classes. Et, en effet, ainsi que je l'ai souvent fait remarquer dans le Bulletin d'histoire naturelle de France, il existe d'incontestables relations entre la nature minérale d'une localité et les plantes et les animaux qui s'y trouvent. Telle espèce ne vit jamais que sur le calcaire, telle autre sur le grès, d'autres sur le granité, sur le schiste, etc. Les lieux qui réunissent le plus de roches différentes, toutes choses égales d'ailleurs, doivent donc être les plus féconds en végétaux et en animaux, comme ils sont aussi les plus riches en minéraux.
Les schistes, les calschistes et le calcaire dévonien commun occupent l'entière vallée d'Oueil. Aux environs de Bourg, plusieurs calschistes amygdalaires sont de véritables marbres rouges, roses, gris, verdàtres, etc. Au pied du Monné, au bord d'une fontaine très-fraîche (4° 6) le calcaire dévonien, mêlé de calschiste grossier, contient des encrines peu apparentes. Le sommet du Monné est formé de grès siliceux grisâtre, verdàtre, noirâtre (36 C'), comme le Monségut. J'ai déjà dit que cette circonstance explique l'élévation et l'isolement du Monné, et d'une grande partie de cette crête dont le Monné fait partie et qui se joint à celle du Monségut par le col de Peyresourde. Sur toute cette crête on trouverait également du grès siliceux, des liions quartzeux ou d'autres roches également infiltrées de quartz qui feraient admettre sur ce point une ligne d'anciennes sources minérales siliciféres ou de geysers analogues à ceux de l'Islande (voyez page 140).
En descendant le Monné on trouvera, jusqu'aux chalets
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Saillt-Nérée, d'abord le calcaire dévonien (H 3 Ci et le cal' schiste grossier h encrines ^97 C) s'appuyant sur le grès siliceux, ensuite des calschistes réticules grisâtres (85 C), puis des calschistes amygdalaires 00 C), et des tacalschistes passant au cipolin, de plusieurs nuances (105 C), tous propres à fournir des marbres précieux. Après les calscbistes, des schistes grossiers et des grauwackes schisteuses; bientôt, des grès lins et grossiers, et «les poudingues quart zoux avec des grauwackes grossières bréchoïdes (8 C) et des poudinques subordonnés (22 C).
On voit que depuis l'entrée de la vallée d'Oueil jusqu'au rocher que l'on nomme la Barre de Crouens, et qui est un poudingue quartzeux (19 C), mêlé ce grès grossier, formant un barrage dans la vallée, près des Chalets, tout appartient au terrain silurien et dévonien, et que toutes ces roches se retrouvent ici parfaitement dans l'ordre de leur superposition habituelle. (Voyez Tableau figuratif de la structure minérale du globe.)
Après la Barre de Crouens, on voit jusqu'aux Chalets le calcaire saccharoule, blanc, gris, veiné, tantôt mêlé de couzéranite passant alors au calciphyre couzéranien (1 44 B), tantôt de graphite, et formant alors un graphitrène calcareux fétide (158 B), roche beaucoup plus rare, et en outre plusieurs gisements de leptynite compacte grenatifère (120 B), de macline quart zeuse enchevêtrée (178 B.) et d'ophite compacte maculée et épidotifère (66 et 67 F). Observez qu'à la grotte desChouchas (grotte de Nère), le calcaire est quelquefois compacte, bien qu'il y soit traversé par un filon de trapp (141 C).
Aux Chalets, les calcaires saccharoïdes, qui formeut aussi toute la montagne du Monlas, reposent sur le granité, que l'on trouve en place sur la route, après les bains, au bout de la grande prairie, et qui forme toute la montagne opposée, comme vous le verrez en montant au chalet des Sorcières, où vous trouverez aussi la pegmatite commune (70 A), le granité altéré (9 A) et le kaolin granitique (76 A). L'eau minérale des Chalets apparaît donc au contact du calcaire saccharoïde et du granité; or, tel est le gisement des eaux les plus célèbres des Pyrénées. A Cauterets, à Saint-Sauveur, à Baréges, aux Eaux-Bonnes, aux Eaux-Chaudes, etc., l'eau minérale sort éga-