HISTOIRE NATURELLE
lement an contact du granité et du calcaire saccharoïde. —Ici vous voyez une brèche calcaire récente (5 I), reposant sur le granité, et sous laquelle arrive l'eau minérale. Cette brèche est produite par les débris du calcaire supérieur au granité. Elle n'existe que dans le bas de la vallée,, et accidentellement sur ce point. Des Chalets à Ferrère, granité, pegmatite et quelques autres roches du premier groupe de l'échelle. Mais après le pont de Ferrère, avant d'arriver au village, on rencontre des phyllades communes et satinées, jusqu'après le village où commencent les schistes anciens, rabanes, grossiers, phylladiens et ardoisiers. Ils sont fortement relevés et ne cachent qu'imparfaitement le granité et le gneiss, que l'on verrait percer çà et là dans la montagne, si on l'explorait avec soin.
J'ai découvert dans ces schistes trois jolies espèces nouvelles de graptolites ; l'une ressemble à un ê grec, je l'ai nommée graptolites sigma; l'autre très -élégante, très-délicate ressemble exactement à ce que l'on nomme en lingerie une piqûre, je l'ai nommée graptolites gracilis ; eniin la troisième longue, droite lancéolée, ressemble à une petite lame d'épée dont un des tranchants serait taillé en dents de scie, je l'ai nommée graptoliies pyrenaica. Les deux premières sont figurées sous les n° 9 et 10 dans mon grand tableau des coupes et fossiles.
A Mauléon disparaissent complètement les terrains de la première époque. Vous rencontrerez une belle couche de calcaire domolitique puant, friable, noir (120 C), rempli çà et là de productus et de caryophyllies, parfaitement semblable à la même espèce en Angleterre. Entre Mauléon et Troubat, jusqu'à-Samuran et Crechets, on voit une série de calcaires compactes et schisteux, de calcaires coquilliers, de calschistes grossiers, de schistes marneux et de brèches calcaires, offrant ensemble plusieurs groupes calcaires qui se peuvent rapporter au lias et au groupe oxfordien. — De Crechets à Saint- Bertrand et à Gargas, tout est encore calcaire et appartient au lias, à Toxfordien, au groupe néoconien et à la craie inférieure.
Dans le vallon de Sost, ce sont aussi les mêmes terrains : granité, micaschiste, calcaires saccharoïde-, câleiphyres, cla-
DES NALLtLi U UltlL F. 1 Ht BAKutSSt. '.l'+~ï
schistes, tacalschisies, grès dévonieu et grès bigarré travers;' par des tilons de fer oligiste, surtout au pouy de Hourmigué, où l'on voit même un dike plutonique ophite compacte unie ti'o F) et ophite diallayiuue enchevêtrée (72 F).
Si je classe ici les ophites dans le terrain crayeux, c'est pour me conformer à la classification généralement adoptée, car je suis parfaitement convaincu que ces roches sont beaucoup plus anciennes, du moin:, dans la Barousse où on les trouve jusqu'au sommet des plus hautes montagnes, circonstance qui permettrait d'établir que l'éruption de ces roches a précédé de beaucoup l'exhaussement des Pyrénées; mais je me trouverais encore ici en désaccord avec l'opinion émise par M. Elie de Beauinont, et j'ai déjà combattu ce géologue célèbre sur un assez grand nombre de points dans cet ouvrage (V. courses de Saint-Béat et de Super-Bagnères) pour ne pas vouloir entamer ici une nouvelle discussion contre lui au sujet de l'âge des ophites-
Enfin, on rencontre partout, notamment de Sarp à Saint- Bèrtrarid, des dépôts diluviens à blocs erratiques et aussi des dépôts diluviens récents, en telle sorte, qu'à l'exception du Urrain tertiaire, dont on verrait même des traces au nord de Montrejau, on a pu reconnaître dans cette course tous les terrains géologiques et le plus grand nombre des groupes qui forment ensemble l'échelle géognostique , même une grande moraine près de Tibmm. Aucune autre course aux environs de Luchon n'offre un tableau géologique aussi complet, aucune autre vallée ne présente une aussi grande variété de roches et de terrains; il n'est donc pas étonnant que la Barousse soit aussi pittoresque, chaque roche prenant des formes topographiques particulières, ni qu'elle soit aussi richement peuplée de plantes et d'animaux de tout genre, chaque terrain, comme je l'ai dit, nourrissant des espèces qui lui sont propies.
Mais on comprend que je n'ai dû citer ici qu'un très-petit nombre de roches parmi celles qu'on pourrait récolter dans la Barousse, si l'on voulait se livrer à une étude sérieuse de cette intéressante vallée. Au reste, il en a été de même dans tout le cours de cet ouvrage. Je n'ai pu signaler que quelques-unes des roches qui sont propres à chaque localité.
348 COLLECTION GEOLOGIQUE
Pour réparer un peu, à l'égard des géologues, ces abréviations exigées par la nature de cet ouvrage et par sa destination spéciale, je vais donner ici, comme complément de toutes les notes géologiques disséminées dans ce volume, le catalogue général des roches qu'on peut trouver dans les courses de Ludion, en les classant dans l'ordre naturel de leur superposition et de leurs âges successifs.
J'ose espérer que ce catalogue facilitera beaucoup aux géologues» leurs études dans les Pyrénées. En même temps il permettra au Musée de Ludion de fournir des collections qui soient exactement en rapport avec cet ouvrage. 11 suffira que les échantillons portent les numéros qui leur sont ici assignés et que sous ces numéros on trouve exactement les roches que j'ai indiquées et que j'ai reconnues toutes moimême. Ce sera alors un service rendu à la science et à l'enseignement; car on aura enfin des collections certaines et exactes de la géologie des Pyrénées centrales, si riches, si intéressantes ; tandis que l'on n'avait jusqu'ici, dans les lieux de bains des Pyrénées, comme dans ceux de la Suisse, que des séries d'échantillons fort mal étiquetés et dont plusieurs n'appartiennent nullement aux lieux indiqués, ou sont même des produits artificiels présentés comme découverts au sein des montagnes.
COLLECTION GEOLOGIQUE
J'ai donné les caractères précis et la description détaillée de tous ces genres de roches dans mon Cours de géologie agricole théorique et pratique.
A. — Terrain granitique.
i. Granité commun blanc-gris-noir. Chalets Saint-Nérée.