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La seconde partie est consacrée aux Courses , aux Promenades, à une exploration générale des Vallées, des Montagnes, des Lacs, des Cascades, de tout ce qui peut retenir à Luchon le curieux, le savant, le touriste, et fournir au malade même une source inépuisable de fêles et d’excursions bienfaisantes. Celte partie de mon travail était la plus longue et la moins facile. Aurai-je atteint mon but? Aurai-je donné à chacun les renseignemens et les indications qui lui seront nécessaires sur chaque point; au simple et timide visiteur de nos montagnes , à la jeune amazone qui l’accompagne insoucieuse et folâtre , au touriste habitué, à l’artiste admirateur, au naturaliste intrépide, au géologue scrutateur et insatiable?
Je n’ose croire que je puisse avoir rempli un cadre aussi vaste , aussi complexe.... Après quelques avis préalables, après avoir établi une sorte de classification parmi les courses et promenades de Bagnères, j’indique les précautions à prendre pour chacune d’elles, le temps nécessaire pour toutes les distances , ensuite tout ce qui doit intéresser tel ou tel de mes voyageurs sur chaque point. J’ai dù me borner ordinairement à de simples indications et avoir garde de décrire les lieux. Quoi de plus inutile , de
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plus imparfait , de plus fastidieux le plus souvent, qu’une description pour celui qui a sous les yeux la nature, si belle, si supérieure à notre langage, si complaisante même, par fois, à se laisser voler son secret.
Ce livre, je le dis expressément , n’est point écrit pour être lu dans le cabinet, mais bien pour servir de guide-manuel au milieu des monts et des vallées. Lu sur place il tiendra lieu d’un cicerone au courant de tout -, il doublera le plaisir et la curiosité des promenades ; il les rendra même instructives. Partout ailleurs la lecture en serait fatigante et sans intérêt. Les fréquentes coupures , les indications succinctes qui s’y rencontrent, ne peuvent avoir d’attrait, on le conçoit, que pour celui qui voit passer sous ses yeux les mille figures explicatives d’un texte, sans elles incomplet et insuffisant.
J’avais aussi à surmonter une grande difficulté. Cet ouvrage devant surtout avoir pour lecteurs des hommes du monde, des dames, des touristes, il fallait réduire la partie scientifique aux moindres proportions , l’écarter , la dissimuler en quelque sorte en caractère de notes, et répandre dans le texte des formes de style, des pensées bien différentes de
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celles qui viennent d’ordinaire à ma plume. A cet égard, j’ai hâte de réclamer toute l’indulgence de mes lecteurs , de ceux-là surtout que leurs habitudes littéraires portent à ne mesurer le mérite d’un livre que par la beauté du style et l’élégance de la composition-
Je sais qu’en écrivant cet ouvrage et quelques autres du même genre sur les Pyrénées, je paraîtrai déroger à ma spécialité de géologue ; toutefois l’espoir que j’ai eu de faire de nouveaux prosélytes h la science en jettant quelque semence géologique sur les courses de Luchon , terre si propre à donner de tels fruits, me semble une première excuse. Ensuite j’ai été comme contraint de céder aux instances de quelques amis « Depuis douze ans,
m’ont-ils dit, vous parcourez les Pyrénées sur tous les points 5 depuis douze ans, on vous voit présider aux caravanes des grandes courses , aux explorations des géologues et des observateurs 5 personne ne connaît mieux que vous l’ensemble de ces montagnes ; personne n’en a plus soigneusement visité les cimes les plus ardues, les gorges les plus secrètes; personne n’a pu mieux apprécier ce qui manque aux étrangers nouveaux venus, ce qu’ils demandent, ce qu’ils re-
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greltent : faites-nous donc un guide des Pyrénées , dans lequel vous constaterez d’ailleurs succinctement vos observations , vos découvertes. C’est un service à rendre aux visiteurs des Pyrénées, maintenant que le nombre s’en accroit chaque année, et aux habitons meme de ces montagnes encore inhabiles à faire connaître l’attrait et les merveilles de leurs admirables monts. » rouvais-je rester sourd à de telles instances, à de tels encouragemens ?
On trouvera dans cet ouvrage un assez grand nombre de courses nouvelles et aussi diverses coupures qui portent à 54 le nombre des courses et promenades de Ludion. — Vous habitué de Bagnères qui jusqu’ici comptiez à peine 12 ou 15 excursions, qui aviez à refaire chaque année deux ou trois fois les quatre ou cinq courses principales, vous reconnaîtrez, j’espère, l’utilité de mon livre, et loin de le condamner pour quelques vices de forme que vous pourrez y découvrir, vous relierez, au contraire, à la suite, mon second opuscule , l’ Itinéraire de la grande tournée des Bains en parlant de Ludion^). Ce sera alors un guide général des Pyrénées,
(l) En rognant, un peu les marges de ce volume, le Relieur ramènera sans peine ces deux ouvrages a un moine format.
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qui aura, du moins, sur plusieurs des ouvrages récemment publiés, l’avantage d’être exempt d’inexactitudes grossières , et de cette phraséologie vide et sans but à laquelle on fera difficilement , je pense , de sérieux partisans.
P. S. Cet ouvrage devait paraître au commencement de la dernière Saison. L’impression en était presque terminée à cette époque. Les dernières feuilles éprouvèrent néanmoins à l’Imprimerie un tel retard que l’ouvrage ne fut entièrement prêt que lorsque la saison des bains touchait h sa fin. Je me vis forcé de le réserver pour l’année suivante. Cela explique mon silence à l’égard de quelques faits accomplis entre la saison de 1842 et celle de 1843', notamment l’ascension au sommet de la Maladctta , par M. Platon de Te hihatcheff , touriste russe , dont tout le monde a lu la relation dans les Journaux de septembre dernier. Lorsque s’imprimait ma 26.® course, personne, comme je le dis (pag. 225 ) , n’avait encore atteint cette redoutable cime de notre chaîne. La même circonstance explique comment il ne se réflète rien dans ce volume des trois ouvrages sur Luchon , publiés en juin dernier par MM. Hureau , Castillon et Paris , auteurs qui n’avaient d’ailleurs étudié les environs de Bagnères et fait leur travail que long-temps après moi.
|3 vernièrc partie.