‹ Bains et courses de Lunchon. Vrai guideChapitre 19 sur 208 · MODES , COSTUMES · texte numérisé non relu

MODES , COSTUMES

Pour les courses à cheval : ceinture rouge obligée, feutre rond forme d’Auvergne, veste grise en coutil, ou en velours noir, pantalons blancs ou rouget , gants serin ou chamois , chemise ouverte , fouet de postillon ou cravache à sillet, etc. Tels se montrent dans les cavalcades de Luchon les lions de Paris.

Je ne dénonce pas quelques travers du goût, quelques ridicules ajustemens qui apparaissent aux bains chaque année et par lesquels d’honorables personnes même s’obstinent à se signaler toujours. On en cause, on en rit ; c est une bonne fortune pour tout le monde.

Au reste , les excès du costume n’entrainent que de légers inconvéniens. Que l’on soit gai, que l’on soit fou aux bains, c’est surtout l’essentiel. Si le costume s en ressent un peu , qu’importe? C’est peut-être même chose nécessaire. Car saurait-on se livrer au plaisir sous l’habit ordinaire des affaires sérieuses? Non j tandis que l’étrangeté du vêtement autorise des idées également étranges.... Et lorsqu’il est permis de déposer un instant le masque de gravité dent la société couvre notre front, il n’est plus surprenant que sans y prendre garde nous nous

SÉJOUR A LUCHOX.

montrions ce que nous sommes à-peu-près tous, vains, jaloux, têtus et bouffis d’orgueil.

D’ailleurs, il n’est vraiment que trois moyens de se distinguer dans le monde et de se donner quelque célébrité: l’habit, l’esprit, ou la fortune. Chacun a certainement observé que ceux qui s’adonnent au rôle de Narcisse jusqu’à se faire mannequins, ne sont habituellement, malgré le luxe dont ils s’entourent et les grands airs qu’ils se donnent, ni les plus chargés d’or, m les plus largement dotés du côté de l’esprit! Les hommes à argent, les banquiers, les capitalistes n’affectionnent que leur paletot de bourse et leur grande redingote à la propriétaire; les talens, le savoir, ils les méprisent; ils vous diîont que 1 esprit court les rues. Et quant aux hommes véritablement pleins de science et de talent ils sont toujours les plus insoucieux de leui toilette et toujours aussi les plus pauvres, à tel point que si quelqu un d’eux se prend à vouloir gagner de l’argent il n’est personne qui n’y trouve à redire. Ceux-là ne sont bien dans leur rôle qu’autant que par amour pour l’art ou pour la science ils se ruinent et meurent dans la détresse.

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