VISITES, SOIRÉES
guidera le vent du jour ou votre caprice , mais quittez Luchon quatre ou cinq jours au milieu de votre traitement, vous vous en trouverez beaucoup mieux , c’est presque comme si vous doubliez votre saison.
Visites, sonates. — * Si l’on suppose qu il doive se trouver à Bagnères quelques personnes de connaissance, il est facile de s en assurer et d’en savoir la demeure; il suffit de se présenter chez le commissaire de police pour y parcourir le registre des étrangers arrivés à Luchon depuis le commencement de la saison.
Chaque année plusieurs nobles ou riches baigneurs ouvrent leur salon plusieurs fois la semaine aux personnes qui, par une visite d’arrivée, leur ont témoigné le désir d’y être admises. On sait qu’il est reçu aux bains que l’on fasse de semblables visites, même ü des personnes dont on n’est nullement connu, et sans qu’il soit besoin de se faire présenter.
Les personnes qui par quelques visites faites à propos savent se ménager à Luchon une société suffisante et convenablement choisie n’ont plus rien à redouter des jours pluvieux. Ces petites sociétés particulières, au milieu desquelles
SÉJOUR A LUCnON ,
se répand d’ordinaire beaucoup d’intimité, rendent le séjour de Bagnères extrêmement agréable. Tous les jours sont marqués par quelque joyeuse partie, et les soirées sont consacrées à la musique, au chant , ù la danse ou à de folâtres jeux qui ne sont guère plus admis qu’aux bains , mais qui y sont très-bien venus. S’il survient quelques jours de pluie, on les accueille avec joie, car on a besoin de se délasser, de faire plusieurs visites de politesse et d’amitié et de doubler les bains pour réparer ceux qu’il a fallu sacrifier à de grandes courses
Ces visites d’arrivée se font en grande étiquette ; toutes les autres se font ensuite presque sans gène, et rares ou fréquentes, selon le degré de sympathie qui s’élablit et se manifeste dès les premiers jours. On ne doit être ensemble que peu de jours , on ne doit peut-être plus se revoir après ; aurait grand tort celui qui emploirait en fastidieuses cérémonies un temps voué d’avance au plaisir.
Le bon ton et le savoir vivre aux bains consistent surtout à écarter rapidement et avec tact ce bagage de cérémonies dont les règles de la politesse imposent partout ailleurs l’incessant