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De la mer de glace à l’arète de la Malade tta I h

Si l'on est pourvu de crampons et d’une grande corde à laquelle ou puisse s’attacher avec le guide et un ou deux autres explorateurs (quatre en tout atlachés à la même corde et marchant à distance de 4 à 5 mètres, afin que si l’un vient à tomber, il soit retenu par les trois autres ) , on peut traverser la mer de glace, même le haut du glacier, dans la partie où il offre le

moins de pente. On arrive ainsi à l’arète de la Malade tta , et bientôt à l’un de scs pics.

Le regard s’élance aussitôt vers l’Espagne. Mais les monts voisins la cachent presqu’enlièrement. Voyez à vos pieds, sur le revers méridional de la Maladetta , ce beau lac ombragé par un groupe de pins tout isolé. C’est l’oasis de la montagne au milieu des roches glacées. Résistez , je vous le conseille , à l’envie de vous en rapprocher; l’accès en est difficile et dangereux.

Votre vue plonge sur la France et sur l’Espagne , mais sans rien distinguer à cause des vapeurs qui couvrent les plaines comme d’un voile pour cacher aux cieux les mille méfaits de tous les instans. . . . Reconnaissez les montagnes qui vous environnent. A gauche la Pique Fourcanade qui fait la limite de la Catalogne et de l’Aragon, puis de gauche à droite la Caillette de Vénasque , le Pic des Barrans , le sommet inaccessible de la Maladetta, le Pic d’Aygucs- Passes , le Pic de Ramougno , la Perdriguère , le bout du Portillon d’Oo, la Tus de Maoupas , le Gravier de Castillon, le Port des Staouas , le Port de [a Clerc, la Mont agnete , le Sauvegarde,

LA MALADETTA

la Tas de la Mine, la Tas de Bargas , les Coustères de Ve nas que , la Pique Blanche et le Pic de P ournère.

RETOUR. — Ne prolongez pas trop votre station sur ce Pic élevé (5,000 mètres au-dessus du niveau de la mer.) Vous avez déjà ressenti péniblement l’influence de la raréfaction de l’air : la poitrine opprimée, la tôle fatiguée, les yeux plus saillans. Tout cela joint à la fatigue de la marche, à la difficulté du glacier qu’il faut traverser une seconde fois, invite à une sage retraite.

Et d’ailleurs ne faut-il pas encore 4 ou 5 heures pour regagner votre gîte au Plan des Etangs?

BOTANIQUE. — Des plantes précieuses s'offriront sous vos pas, cueillez-les en vous en retirant : rannnculus glacialis à fleurs blanches, atenaria ceras to'idcs , androsacc alpina , rumex diginus, bulbucodium vernum * saxifraga Hun g i folia , grocnlandica , et cæsia, saponaria'cespitosa. Sur les roches de Paderne : silene avaitlis ,jircnaria ciliata , .pifius uncinula. Au plan des Etangs , cPaougoUaillut et au trou du Taureau : phiteuma carmelii , tussilage» nivea, anlhirrhinum sempervirens, carlina car linuides , aslragalus montanus , etc.

GÉOLOGIE. — La Maladetla est formée de granité commun subporphiroiilc. On voit des liions d’cunle,

ROUTE D’ESPAGNE — 27. u COURSE.

d’amphibolite et dépidotite , saillir sur divers points. I.e moût Paderne est formé de calcaire saccliaroide , de calciphyres et de dolomie; enfin, le plan des Etangs et le trou du Taureau offrent des grauwackcs noires, grenues , pbytiféres, anthraciteuses et poudiiigifonnes , des calchistes et des grès noir, silieux et grauwackilien. L’ensemble de ces dernières roches a tous les caractères du groupe houiller, et l’on voit dans la partie basse du vallou de Paderne .plusieurs caractères et circonstances géologiques qui permettent d’établir, qu’en effet, il existe un petit bassin houillur placé au pied de la Maladetta, au sommet des Pyrénées !

Sî'.” COinSE. — FONTAINE D’AMOUR.

Telile promenade du malin. — 40 à 50 miaules pour monter et descendre.

Derrière rétablissement, on voit un très-joli bosquet, création de M. Paul Boileau. C’est un véritable jardin anglais appliqué sur une montagne abrupte. Au lieu de gravir , on monte de zigzag en zigzac sans peine et sans fatigue ; on a trompé la verticale, on s’est trompé soimême -, on a Luchon à ses pieds , et toute la vallée sous les yeux.

Un peu plus loin, à gauche, sans avoir à monter, on découvre une petite fontaine indigne

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