LAC
à la découverte du corps de Saint-Avantin et deux autels votifs consacrés au dieu Abelion (le soleil des Gaulois) incrustés dans les murs du cimetière.
D A van tin à Cazaux rien de particulier que 1 aspect de la vallée, toujours varié, toujours gracieux.
Au moment de toucher aux premières maisons de Cazaux , on a 1 habitude de laisser à droite la roule de Bigorre pour n’entrer qu’un peu plus bas dans le village , où les chevaux se dirigent infailliblement vers un abreuvoir qui leur est bien connu. Il est rare qu’on ne leur accorde cette satisfaction. L’eau de cette fontaine est d ailleurs excellente ; elle coule sous une croisée du 15. e siècle, portant un écusson soutenu par deux cerfs fort bien sculptés.
Mais pourquoi donc renonce-l-on à voir dans cette course la chose la plus curieuse qui soit dans le Larboust?
Peintures «.rieuses. - Au lieu de tourner à gauche lorsque vous n’étes qu’à vin-t pas de Cazaux , suivez la route de Bigorre; eBe vous conduit à l’église dont les murs et la voûte sont couverts d’anciennes et féeriques peintures.
LE LAKBOUST — 3.u COURSE.
les plus phénoménales qu’il soit possible d’imaginer. Ce sont les grands traits de l’écriture sainte, mais chargés au-delà de toute expression. Nul caricaturiste au jourd’hui, même en se livrant sans mesure à son imagination, n arriverait certainement jusque-là ; et cependant il n est pas croyable que l’auteur de [ces peintures ait eu la moindre intention de parodier les pieux sujets qu’il avait à traiter. Combien il est regrettable qu’un des derniers desservants de cette église ait fait badigeonner une partie considérable de ces peinluies qui selon lui attiraient de profanes regards.
Et voyez si les indications des guides peuvent suffire à celui qui veut bien voir et bien connaître une contrée ! Presque personne jusqu’ici n’a visité ces peintures si curieuses de Cazaux : cependant tous* les baigneurs de Luchon font la course du lac d’Oo , tous passent à vingt pas de l’église. Mais soit que parmi les guides , les uns ne puissent arriver à comprendre ce qui intéresse les étrangers, soit que d’autres veuillent éviter de faire les vingt pas de plus qu’entraîne la visite de ces peintures, aucun guide ne signale jamais aux étrangers cette église de Cazaux. Pour moi qui en douze ans ai fait plus
LAC D’OO
de vingt fois la course du lac ou le voyage d’Arreau, je n’avais encore entendu ni guide ni baigneur signaler ces peintures , et c’est en explorant minutieusement le pays une dernière fois, pour faire cet opuscule sur les courses de Ludion, que je lésai comme découvertes, car mon guide, connaissant même le but spécial de mes courses, me laissait bien encore passer devant cette église sans me les annoncer.