‹ Bains et courses de Lunchon. Vrai guideChapitre 118 sur 208 · Delà chapelle S. ‘-Antoine àBosost... 30m · texte numérisé non relu

Delà chapelle S. ‘-Antoine àBosost... 30m

Si ce n’est pas la franche terre d’Espagne que nous allons parcourir , c’est du moins le haut d’une de nos plus riches vallées de France avec les modifications notables introduites dans le costume et les mœurs par une ancienne et longue Occupation espagnole. — A Bosost, n oubliez pas la douane espagnole ; mais ne vous hâtez pas de mettre pied à terre, car les rues sont pleines d’une fange noire qui les rend inabordables, excepté dans les temps les plus secs. Le dimanche, hors le temps des offices, les femmes sont aux croisées ou sur les portes. On distinguera quelques jolis visages, mais peu nombreux. Les hommes sont réunis au voisinage de l’église. Leurs bonnets rouge-écarlate terminent parfaitement leur haute et belle stature. Mais poürquoi semblent-ils en rupture complète avec le sexe ? Décidément c’est bien en France que la galanterie est la plus parfaite et la plus populaire.

BOSOST.

Si l’on arrive pendant la messe, on se hâtera d’entrer à l’église. On y remarquera la même séparation des sexes, usage d ailleurs conseive dans beaucoup d’églises de l rance. Les hommes sont au fond de l’église et les femmes toutes piès de l’autel. — Pour sonner l’élévation et la communion, au lieu de la simple clochette usitee dans

nos églises , on a ici une grande roue portant tout autour un assez bon nombre de clochettes et mise en mouvement au moyen d une manivelle. Ces cloches sont de différends tons et s’accordent ensemble; on fait tourner la roue, il en résulte une succession et une combinaison de sons assez harmonieuse.

Si au lieu de faire la course de Bosost un dimanche on y vient un jour ouvrable , le bourg parait presque désert; on voit quelques femmes aux croisées, fort peu d’hommes dans les rues, presque pas de costume propre et complet, partout une saleté misérable et dégoûtante. Le cordonnier, le boucher , le menuisier , les hommes et les enfans, les jeunes filles comme les vieilles femmes, les plus aisés comme les plus pauvres accourent sur le seuil de leur porte pour vous demander un sou.

Page 1