‹ Bains et courses de Lunchon. Vrai guideChapitre 155 sur 208 · VALLEE DE LUCIION . — 45.« COURSE · texte numérisé non relu

VALLEE DE LUCIION . — 45.« COURSE

Vous devez voir aussi les sources minérales. L’une, la source des Nerfs, est remarquable en ce qu’elle est douce au toucher comme une eau de savon , et qu’au moment de bouillir elle répand des vapeurs blanches , et blanchit elle-même un instant comme si on y versait du lait. Prise en bains, elle rend tout d’abord la peau extrêmement douce; dès le quatrième jour, les rhumatismes aigus , les rhumatismes articulaires récens et les paralysies commençantes s’effacent, pour disparaitre entièrement du douzième au quinzième bain. Les maladies inflammatoires, internes ou externes , les affections nerveuses , les dartres les plus rebelles, les ulcères, les plaies et les phtisies au premier degré y sont aussi promptement guéries; la phtisie au deuxième degré y est notablement soulagée; enfin, les phtisiques au troisième degré, sans pouvoir être guéris par celte eau d’un mal devenu sans remède, déclarent, du moins pour la plupart, que prise en boisson, elle diminue beaucoup les souffrances de leur toux.

La seconde, la source du sang, remarquable par son extrême abondance, est légèrement ferrugineuse. Elle est beaucoup moins forte en

LES chalets saint-néree.

hiver lorsque le Moula se couvre de glace. Elle gagne alors 4 ou 5 degrés de chaleur; d’où l’on peut induire que d’abondantes infiltrations se mêlent à l’eau minérale , et que par des fouilles bien dirigées il sera facile d’en améliorer beaucoup les conditions thérapeutiques. Telle qu’elle est, elle couvre les pierres d’une couche ferrugineuse très-sensible, et nombre de jeunes femmes lui doivent un rétablissement de santé que n’avaient pu leur rendre les moyens ordinaires de la médecine.

Au reste, si vous tenez à vous faire sur l’effet de ces eaux une opinion motivée, parcourez au châlet du garde les procès-verbaux authentiques des maladies guéries par ces bains.

Sans nul doute, la position des chàlets, l’air pur qu’on y respire, l’absence dans la vallée de tout glacier qui puisse la nuit abaisser par trop la température, la forme du bassin qui concentre et retient la chaleur du jour, son isolement, son abondante et agreste végétation, eu un mot les diverses conditions physiques et topographiques du lieu entrent pour beaucoup dans- l’efficacité de ces bains. Et, en effet, on peut voir qu’en général les maladies auxquelles

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ces eaux conviennent, sont plus promptement guéries aux chûlcts que dans plusieurs autres bains, même les plus célébrés. Cependant ces eaux sont loin d’être aussi riches en chaleur naturelle et en matière minérale. Il faut donc bien que les heureuses conditions hygiéniques du vallon, surtout la température douce et uniforme qui y règne, aient une grande part dans leur efficacité.

Cela est si vrai, que les tout petits enfans débiles ou fiévreux, et les jeunes personnes, même sans prendre beaucoup de bains, s’y rétablissent rapidement et y gagnent une fraicheur et une constitution vigoureuse dont on les croyait à jamais privés.

Il n’en faut pas d’avantage pour faire sentir l’urgence d’une roule carrossable de Maulcon aux Chàlets , route que réclament non-seulement les intérêts du vallon jusque-là pauvre et privé de la moitié du produit de ses terres, de. ses prés et de ses bois, mais qu’appellent dans le silence de la douleur un grand nombre de malades qui pour obtenir de ces sources une guérison prompte et peu coûteuse , sauraient renoncer aux plaisirs et à la société des grands

LES CHALETS S.'-NEREE.

bains. Or , jusqu’à la création de cette route , qui voudrait construire aux Chàlels un établissement de bains et des habitations en rapport avec les habitudes et les besoins des gens de ville ? Ce serait une entreprise folle et ruineuse. Il faut donc bien, tant qu’on ne peut guère espérer aux Chàlets que les malades des villages voisins', s’en tenir à-peu-près aux gi anges, aux cabanes de chaume et aux tristes bains qu’on y voit aujourd’hui. Au reste, je l’ai déjà dit, tels furent Luchon (V. page 15), Barèges , Bonnes, Cauterels, etc., jusqu’à l’achèvement des grandes routes qui ont ouvert aux malades de tous les pays ces trésors de sanlé-et qui par contre ont ramené dans ces vallées si reculées, si pauvres,' une plus juste part de la richesse publique. •

RETOUR. — Si vous êtes vraiment touriste et si vous n’avez pas encore vu le Monné au soleil levant, vous profîtcréz de cette belle occasion pour gravir le célèbre pic .avant le lever du soleil. Tandis que de Luchon il faut partir 5 heures avant le jour , .et marcher pendant la plus grande partie de la nuit , il subira de partir des chalets 3 heures avant le lever de l’astre. Vous aurez donc deux heures de plus de sommeil et deux heures de moins de marche nocturne. De la perte au gain, selon

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