De Cazaux à Oo 45 m
Tout le pays est couvert de gros blocs arrondis , entassés , et toul-à-fail étrangers aux montagnes environnantes. Tout le monde remarque ce beau fait géologique , tout le monde observe ces roches blanches roulées et pénétrées, en tout sens, de longs cristaux carrés. Celte roche est le granité gnésiteux porphyroïde et les cristaux qui la pénètrent sont du felds-path. Tout le port d’Oo depuis le massif de Crabioules jusqu’à celui de Clarabide sont formés de cette roche qui n existe telle, nulle part ailleurs, ni dans les Pyrénées ni dans les autres chaînes de montagnes jusqu ici décrites par les géologues.
C est donc incontestablement des montagnes
LE LAllBOUST — 3.e COÜRSE.
d’Oo que proviennent ces blocs roulés. Mais quelle cause les a détachés de leur gîte et les a portés si loin ? quelle puissance leur a fait franchir les montagnes et les vallées?... C’est là l’une des grandes questions de la géologie sur laquelle beaucoup d’opinions diverses ont été habilement émises et que nul ne doit se permettre de résoudre d’un trait comme il arrive trop fréquemment.
Pour discuter une question si importante et si complexe, il faut parfaitement bien connaître les faits sur lesquels elle s’établit ; et pour bien voir ces faits, il est nécessaire de parcourir le plateau de Garen qui domine à droite le village et la tour d’Oo 5 il est aussi couvert de ces mômes blocs de granit porphyroïde. C’est donc à la course de la Moraine de Garen que je vous renvoie, cher voyageur, pour y discuter avec quelque détail la belle question des blocs roulés du Larboust ; question qui vous intéressera vivement j’espère , ne fussiez-vous encore nullement initié aux observations géologiques.
Vous traversez au galop le village d Oo à moins que vous soyez curieux de voir à l’extérieur de
LAC. d’00.
l’église quelques caractères de haute antiquité d’assez bon style, ou même de visiter la tour carrée qui précède le village , d où 1 on a, extrait quelques inscriptions déposées dans le musée d’antiques de Toulouse. Cette tour comme celle de Sainl-Avanlin , comme celle de Caslelviel , près Ludion, et comme toutes celles du môme genre qu’on rencontre dans une grande partie des Pyrénées, fut autrefois construite pour servir ù des signaux qui remplaçaient alors nos télégraphes ; inutile de dire qu elle était beaucoup plus élevée.