VALLEE DE LUC» ON. — 37. « COURSE
moins ancienne que celle des Pyrénées. On sait que par des observations très simples, les géologues déterminent exactement l’âge de chaque montagne, c’est-à-dire l’époque de son soulèvement (1). Or les lacs reçoivent chaque jour les sables et les débris de roches transportés par les eaux. Le Rhône , qui lors des orages et des grandes pluies, entre dans le lac de Genève tout trouble et chargé de limons, en sort néanmoins toujours pur et limpide. Ainsi, les alluvions tendent à combler les lacs peu à peu. Les lacs de la Suisse, comme tous autres lacs, se remplissent donc de jour en jour, et il viendra inévitablement une époque où ces beaux réservoirs n’offriront plus qu’un vaste marécage, et ensuite des plaines fécondes. De tels lacs furent nombreux aussi dans nos vallées. Ils y sont comblés maintenant, mais l’on reconnaît sans peine la place qu ils occupaient et la grande étendue qu’avaient plusieurs d’entr’eux. Remplis après des siècles, ils ont fait place à ces bassins, à ces plaines magnifiques, l’ornement et la richesse de notre chaîne. Quant aux lacs des hautes vallées, moins larges mais plus profonds,
(i) Voye4 1110 u Manuel de Géologie, p. 19 cl suivantes.
CIERP.
ils ne reçoivent que beaucoup moins de débris. Leur comblement est beaucoup plus lent, mais il n’est pas moins inévitable. 11 n y aurait donc plus de grands lacs dans le bas des Alpes, si ces montagnes étaient aussi anciennes que les Pyrénées. Du reste, on les voit bâter incessamment le comblement de leurs lacs , et il ne serait pas impossible de calculer cl de prédire déjà l’époque de leur entière disparution.
Voyez pour celte intéressante question des lacs et de leur comblement , les eorperiemes faites au lac d’Oo , et les conclusions quelles permettent d’établir à cet égard.